lundi 21 mai 2012

La bibliothèque de Lutte Ouvrière


Lutte Ouvrière c'est un peu le cousin fatigant de la famille. Celui qui n'a jamais baisé mais qui a un avis sur tout et qui a toujours raison. Les camarades de LO, ils ont toujours raisons. Impossible de leur faire rentrer quelque chose dans la tête qui ne soit pas marxiste-léninismement pur.

Ils conservent encore un culte du secret qui fait sourire. Ils fonctionnent en effet en se nommant chacun par des pseudos, alors que leurs noms sont inscrit en préfecture dès la moindre manif déclarée ou lors de candidature aux élections. Ce culte nourrit seulement de nombreux fantasmes qui meublent de temps en temps les colonnes de la presse bourgeoise.

Cette presse bourgeoise, ou pour employer un terme un peu plus technique cette presse de merde, les appelle souvent les moines-soldats ou la secte LO. Terme hélas souvent repris par des militants de gauche qui n'ont pas fait d'effort pour se renseigner. D'ailleurs dire que LO est une secte est tellement galvaudé que des gens croient vraiment que c'est une secte religieuse qui avance masquée sous la forme d'un parti politique.

Non. Par secte, on peut entendre que LO suit une ligne idéologique et n'en varie pas d'un poil de la barbiche à Trotsky. Et cela fait envie à certains de nos curés rouges du NPA (ce n'est pas notre cas mais c'est sans doute parce qu'on est des branleurs). Plutôt que moines-soldats, nous les appellerons moines-copistes. C'est un peu le rôle qu'ils semblent se donner. Les héros révolutionnaires des âges glorieux ayant disparu durant les nuits du moyen-age stalinien, les militants de Lutte Ouvrière conservent et transmettent inlassablement les textes des grands anciens. Il est dit qu'un jour, un héros au visage multiple, celui-ci des travailleuses-travailleurs invoqué à chaque allocution des moines copistes, un héros donc reviendra sur Terre et nous libérera du capitalisme. Nous supputons que c'est à ce moment là seulement que de nombreux moines-copistes mettrons fin à leur vœux de chasteté.

On ricane, on ricane, mais ayons l'honnêteté de reconnaître que l'ensemble des militants de Lutte Ouvrière rencontré font tous preuve d'une grande culture et pas seulement politique. La fête de LO au château de Presle accueille des stands et des conférences sur des thèmes littéraires ou scientifiques. Et nous on dit bravo et on est à fond pour.

Il en est également ainsi de la formation politique des militants. Lutte Ouvrière conseille bien d'étudier des classiques du marxisme, certains facilement accessibles, d'autres plus ardus, mais l'idée géniale est de découvrir des grands thèmes politiques à travers des romans. Qui croirait que ces bolchéviques vintages sauraient joindre l'utile à l'agréable ?

Voici, après discussion avec des anciens militants de LO, la bibliographie - incomplète – suggérée pour une bonne culture politique et littéraire :

sur le marxisme illustré, on lira Le Talon de Fer de Jack London qui se voulait d'après son auteur une adaptation littéraire du Capital de Marx. Dédié à Lénine, préfacé dans certaines éditions par Trotsky , c'est très bien fait;

pour connaître la classe ouvrière lire les romans de Zola, ou plus près de nous L'établi de Robert Linhart ou encore Les 325 000 francs de Roger Vaillant à propos de l'aliénation à la machine;

toujours sur la classe ouvrière mais plus précisément celle plongée dans la crise de 1929 aux États-Unis, il faut évidement lire Les raisins de la colère de Steinbeck qui est un roman extraordinaire qui vous prendra aux tripes dès les premières pages;

pour connaître la mentalité de la bourgeoisie, lire les romans de Balzac;

sur la guerre de 14-18, on découvrira l'état d'esprit des soldats français en lisant Jules Matrat d'Exbrayat, celui des soldats allemands dans A l'ouest rien de nouveau d'E.M Remarque et celui des civils allemands dans Classe 22 d'Ernst Glaeser;

sur le stalinisme on nous conseille S'il est minuit dans le siècle de Victor Serge, auteur dont on a déjà parlé, ou Vie et destin de Vassili Grossman, celui là on ne l'a pas lu, mais on sait qu'il est épais;

à propos de la guerre d'Espagne on lira bien sûr Hommage à la Catalogne de George Orwell;

pour comprendre le système de la Shoah, lire l'excellent Treblinka de J.F Steiner qui explique les mécanismes de manipulations mentales employées pour envoyer les populations juives à l'abattoir sans qu'elles bronchent et les résistances à l'intérieur même des camps d'exterminations;

la guerre d'Algérie sera illustrée par Élise ou la vrai vie d'Etchereli ou La question d'Henri Alleg;

Black Boy de Richard Wright évoque la question des Noirs aux USA, tandis que Une saison blanche et sèche d'André Brink évoque l'apartheid en Afrique du Sud (il y a un article plus complet à ce propos sur ce site là);

enfin les révolutions et les militants révolutionnaires sont décrits dans des livres tels que Les Conquérants et La condition humaine de Malraux ( il s'agit de la Chine et de militants de la IIIème Internationale), Les 10 jours qui ébranlèrent le monde du journaliste américain John Reed, véritable reportage au jour le jour de la prise du pouvoir des bolchéviques en octobre 1917, Ma Vie l'autobiographie de Trotsky ou Mémoires d'un révolutionnaire de Victor Serge.

Tous ces romans ne sont certes que des fictions ou des récits, mais ils permettrons de découvrir des thèmes politiques et donnerons l'envie aux lecteurs d'approfondir ces sujets avec des ouvrages historiques ou théoriques plus complets.

Pour ceux qui voudraient mieux connaître Lutte Ouvrière, sans avoir à se farcir trois heures de leçons avec un de leur militant, nous vous conseillons de lire La véritable histoire de Lutte Ouvrière livre d'entretien entre Christophe Boursellier et Hardy, le chef ''secret'' de LO, ou le petit roman très sympathique de Thierry Jonquet Rouge c'est la vie.

Enfin, si on souscrit complétement à cette méthode de formation militante enrichissante, on pourrait aussi l'adapter avec le cinéma. Ce sera l'objet du prochain billet. D'ici là n'hésitez pas à nous suggérer d'autres œuvres.



mercredi 16 mai 2012

L'athéisme c'est cool n°2

par notre envoyé spécial au Portugal


Pour mémoire, recette pour de bons pochoirs :

Ingrédients :
- bristol rigide (250 g/m²) ou feuille en polypropylène (utilisée pour certaines chemises de bureau);
- gros cutter en métal;
- colle en aérosol;
- bombe de peinture.


Création du motif. Il y a une seule contrainte à respecter : aucune zone de blanc ne peut être totalement entourée de noir (le noir correspondant aux parties à découper). On ne peut pas par exemple tracer la lettre O telle quelle, mais seulement en entrecoupant le cercle noir par des languettes de blanc. Pour faire un pochoir à partir d'un dessin, il faut le modifier en suivant cette règle. Sur papier en utilisant du ''blanco" pour relier entre elles toutes les zones de blanc, ou sur ordinateur en utilisant l'outil "gomme" d'un logiciel graphique (voyez les cercles rouges sur la photo).
On peut aussi réaliser de très beaux pochoirs à partir de photos. Si vous avez un ordinateur et un logiciel de traitement d'image ou une photocopieuse, passez en noir et blanc, et augmentez fortement la luminosité et le contraste. Corrigez ensuite le résultat obtenu en appliquant la règle précédente.


Réalisation du gabarit. Utilisez de préférence une feuille PVC. Votre gabarit sera beaucoup plus durable que si vous le faites en carton. Collez-y le motif (de préférence à la bombe de colle). Découpez ensuite le tout au cutter sur une planche de travail pour ne pas saloper votre bureau ou votre table de cuisine, bande de bourrins. Découpez proprement jusqu'à avoir "vidé" toutes les parties noires (ou rouges).
Le pochoir est prêt à l'emploi.
Vous pouvez aussi réaliser sur le même principe des pochoirs polychromes, en faisant autant de gabarits qu'il y aura de couleurs correspondantes, et en les appliquant les unes après les autres sur le même support.

Peinture. On utilise en général des bombes aérosol. Variante : au petit rouleau en mousse et à l'acrylique (ça donne de très beaux résultats).

(d'après Guérilla Kit de Morjane Baba, La Découverte, 2003)

jeudi 10 mai 2012

Lettre envoyée à l'ambassade d'Iran


Précisons, s'il en était besoin, que la lettre qui suit a réellement été envoyée la semaine dernière à l'ambassade de la République Islamique d'Iran à Paris. Nous sommes toujours dans l'attente d'une réponse, qui tarde un peu à venir...


Monsieur l'Ambassadeur,

La République Islamique d'Iran est un nouveau mécène international pour le cinéma et les petits artistes indépendants, et nous vous en félicitons.

Nous avons en effet appris que votre gouvernement avait subventionné le dernier film d'un comédien français, Dieudonné M'bala M'bala, intitulé L'antisémite. Il ne s'agit pas ici pour nous de discuter de tel ou tel goût artistique, ils sont tous dans la nature comme on dit. La République Islamique d'Iran est souveraine dans ses choix cinématographiques.

Constatant que votre pays encourage les jeunes réalisateurs débutants, nous saisissons la balle au bond pour vous présenter un nouveau projet.

Permettez-nous d'abord de nous présenter. Nous sommes deux jeunes militants politiques au Nouveau Parti Anticapitaliste en France. Au sein de ce parti, nous animons un courant dynamique, plein de fraîcheur et d'imagination : le Courant Anarcho-droitier. Ce courant rencontre un succès grandissant. Certains disent même qu'il aurait inspiré des clips de campagnes du candidat Philippe Poutou aux récentes élections présidentielles françaises. Comme quoi, nous ne sommes pas tout à fait béotiens dans le monde du cinéma.

Il serait justement question de ces élections. Nous souhaiterions vous soumettre un projet de long métrage retraçant l'histoire du NPA depuis son congrès fondateur jusqu'aux résultats du premier tour des présidentielles, nous appellerions ce film : L'anticapitaliste.

Nous pensions le réaliser sous forme de comédie musicale, la bande originale a déjà été sélectionnée. Vous la trouverez sur notre blog. Le casting dépendra de votre subvention mais que pensez-vous de Jean-Pierre Daroussin pour le rôle de Philippe Poutou ? Et ne croyez-vous pas que Gérard Darmon ferait un bon Alain Krivine ? Myriam Martin naturellement jouerait son propre rôle car vous serez d'accord avec nous qu'aucune autre femme sur terre ne pourrait jouer avec une aura similaire.

Le film se déroulerait du point de vue de deux jeunes sympathiques militants bourrés d'humour et de charme. Tenant à conserver un caractère professionnel à ce film, nous nous refusons à tenter de jouer nous-même ces rôles. Christian Bale et Sam Worthington pourraient peut-être convenir si toutefois ils savent porter avec élégance un Harrington.

Concernant notre proximité idéologique avec le régime politique de votre belle nation, nous devons vous avouer qu'elle n'est pas très grande, bien que l'un de nous ait eu l'occasion assez récemment de goûter aux gazs lacrymogènes et aux semelles cloutées de l'armée israélienne, lesquelles lui ont laissé un goût un peu amer. Cela dit, nous sommes assurés que votre amour de l'Art saura passer au-dessus au dessus des menues divergences qui existent entre vous et nous quant à la nature satanique de la religion juive et de tous ses pratiquants.

Dans l'attente d'une réponse que nous espérons positive, nous vous prions d'agréer nos salutations respectueuses.

Le Courant Anarcho-droitier   

jeudi 26 avril 2012

Ce qu'est un aristocrate de gauche


De très nombreuses réactions que nous voyons passer sur les réseaux sociaux depuis dimanche soir suite au score élevé du FN nous surprennent car elles sont pleines d'aigreurs et de mépris : ''les français sont des gros cons... ce pays est raciste...50% pigeon 50% mouton 100% français...pays de merde...les français n'ont rien compris...'' On y passe tous sans distinction. D'où est-ce qu'on essaie de raisonner les gens en les méprisant et en amalgamant tous les électeurs ? Ces attitudes nous permettent de mettre à jour une autre catégorie de militants de gauche :

Il y a le curé rouge, que nous tançons régulièrement dans les articles géniaux de ce blog incomparable ; et il y a l'aristocrate de gauche. Cet individu, comme le curé rouge, a certes de beaux et généreux idéaux mais la façon qu'il a de les défendre, pleine de morgue et de mépris pour ceux qui ne pensent pas comme lui à la virgule près, le rend profondément antipathique.

L'aristocrate de gauche a découpé le monde de façon bien tranchée. Il y a lui et les ''autres''. Du FN au Modem ce sont des fachos, du PS au Front de Gauche ce sont des sociaux-traitres et à sa gauche ce sont des sectaires.

L'aristocrate de gauche aime faire la démonstration de son savoir, suive qui peut. Ses arguments sont forcément les meilleurs même s'il n'a pas pris la peine de les expliquer ou de les expliquer de façon compréhensible. Donc les ''autres'' n'ont rien compris donc ils sont cons.

L'aristocrate de gauche refuse en effet de se mettre au niveau du peuple, c'est trop bas pour lui. Il consent seulement parfois à jeter quelques conseils hautains du genre : ''révisez votre marxisme'', ''arrêtez de regarder TF1'', ''c'est sûr que c'est pas dans L'Équipe que tu liras ça …''

Si trop de monde venait malgré tout à rejoindre l'aristocrate de gauche, celui-ci se sentirait un peu dépossédé de son pré-carré. Il examinera donc avec la plus grande attention la moindre déviance des nouveaux candidats. Ce qui lui permettra souvent ''hélas'' d'être au regret de ne pas pouvoir les accepter parmi les siens .

L'aristocrate de gauche est désintéressé et incorruptible. Il est détaché des soucis matériels. Il considère donc que tous peuvent en faire autant. Qu'est-ce que deux ou trois réformettes sociales-démocrates en effet ? Que représente une vulgaire petite augmentation du SMIC alors qu'à force de sacrifices et d'abnégations, dans un futur indéterminé, on pourrait abolir le salariat ?

L'aristocrate de gauche peut se transformer en chevalier sans peur et sans reproche car lui seul pratique ''l'antifascisme radical'', à savoir faire la bagarre avec les fachos. Une fois qu'il aura cassé quelques dents d'extrême-droite, le chevalier rouge n'acceptera aucune leçon d'antifascisme.

L'aristocrate de gauche reste au chaud avec les gens cultivés de son rang. Ensemble ils échangerons des références d'auteurs inconnus des masses (parce que le peuple est con on vous le rappelle). Cette dichotomie nous/eux le réconforte : il est pas comme les autres, lui il sait.

Finalement l'aristocrate de gauche s'est accommodé de ce monde qui lui donne à ses yeux une position valorisante. Alors pourquoi le changer trop vite ? Le curé rouge et l'aristocrate de gauche (qui sont parfois – et même souvent – la même personne) sont donc des conservateurs. Ils font partie de la même famille, celle des réacs de gauche.

lundi 23 avril 2012

Réactions post-22 avril


Beaucoup sont choqués à juste raison par le score du Front National. Mais on se demande dans quel monde ils vivent. Dans celui-là peut-être :

Le militant : franchement Paulo, qu'est-ce qui t'as pris de voter Marine ? C'est les cons qui votent Marine. T'es qu'un con !

Paulo : Ah bon ? Ah bah non alors, je ne voterai plus jamais FN, je te le promet.

Le militant : eh madame Juliette, si vous avez voté FN c'est que vous êtes raciste, et le racisme c'est immoral.

Madame Juliette : ah bon, je ne savais pas que le racisme c'était immoral. Dans ce cas je ne voterai plus jamais pour le FN, c'est promis.

Le militant : enfin voyons mon petit Kévin comment as-tu pu voter FN ? Sais-tu que le FN est l'héritier historique de Vichy et de l'OAS ? De nombreux documentaires l'expliquent très bien. Le FN c'est l'extrême-droite donc c'est mal.

Le petit Kévin : non ? Vraiment ? Saperlipopette ! Si j'avais su jamais je n'aurai voté ainsi. Je ne voterai plus jamais pour le FN, c'est promis.

Le militant : bouuuh snif snif ! Franchement Didier ton vote Le Pen ça m'a vraiment blessé ! J'ai honte pour mon pays, je suis triste mais alors triste... snif !

Didier : oh mais non mon gros choupinet, je ne voulais pas te faire de la peine. Je ne voterai plus jamais pour le FN, c'est promis.

Dans ce monde là, la lutte antifasciste ne sera pas trop compliquée.

vendredi 20 avril 2012

12 raisons de ne pas voter Mélenchon ce dimanche


On aurait bien voté pour le SMIC à 1700 euros, mais dans les meetings de Mélenchon on chante La Marseillaise.

On aurait bien voté pour le programme écologique, mais "planification", ça fait trop soviétique.

On aurait bien voté pour foutre une branlée au FN, mais Mélenchon c'est un ancien sénateur.

On aurait bien voté pour l'unité de la gauche antilibérale, mais Mélenchon a dit qu'il admirait Serge Dassault.

On aurait bien voté pour la retraite à 60 ans, mais les propos de Mélenchon sur le Tibet sont inadmissibles.

On aurait bien voté pour un référendum sur le nucléaire, mais Mélenchon serait franc-maçon.

On aurait bien voté pour la rupture avec le Traité de Lisbonne, mais le PCF, peut-être qu'il va trahir et aller au gouvernement.

On aurait bien voté pour que la France quitte l'OTAN, mais Mélenchon est un ancien ministre de la Gauche Plurielle.

On aurait bien voté pour réformer la Banque Centrale Européenne, mais Mélenchon est trop républicain-jacobin et il critique les langues régionales.

On aurait bien voté pour la régularisation des sans-papiers et le retour automatique au droit du sol, mais le PCF devrait clarifier ses relations avec le PC Chinois.

On aurait bien voté pour une assemblée constituante et la proportionnelle à chaque élection, mais Mélenchon a assisté à la remise de la Légion d'Honneur de Patrick Buisson.

On aurait bien voté pour la refonte du Code du travail et l'abrogation des lois antisociales, mais sur les estrades des meeting du Front de Gauche il y a le drapeau français.




mardi 17 avril 2012

Message vu et approuvé par le Courant Anarcho-droitier

Classe ouvrière qui rit, classe ouvrière à moitié dans ton parti.


Par contre le clip n°7 on retombe dans de la grosse grosse daube de curé rouge, dommage on avait failli y croire...


lundi 16 avril 2012

Le tract e(s)t la bougie


Un article récent de ce blog génial a commencé à évoquer le rôle des médias dans le militantisme quotidien. Il rendait compte du poids de plus en plus important que prend Internet dans la vie de tout un chacun et comment celui-ci devrait être l'objet de toutes nos priorités en thème de communication politique. Nous ne sommes ni les seuls ni les premiers à défendre cette stratégie.

Le camps de la réaction l'a compris avant nous. Peut-être est-ce le fait d'être condamné moralement par la majorité de la population, ou le fait de ne pas tenir la rue ou les mouvements sociaux, toujours est-il que les fachos se sont repliés un temps derrière leurs écrans. Maintenant ils reviennent dans la vie réelle plus nombreux, tels des gremlins ayant pris une douche.

On se souvient d'une époque où dire de quelqu'un qu'il ''militait sur internet'' était péjoratif, signifiait ''pisser dans un violon'', ce n'était pas du militantisme authentique. Or qu'est-ce que le militantisme sinon un ensemble d'activités visant à diffuser un message et gagner de nouvelles personnes à sa cause ?

Alors point de salut en dehors d'internet ? Oui et non répondrons-nous, le cul courageusement coincé entre deux chaises. Nous avons certes un retard à combler et internet et les réseaux sociaux offrent un potentiel énorme à exploiter d'urgence pour développer la lutte anticapitaliste. Soit. Mais ce serait aussi une erreur d'abandonner les anciens supports de communication politique. Autant c'est une perte de temps, d'énergie et d'argent de s'entêter à produire des journaux papiers hebdomadaires et des tracts par centaine, autant ce serait s'amputer de bons éléments d'appoint si l'on abandonnait complétement le support papier. Pour le démontrer nous allons devenir extrêmement vulgaire puisque que nous allons utiliser les lois du marketing (mercatique in french).

Considérons le tract comme un produit. Tout produit a un cycle de vie. Ce cycle de vie se décline en quatre étapes : lancement, croissance, maturité,déclin. Passons sur le lancement initial et la croissance du tract politique, nous n'étions pas né. Par contre nous assistons à son déclin, ce qui ne signifie pas son obsolescence. La période de maturité d'un produit est le moment où, malgré une progression modérée ou faible, les profits générés sont importants. On appelle ces produits des ''produits vaches à lait''. Ce produit va décliner lorsqu'un nouveau va apparaître sur le marché, avec des qualités supplantant le précédent. Cela ne signifie pas pour autant la fin de ce produit. Tout bon capitaliste qui se respecte exploitera au maximum toutes les ressources d'un produit afin d'en tirer tout le profit possible, si faible soit-il. Pour cela, il va réorganiser sa production et redéfinir un nouveau segment de marché pour son produit.

Prenons un exemple pour que vous compreniez mieux, bande de littéraires : le cas de la bougie. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la bougie est un gros produit ''vache à lait''. C'est le principal moyen d'éclairage, concurrencé à sa marge par la lampe à pétrole, mais tout le monde achète des bougies. Puis arrive l'électricité, qui va bientôt se démocratiser. L'ampoule électrique supplante alors la bougie. Elle éclaire mieux, ne dégage pas de fumée, a d'abord une durée de vie d'un an puis plus, et devient donc plus économique que les bougies. Est-ce pour autant que la production de bougie est abandonnée ? Non, car il y a encore du pognon à se faire avec. Les capitalistes réduisent drastiquement la production de bougies classiques, qui est réorienté sur le segment de marché de l'éclairage de secours (en cas de panne électrique). On développe également un marché de la bougie de luxe avec toutes ces petites saloperies en cire sculptées ou parfumées.

Voilà le cycle que doit suivre le tract (et le journal) politique. Par rapport à un article diffusé sur internet via les réseaux sociaux, la portée d'un tract est minime, avec un impact imprécis. Mais le tract a aussi ses qualités. C'est une excuse permettant le contact humain direct. Son don est un bon prétexte pour entamer une discussion. Aussi il est inutile d'en produire noircis de caractères minuscules recto-verso, c'est au militant de parler avec les personnes qui s'arrêtent. Quand le tract annonce un meeting, une conférence ou une manif, c'est un ''pense-bête'' que le public intéressé gardera au fond de sa poche.

Donc plutôt de produire tract sur tract, en format A4 recto-verso, réaménageons le segment de ce produit, et l'on peut se contenter d'un tract A5 voir A6 avec une info, un slogan percutant, un rendez-vous et un contact internet vers un site, un blog, une page Facebook ou un mail, et pourquoi pas un petit dessin rigolo qui aide à mémoriser l'info. Avec les économies réalisées, on peut alors se permettre de temps en temps de produire un joli tract en couleur sur papier glacé.

Un outil de communication n'est pas immortel. Chaque époque trouvera celui qui lui est le mieux adapté. Il est inutile de s'entêter avec des supports obsolètes par simple sentimentalisme, ''parce qu'on a toujours fait comme ça''. Encore un effort camarades...

vendredi 13 avril 2012

Contribution pour la campagne de nos camarades II

Comme on a dit hier qu'on avait apprécié l'originalité du dernier clip de campagne de Poutou, et comme on est pas des putes, on le publie aujourd'hui :


jeudi 12 avril 2012

Profond et déstabilisant scepticisme


Ce billet a été écrit avant que nous découvrions les deniers clips de campagne de Philippe Poutou, que nous trouvons bien, figurez vous, même s'ils sont inégaux dans leurs réalisations. Quitte à se prendre une branlée, autant tenter n'importe quoi qui nous distingue des autres, c'est aussi notre philosophie. Nos idées progressent, si si...

Romain : ben ? Qu'est-ce qui ce passe ? Pourquoi tu pleures mon gros lapin?

Guillaume : snif ! Rien laisse moi ! Snif !

Romain : oh, c'est quoi ce gros chagrin ? Y a au moins trois paquets de kleenex trempés autour de toi. Raconte à ton copain anarcho-droitier ce qui va pas. Tu as regardé le premier clip de campagne de Philippe Poutou ? Moi aussi ça m'a fait un nœud dans la gorge...mais de là à chialer comme une madeleine...

Guillaume : non c'est pas ça... snif ! Il ne mouche bruyamment

Romain : mais alors quoi ? Patrick Sébastien est mort ?

Guillaume : non...c'est...snif...c'est la faute au Front de Gauche snif !

Romain : qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? Ils t'ont volé ton gouté ?

Guillaume : snif... c'est presque ça ! Je ne sais pas si je pleure d'émotion ou de colère parce que je ne sais pas si le Front de Gauche nous a rendu hommage ou si il nous plagie éhontément sans même nous mentionner parce que là c'est du n'importe nawak niveau 12 qu'on aurait pu faire, que dis-je qu'on aurait DÛ faire et moi je pleure et a pu de mouchoirs et je dois avoir une tête horrible et...et...bouuuuh c'est trop injuste ! Il s'effondre en sanglot

Romain : calme toi et respire...là voilà. Je vais te faire couler un bon bain chaud avec beaucoup de mousse et je te mettrai tes petits canards pour jouer.

Guillaume : ouais ben regarde d'abord les vidéos à la fin de ce billet, tu me diras si j'ai eu tord de me mettre dans cet état.

Romain : voyons voir...









Guillaume :alors ?

Romain : et si on allait plutôt se bourrer la gueule ? Tes canards attendrons...

dimanche 8 avril 2012

Au meeting de Méluche au Capitole

par GH

Jeudi dernier, j'étais à Toulouse place du Capitole. Non pas bien évidement pour voir l'ex-sénateur ancien ministre franc-maçon jacobin réformiste crypto-quelque chose Mélenchon mais bien pour applaudir à m'en faire saigner les mains la ravissante Myriam Martin. Telle Séléné quittant la Lune pour apparaître au commun des mortels en devenant Artémis, la ravissante Myriam Martin, déesse guerrière de l'anticapitalisme, a daigné effleurer l'estrade du Front de Gauche et apporter son soutien céleste à la campagne du mortel Mélenchon.

Une fois remis de mes émotions, par curiosité je suis resté pour écouter le discours de cet homme tant décrié, aussi bien par mes camarades du NPA que par la presse bourgeoise et réactionnaire. Par curiosité et aussi parce que le bus affrété par le Front de Gauche de l'Aveyron par lequel – par le plus grand des hasards – j'étais venu, ne repartait qu'à 22 h. J'avais lâché dix euros, j'entendais bien profiter du retour.

Quelques jours plus tôt, des militants de la majo du NPA m'avaient expliqué que ''franchement, les meeting à cinquante personnes c'est mieux parce qu'on peut débattre et échanger avec l'intervenant''. Le meeting de Toulouse a rassemblé entre 25 et 70 000 personnes. Mes chers camarades semblent confondre meeting et débat. Un débat permet de développer une idée et de la soumettre au public. Il permet aussi parfois de satisfaire au narcissisme de certains intervenants du public, venus pour s'écouter parler. Le débat a alors la fonction périphérique du groupe de parole. Au-delà d'une centaine de personnes l'exercice du débat devient difficile.

Le meeting est une démonstration de force. Les principaux représentants et leurs soutiens s'y affichent. Ils lancent quelques thèmes de campagne, invoquent rapidement quelques arguments qui serviront aux militants. Chez Méluche il s'agit par exemple d'expliquer pourquoi on doit annuler la dette, ou pourquoi Sarkozy doit rendre des comptes. La façon dont cela est dit compte pour beaucoup, car il s'agit de galvaniser son auditoire. Car c'est là le but du meeting, on doit se sentir fort, on doit se sentir l'élément d'un puissant collectif.

Mélenchon a tenté un pari de communication audacieux, celui du tribun ''old school''. Et ça marche, mais parce que ses discours sont illustrés par un champ lexical qui va au-delà des traditionnels invocations de la gauche. Le nous a repris la place du je, camarades est remplacé par mes amis. Il associe le vocabulaire traditionnel de la révolte et de l'indignation à celui de la chaleur humaine collective. Michel Erman le dit mieux que moi sur Rue 89.

Alors effectivement pour nous autres héros internationalistes de la classe ouvrière, les drapeaux français ça pique un peu un peu les yeux, La Marseillaise à la fin des meeting ça arrache un peu les oreilles. Mais pour nous anarcho-droitiers, si le folklore de gauche (Internationale, drapeaux rouges, poings levés...) ne doit pas être un élément de rassemblement, en toute logique réciproque, hymne national et drapeaux tricolores ne peuvent être des éléments diviseurs. Les uns et les autres restent pour nous des grigris. A Toulouse ces derniers restaient discrets, noyés parmi les drapeaux rouges, mais aussi de nombreux drapeaux républicains espagnols. Avec mes camarades, pour notre part, nous portions des drapeaux palestiniens et tout le monde était content.

Alors les anarcho-droitiers traîtres vendus au Front de Gauche ou pas? Aux lecteurs de se faire une opinion. Mais n'allez pas croire que l'on va rester à se chanter nous même des berceuses pendant que le NPA règle ses problèmes de couple en cassant des assiettes, alors qu'il y a une méga teuf dans l'appart d'à côté (et où en plus maintenant il y a la ravissante Myriam Martin).

jeudi 5 avril 2012

Spirit of anarcho-droitism


Une pièce à la lumière tamisée. Nos deux héros anarcho-droitiers sont assis autour d'une table.

Romain : mais bordel Guillaume ! Concentre-toi un peu ! Ça fait trois fois qu'on interrompt la séance. D'abord t'as eu faim, ensuite il a fallu que t'aille pisser et maintenant tu pouffes de rire !

Guillaume : désolé c'est nerveux ! J'ai pas l'habitude de ce genre de situation. Mais qu'est-ce qu'on va ''lui'' demander ? C'est pas un autographe de ''lui'' qui va changer les choses au NPA.

Romain : mais non banane ! On va ''lui'' exposer la situation du parti, ''il'' va nous dire quoi faire et nous, on le retranscrira sur le blog. C'est le succès assuré. Avec ça on va être catapulté direct au Bureau National, ils auront pas le choix.

Guillaume : bon d'accord. Promis je me concentre. On recommence.

Les deux anarcho-droitiers joignent l'extrémité de leurs auriculaires. Sur la table on aperçoit un verre retourné.

Romain : esprit de Daniel Bensaïd es-tu là ?... Esprit de Daniel Bensaïd es-tu là ? Si tu es là frappe un coup...

Tout à coup, on entend un coup résonner. L'intensité de la lumière diminue. Nos deux héros se regardent, un peu pâle.

Guillaume: je flippe un peu quand même là...

Romain à Guillaume chut ! À l'esprit : Esprit, peux-tu nous dire comment sortir le NPA de la situation merdique où il est ?

Le verre commence à se déplacer vers des lettres de scrabble posées sur la table

Romain en chuchotant : ça marche ! À nous la gloire ! Prend note Guillaume : un F, un A, un I … Faites...faites-vous... faites-vous des... faites-vous des big poutou ? Qu'est-ce que ça signifie ? C'est quoi ce plan ?

Guillaume à l'esprit : Carlos ? C'est toi ? à Romain C'est énorme ! On a convoqué l'esprit de Carlos ! On pourrait lui demander la recette du Banga ...c'est toute ma jeunesse !

Romain : t'as gueule ! Non... vos gueules à tous les deux les boulets ! Esprit de Carlos, merci pour ta ...contribution, mais il y a erreur sur la destination. C'est l'esprit de Daniel Bensaïd, le grand philosophe marxiste de chez nous, que nous appelons. Alors je précise au passage, les esprits de Bézu, Paul Preboist, Sim ou Fernandel sont dispensés de venir faire leurs commentaires... il jette un regarde noir sur Guillaume... il semblerait qu'il y ait des ondes parasites par ici.

Guillaume : oh l'autre eh ! Pourquoi ce serait ma faute ?

Romain glacial : On reprend ! Esprit de Daniel Bensaïd es-tu là ?

L'invocation se poursuit pendant un quart d'heure, puis un nouveau coup retentit, la lumière baisse.

Romain : Benssa ? Est-ce bien toi ? Si c'est toi frappe deux fois (sans vouloir te commander).

Deux coups retentissent. 
 
Romain : cette fois c'est bien lui. C'est fantastique. Le NPA va être sauvé. C'est merveilleux, c'est génial, c'est …

Guillaume : j'ai envie de péter.

Romain : tu as quoi ? C'est pas possible un gros lourd comme toi !

Guillaume : je suis méga-nerveux là, j'y peux rien.

Romain : retiens toi connard ! à l'esprit Bon alors Benssa je te résume la situation rapido. Au NPA on est passé de dix milles adhérents à trois milles et des brouettes, Besancenot s'est retiré, la nouvelle majo a envoyé au placard nos deux portes-paroles femmes, elle a désigné un ouvrier avec un nom rigolo à la présidentielle, Krivine a saisie la justice pour pas partager le magot de la LCR et des membres du CPN appellent à voter pour Mélenchon. Que devons-nous faire pour que le NPA redevienne un grand parti de rassemblement anticapitaliste ?

Le verre s'anime et commence à se diriger vers des lettres

Romain : ça marche ! ça marche ! Je suis tout excité, on va enfin savoir ce qu'il faut faire. Note bien toutes les lettres Guillaume, c'est historique... un B...un A...un N...un D...un E... encore un D...encore un E...un C...

[ PROUT]

Guillaume : désolé...c'est parti tout seul...

Le verre s'immobilise. La lumière reviens

Romain livide : je...je le crois pas ! Tu as fait fuir l'esprit ! On ne saura plus ce qu'il voulait nous dire !

Guillaume : ben moi j'ai noté '' bande de c'', qu'est-ce qu'il a bien pu vouloir dire par ''c'' ? Camarade ? Plus de camaraderie entre nous ?

Romain : communiste ? Il parlait peut-être d'un retour aux fondamentaux ? Comment le savoir ?

Guillaume : et si on allait lire dans les entrailles d'un poulet ?

Romain : si tu la fermes pas c'est dans les tiennes que je vais lire...


dimanche 1 avril 2012

Pourquoi – malgré tout – nous appelons à voter Philippe Poutou


On entend ici ou là des remarques aigres à notre encontre, nous accusant de trahir le NPA. On nous suspecterait même de soutenir le sénateur ex-ministre Mélenchon. Serions-nous allés trop loin dans la dérision politique ?

Il serait alors peut-être temps, en cette période difficile pour notre parti, de faire une brève pause dans nos taquineries bon-enfants, et de réaffirmer publiquement ce qui pour nous semblait des évidences.
Tout en étant anarcho-droitiers, nous sommes avant tout adhérents et militants au Nouveau Parti Anticapitaliste. Nous avons participé à sa fondation, nous entendons poursuivre sa construction.

Aujourd'hui la majorité des militants du NPA a choisi démocratiquement un candidat-ouvrier dont le profil tranche avec la classe politicienne traditionnelle : Philippe Poutou. Même si nous avons émis quelques réserves et quelques ricanements au début, force est de constater, suite à l'obtention des 500 signatures de parrainages, que la campagne a une réelle dynamique. Si nos meeting ne sont pas encore aussi remplis que ceux du Front de Gauche, leur taille humaine permet de véritables échanges avec les travailleurs présents et une réelle approche pédagogique de cette campagne.

Puisque nous évoquons le Front de Gauche, dont les sirènes faussement radicales ont hélas su séduire (momentanément nous l'espérons) certains de nos camarades, il est pas inutile de rappeler ce qui nous en sépare. Nous ne reprendrons pas ici l'analyse complète de l'illusion réformiste de la candidature Mélenchon, d'autres camarades l'ont fait de façon plus brillante que nous. S'il n'y avait que deux raisons à retenir pour ne pas soutenir le Front de Gauche, pour nous ce serait celles évoquées par nos camarades Besancenot, Krivine, Sabado et Poupin dans leur lettre à la Gauche Anticapitaliste du 14 mars dernier, à savoir : '' les rapports du PCF et du PC chinois ou plus grave les positions détaillées du PCF sur la Syrie''.

Nous sommes, et resterons, militants du NPA. Le NPA a fait le choix démocratique d'une candidature anticapitaliste réellement indépendante du Parti ''Socialiste'', nous l'acceptons et la soutenons. Aujourd'hui plus que jamais le courant anarcho-droitier appelle à voter pour Philippe Poutou le 22 avril prochain. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour contribuer au succès de la campagne, comptez sur nous les copains !