jeudi 22 décembre 2011

Vous aimez toujours ce blog, vous aimerez sa deuxième B.O.

Ca fait déjà plusieurs jours que rien n'a été publié sur ce blog génial. La raison en est simple : les anarcho-droitiers mettent en pratique leur propre théorie. Il n'y pas que le militantisme dans la vie. Non, nous n'avons pas que le Fight Club ou le NPA comme sujet de conversation. Parfois on s'en branle, mais alors méchamment. Même la Gauche Anticapitaliste - le NPA gentil - qui de loin a l'air bien sympathique, eh ben figurez-vous qu'on a à peine jeté un regard dessus, c'est dire.
En ce moment, on voyage, on fume des cigarettes qui font rire, on reste tard dans les bars, et plusieurs d'entre nous sont amoureux.
Décembre c'est aussi les fêtes et même si vous avez adoré notre première playlist anarcho-droitière, à force de l'écouter en boucle vous en avez des acouphènes (vous êtes con de faire ça vous aussi). « Que vais-je mettre pour ma surboum de la Saint-Sylvestre ? », vous demandez-vous angoissés... Pas de panique, nous avons tout prévu : voici une deuxième sélection qui vous permettra d'avoir encore les soirées les plus classes de votre quartier.

De nouveaux billets sont au four, et seront prêt pour être mis au pied du sapin.


mardi 13 décembre 2011

Exemple de message simple, clair et drôle

(par notre envoyé spécial en Palestine)

Voici ce que l'on peut trouver inscrit sur le mur d'apartheid en Palestine, près du village de Ni'lin. En cliquant sur la photo, cela l’agrandit c'est magique.
(un anarcho-droitier s'est caché dans la photo, sauras-tu le retrouver ?)

  

(crédit photo : Kastro Palestino, merci à elle )

dimanche 11 décembre 2011

Le Corbillard de Jules


Ancien résistant, ancien FTP puis ancien cambrioleur et ancien détenu, Alphonse Boudard était un écrivain de la veine d'Audiard, Réné Fallet ou Antoine Blondin, écrivant dans un argot haut en couleurs et avec plein de gros mots (nous, ça suffit déjà à nous séduire). Son roman le plus connu est sans doute la Métamorphose des cloportes, adapté en film avec Lino Ventura dans le rôle de Boudard, excusez du peu.

Dans ce livre autobiographique, Le Corbillard de Jules donc, Boudard nous raconte son passage fin 1944 dans la Colonne Tactique Lorraine du colonel Fabien. Cette unité militaire fut un embryon d'armée rouge française. Organisée à la communiste, les cadres sont des anciens des brigades internationales dûment encartés au Parti. En parallèle à la hiérarchie militaire on trouve des commissaires politiques qui veillent à la bonne tenue idéologique de la troupe. Il est plutôt bien vu d'assister aux réunions de formations politiques, par contre les éléments dissidents du type anciens anarchistes de la guerre d'Espagne sont priés de se faire très, mais alors très très discrets.

Alphonse cherche rapidement à fuir ce climat plus que pesant, où on pardonne aux violeurs de filles de fermes ''suspectées d'espionnage'' mais pas à ceux qui lancent des tracts pacifistes vers les lignes allemandes. Il profitera du rapatriement du corps d'un camarade tué au combat pour quitter ses frères d'armes staliniens sans risquer d'être fusillé comme déserteur.

Entre deux aventures croquignolesques, on découvre le climat de fin de guerre où les allemands offrent une résistance plus forte que prévue, où les collabos tentent de se refaire une vertu chez les résistants, et où les militants du PCF épurent discrètement les éléments ''hitléro-trotskystes''.

On ne peut pas prêter à Boudard une quelconque sympathie pour les cocos, ni d'ailleurs pour quelques bords politiques que ce soit, vu qu’en fait, il s'en fout. C'est pour cela que Le Corbillard de Jules, tout comme Les Combattants du petit bonheur ou Bleubite peuvent être lu comme des documents sur cette période, où la frontière entre bons et méchants, entre héros et salauds est mince et est une question de circonstances.

lundi 5 décembre 2011

Lexique III


Voici quelques termes, issus des derniers articles, éclaircis par notre lampe frontale  :

CPN : sigle pour Conseil National Politique. Ici il s'agit du CPN du NPA. C'est un peu le parlement du parti. On s'y engueule, on parle beaucoup, on organise des commissions de travail, on se réengueule et on en sort pour fumer des clopes. Pour élire les représentants du CPN, il convient d'appliquer un logiciel qui a rendu fou plus d'un programmateur : il s'agit de prendre en compte l'âge, l'origine géographie, la situation professionnelle, le sexe et la tendance politique des candidats.

PKK : sigle pour Parti des travailleurs du Kurdistan (Partiya Karkerên Kurdistan ), organisation armée kurde qui pratique des actions de guérillas en Turquie, Syrie et Iran pour l'indépendance du Kurdistan. Une partie de son idéologie politique le situe à l'extrême-gauche, vers le maoïsme. Le PKK est un exemple idéal de ce que pourrait être notre P4 si on lui donnait des armes (et s'ils se laissaient pousser la moustache).

Lycaon : mammifère carnivore de la famille des canidés, aussi appelé chien sauvage d'Afrique. Cet animal qui vit en meute a instauré un système de sécurité sociale. Les membres de la meute qui n'ont pas participé à la chasse, telles les femelles gardant les petits mais aussi les lycaons blessés ou trop vieux, sont nourris par les autres par régurgitation. syn : sale communiste, assisté qui vit des aides sociales.

vendredi 2 décembre 2011

Etre à la hauteur de la période


par Dominique Marc

L'injonction est bien connue : efficace, elle réveille les militants, force notre volonté à s'élever vers la hauteur héroïque et morale des génies discrets de notre classe. Nous jugeons chacun de nos gestes à l'aune de l'Histoire, elle nous dresse face à elle, nous porte à la toiser, à la défaire dans un face à face viril et sensuel.

Mais en y réfléchissant bien, la période, elle est toute pourrie : une obsolescence capitaliste qui n'en finit pas et une classe ouvrière qui s'en branle. L’État s'est gentillement écroulé au sud des Pyrénées, notre bourgeoisie nationale ne résiste qu'à grands coups de flux financiers déjà taris, le salariat s'abandonne à la tonte méthodique de sa dernière toison : d'ici un ou deux ans on devrait enfin savoir à quoi ressemble une éternelle fin de festival de Oï.

Traduction pour nos amis de la majo : c'est comme la crise de 1929 sauf que la classe ouvrière elle a la flemme de se sortir les doigts du coup on aura ni le fascisme ni le socialisme. 

Pire, le salariat a le parti révolutionnaire qu'il mérite : nous. 

Par conséquent, dans un esprit de réforme et de modernisation de nos schémas organisationnels, de nous nourrir du meilleur des nouveautés de la critique post-moderne du capitalisme, de coller au plus près les mouvements de l'histoire nous proposons de remplacer nos structures militantes. Ceci est une proposition de texte de Congrès.

Remplacer la commission femmes par une commission chips : on y discuterait de notre intervention dans les paquets de chips, de la différence entre les petits paquets et les grands, on cliverait sur le débat : « la chips doit-elle être un support pour la sauce ou affirmer son goût propre, hors de tout patriarcat hétéronormé ? » On sortirait des brochures intitulées « Le Pringles est-il une chips comme les autres ? Nos réponses à l'injonction salée. Quel avenir pour le tacos ? »

Remplacer la commission écologie par une commission week-end en Normandie -ou Carcassonne pour les Toulousains. 15 à 20 personnes s'occuperaient d'organiser les week-end des militants pour leur assurer détente et confort et restaurer rapidement de leur force de travail. Moi j'aime bien les saunas et les mouettes.

Utiliser les méthodes de l'antifascisme radical dans le cadre de la commission médias, juste comme ça, pour rigoler.

Restructurer les groupes de militants locaux en « groupes d'amis rapprochés » : exemple, je travaille pour Daniel Mermet, je souhaite prendre sa place, il a un accident de voiture. Noël approche, je ne souhaite pas me rendre chez mes beaux-parents, ils ont un accident de voiture. La machine à café au bureau est cassée, je souhaite prendre un café, elle a un accident de voiture.

Placer des grilles devant le CPN et autoriser les familles et les badauds à passer devant et à les nourrir. A 2 euros le ticket on renflouerait rapidement les caisses du Parti tout en proposant un loisir accessible et stimulant à la classe ouvrière, genre mieux que Luna Park.

Regrouper les prêtres rouges, les tarés et les sans-amis dans une vaste équipe à la Dirty Dozen. Les entraîner à mort façon commando et les fracasser sur des cibles comme Moody's, Fichte ou Laurent Ruquier. 

Mandater les chefs sur leur capacité à faire marrer tout le monde en fin de réunion, à payer des verres et à coller des grandes claques dans les dos en criant « Hé Paulo ! ». Ça fait ouvrier, c'est cool.

Convertir le Groupe de travail économique en hedge fund. C'est pas très anticapitaliste mais il faut bien financer la commission écologie.

Former une section d'ouvriers dépressifs (secteur ouvrier-combatif) composée de tous les prolos qui essuient défaite sur défaite dans leur boite. On parlerait de nos insomnies, de nos conjoints qui se barrent et on regarderait Louise Michel en pleurant discrètement. Cette section travaillerait activement avec la commission femmes.

Former une branche de post-adolescents dépressifs. On parlerait de nos désillusions, du chômage, de nos conjoints qui veulent même pas sortir avec nous et on regarderait South Park en jouant à Minecraft. On travaillerait activement avec la commission femmes et la section ouvrière à notre implantation dans les bars de l'est parisien. Ou de la rue Gambetta de Toulouse.

Placer les membres du comité de campagne dans les conseils d'administration des groupes du Cac40, de l'industrie nucléaire et de la défense en leur intimant de faire au mieux. Leur confier c'est nous assurer d'un crash global du capitalisme sous trois mois. 

Donner le local national au PKK en échange d'un accès illimité aux kebabs partout dans le monde. 

Renommer la commission Enseignement-supérieur recherche « commission thésards-dépressifs en manque de financement » par souci de sincérité.

Renvoyer Alain Krivine dans les années 70, à l'époque où il était gentil.

Dans nos textes, tracts et publications, remplacer le mot « éditorialiste » par le mot « nazi ».

Utiliser les passages télés de Philppe Poutou à bon escient. Exemple : forcer tous ceux qui parlent de « la poussée islamiste au moyen Orient » à les regarder pour les punir d'être cons.


Notice I : d'après nos récentes informations, le NPA n'existe plus qu'à Toulouse et Paris. Les militants vivent retranchés dans leurs locaux en assurant la garde de la merveilleuse Myriam Martin, de l'incroyable Fred Borras, de la sublime Anne Leclerc et de l'exceptionnelle Myriam Martin. Il y a aussi la magnifique Christine Poupin, mais à Saint-Nazaire il n'y a pas de bar alors ça compte pas.
La légende raconte qu'en se réunissant, nos fabuleux dirigeants peuvent invoquer le réveil de Daniel Bensaïd et sauver le NPA grâce à leurs super pouvoirs. Séparés, leurs forces s'annulent.

Notice II : « Myriam Martin est tellement merveilleuse qu'on est obligé de l'écrire deux fois. » (Proposition d'amendement)


mardi 29 novembre 2011

Devenez ami avec Jacob Vardy


Jacob Vardy est un profil Facebook. Son auteur se présente comme militant anarchiste et vit à Sydney. Peu importe ce qu'il peut être d'autre, Jacob Vardy est un moine copiste du web. Il a décidé de recueillir toute la propagande visuelle de gauche à travers le monde. Ses publications sont donc principalement soit des affiches, soit des photos, soit des montages porteurs d'un message militant de chez nous les gauchos.

Car vous l'avez sans doute remarqué, petits malins, nous misons pas mal sur la communication visuelle. Un petit dessin réussi vaut souvent mieux qu'un long discours, surtout si c'est un trotskiste universitaire qui le lit. Une image doit être porteuse d'un message unique, bref et clair, accompagnée d'une illustration, un point c'est tout. Pas de développement, pas de longues explications. Le message doit non seulement être compris en deux ou trois secondes maximum mais aussi recevoir l'adhésion du lecteur dans ce même délai. On utilisera donc les émotions pour y parvenir : la compassion, la révolte ou l'humour.

Certaines illustrations ne délivrent pas directement une revendication politique. Elles délivrent une tonalité. Cette tonalité a la même fonction que les autres, recueillir l'adhésion du lecteur, avec les mêmes outils émotionnels. Cette tonalité a pour but de signaler la connivence entre l'émetteur et le récepteur du message : ils sont du même camp car ils ressentent la même émotion, ils réagissent de la même façon.

L'extrême-gauche a du boulot en retard dans ce domaine. Souvent les messages sont soit codifiés avec des canons qui sont obsolètes et nous sommes alors dans le folklore, soit les messages sont noyés dans un torrent de démonstrations ''pédagogiques'' qui en découragent beaucoup. Que l'encyclopédie du message visuel politique que construit Jacob Vardy puisse donner des idées à certains.

Chacun y trouvera quelque chose à son goût car tous les styles sont représentés : de l'iconographie soviétique qui ravira nos amis curés rouges jusqu'aux illustrations gothiques qui raviront... ceux que ça ravira. Nous-mêmes y avons trouvé notre bonheur, et les jours où nous manqueront d'inspiration, il ne serait pas impossible qu'on lui pique quelques images, mais toujours en citant notre source parce qu'on n'est pas des bâtards non plus.

Jacob Vardy n'a encore que deux mille six cent amis, il vous accueillera avec plaisir.





dimanche 27 novembre 2011

« Jeeeuuuh ne suis paaaaaaaaas zun héros !


par Dominique Marc

La réédition des œuvres complètes d'Isaac Babel, romancier révolutionnaire russe du début du siècle est l'occasion de rééduquer les camarades prêtres rouges à grands coups de sabre.

Si la révolution n'est pas un dîner de gala, ce n'est pas non plus une sacrée tranche de rigolade. Isaac Babel a suivi les cosaques du front de Pologne en 1920. Il en a tiré une fresque fauve de la guerre civile. Dans La Cavalerie Rouge, les héros de la révolution aiment bien piller, rigoler, violer et tuer gratuitement. Une fois le premier village de la campagne pris, la colonne s'apprête à brûler les juifs locaux. Mais l'ordre de Trotski tombe : on juge les juifs avant de les brûler. Trotski il peut pas être juif : il est chef. Et le chef, on l'écoute. La compagnie a pour toute connaissance du matérialisme historique un discours de Lénine repris par la Pravda.
Comme Trotski ou Victor Serge, Babel a moyennement été toléré par Staline : banni par le régime il ne reviendra en grâce qu'après la mort du gros moustachu (pas Francis Cabrel, l'autre). Manque de chance, il a été exécuté entre temps.
L'écrivain est un vrai héros du prolétariat : un mec normal qui a une vie chelou. Après des études de commerce il s'intéresse à la littérature, travaille pour la tcheka puis devient journaliste. A peine diplômé, Gorki lui conseille de courir le monde : à 22 ans, c'est plus rigolo que de lire des livres. Il s'engage rapidement dans l'Armée rouge où il côtoie des bourrins qui l'aiment pas trop parce qu'il lit des livres.
Si l'auteur des Récits d'Odessa est un modèle c'est par son parcours accidenté et impatient, son écriture ironique, implacable et lucide. Celui d'un homme pas trop con qui, pris dans la crasse de l'histoire, témoigne de sa bassesse et de sa trivialité. Babel est un héros parce qu'il ne renie rien : loin de l'abstraction révolutionnaire il garde une foi désabusée en les hommes, un amour de ceux qui, bouffés par la banale cruauté de la guerre civile ont arraché la mort du vieux monde.
Son œuvre mérite d'être lue à l'heure où notre organisation cherche à recruter des « profils révolutionnaires ». Avec Babel on apprend que la lutte des classes n'a rien de la pureté théorique qu'on lui prête.

jeudi 24 novembre 2011

Lexique II


Dans le souci de rendre le Fight Club accessible au plus grand nombre, et notamment à tous ceux qui ne sont pas issus des milieux militants traditionnels, nous publions un nouveau lexique pour expliquer quelques termes revenant souvent dans nos articles ou dans les commentaires, et qui peuvent sembler obscures à beaucoup. S'il y a d'autres mots que vous ne comprenez pas, les enfants, n'ayez pas peur de demander, nous sommes là pour ça.

Majo : troncature pour designer la majorité des militants du NPA ( 60%) qui a voté fin juin pour la candidature de Philippe Poutou à l'élection présidentielle et pour stopper les discussions avec les autres organisations à gauche du PS. Un certain nombre d’entre ses membres est issu de groupuscules gauchistes ayant intégré le NPA au moment de sa fondation, mais pas que.
Syn : Ta gueule, on a raison

Mino : troncature pour designer la minorité des militants du NPA (environ 40 %) qui a refusé de voter pour la candidature Poutou et qui souhaitait poursuivre les discussions avec les autres partis de gauche. La mino s'est transformée récemment en tendance publique sous le nom de Gauche Anticapitaliste. On verra ce que ça donnera et on ne s'interdira pas de les pourrir si besoin est, parce qu’on est comme ça, nous.
Syn : militant avec une vie sociale ; fan club des anarcho-droitiers...

Philippe Poutou : personne humainement très sympathique, nous l'avons croisé. Candidat aux élections présidentielles pour le NPA sous réserve d'avoir les cinq cents signatures requises. D'abord crédité de 0,5%, les instituts de sondages le place désormais à 0%. Ceci dit, les camarades creusent encore patiemment. Serons-nous la première organisation à avoir un score négatif ?
Syn : non, je veux pas aller sur le plateau télé, y sont méchants ; laissez-moi partir

P4 : acronyme de “position numéro 4” lors du congrès du NPA de janvier 2011. Ont des positions politiques disons... très tranchées. En gros Marx, Lénine et puis c'est tout. Le mot “compromis” n'existe pas dans leur vocabulaire. Le concept de communication leur est également inconnu. Les P4 sont à la Majo ce que les végétaliens sont aux végétariens : même famille mais en encore plus tristes et encore plus chiants. Enfin le terme de P4 peut furieusement faire penser à la terminologie utilisée jadis pour désigner les réformés du service militaire pour raison psychiatrique. S'il ne faut pas confondre, faut avouer que cela leur va quand même très bien.
Syn : Plus bolchévik que moi tu meurs ; je te ferais quand même remarquer qu’on ne trouve pas une fois le nom de Mélenchon dans toute l’œuvre de Trotsky.


mercredi 23 novembre 2011

" Golgota Picnic"

Article parfaitement pertinent, lisez-le jusqu'à la fin :


http://www.article11.info/?Golgota-Picnic-Civitas#pagination_page


merci pour cette analyse que l'on ne peut que partager.

jeudi 17 novembre 2011

Comment reconnaître des Anders Breivik d'extrême-gauche ?



Et comment les noyer ?

Rappelons pour les lecteurs qui ont passé l'été sur Mars ou sur les routes de France cherchant des signatures de maires pour leurs candidates et candidats présidentiels préférés, qu'Anders Behring Breivik est ce Norvégien à la figure de gendre idéal qui a tué soixante-dix-sept personnes dans un meeting de jeunes sociaux-démocrates. Il vient de reconnaître son appartenance à l'extrême-droite lors d'auditions au tribunal d'Oslo.

Jouons, pour une fois, non pas aux droitiers, mais à l'apolitique moyen qui cherche à dire quelque chose de politique : ''Vous savez ma'me Michu, les extrêmes, droite ou gauche, ça se rejoint…''. Ça y est : on l'a dit, on est content de notre connerie. Une fois nos gloussements d'ado attardés passés, réfléchissons cinq minutes et interrogeons-nous. Des débiles, on a aussi chez nous à l'extrême-gauche, le problème n’est pas là (enfin si). Mais nos débiles à nous sont-ils aussi perturbés que leurs débiles à eux, et sont-ils capables de passer à l'acte ?

On peut citer l’affaire Maupin-Rey, fin 1994, où un jeune couple tua deux policiers et un chauffeur de taxi. D'après la propagande retrouvée chez eux, ils ont été classés comme proches de la mouvance autonome (que nous appellerons les ''totos'' dans de prochains articles). Il est d'ailleurs assez surprenant que les médias et les commentaires des forums n'aient pas plus repris ce parallèle au moment du massacre d’Utøya, comme quoi, une actualité en chasse une autre et les éditorialistes ont la mémoire courte…

Il est incontestable que des pétés du casque, notre camp politique en regorge aussi. Comment donc reconnaître les premiers signes qui feraient de ces joyeux fêlés de potentiels Anders Breivik de gauche ?

D'abord, il y a ceux qui n'ont que des ennemis dans la vie. C'est pas bien compliqué: du FN au PS, c'est des fachos, entre le PS et eux, c'est des sociaux-traîtres, et à leur propre gauche, c'est des sectaires. Le schéma social-traîtres/sectaires peut se reproduire jusque dans la vision qu'ils ont de leur propre parti, voire de leur propre tendance. Quand il commence à atteindre leur propre personnalité, c'est qu'on a un schizophrène.

Il y a ensuite ceux qui vivent dans leur petit monde personnel, peuplé de réalités alternatives du genre "Nous sommes dans une situation pré-révolutionnaire en Europe, très similaire à celle de 1917"; ou alors "Nous vivons en France sous un régime totalitaire"; ou, enfin, "Sarkozy, c'est comme Hitler".

Il y a, enfin, la fascination pour la figure du héros-guerrier. Le merchandising d'extrême-gauche est riche en posters, t-shirts, badges et autres tapis de souris figurant des guérilleros sud-américains, des partisans bolchéviques avec fusil à baïonnette, des Black Panthers avec de gros fusils à pompe, des Palestiniens en keffieh et kalachnikov, des FTP à mitraillette Stern, des soldats Viet-Minh, etc. Certains militants ou sympathisants sont encore plus fascinés que les autres par le culte de la lutte armée: dans leur course effrénée à la radicalité et leur peur panique de pouvoir être vus comme quelqu'un qui fait des compromis avec le "système", ils n'adulent que ceux qui ont "tout donné", y compris leurs vies, pour "la cause". Les trois quarts du temps, ils se contentent de séances masturbatoires intellectuelles à disserter sur la nécessité impérieuse de se préparer à la confrontation armée, mais certains des plus touchés peuvent très bien décider de "préparer" la guerre civile tous seuls dans leur cave. De là à péter un plomb et à aller dézinguer le premier "ennemi de classe" venu, il peut n'y avoir qu'un pas.

Nous avons bel et bien de potentiels petits Anders Breivik à l'extrême-gauche. Mais d'après les éléments dont nous disposons après une enquête minutieuse (et conduite au péril de nos vies), il semblerait bien qu'ils soient sensiblement moins dangereux tout de même. Ayant souvent déjà du mal à organiser convenablement un apéro, ils auraient sans doute quelque mal à planifier minutieusement une opération aussi diablement efficace que celle du taré norvégien. Si on ajoute à ça le fait que leur arsenal s'apparente en général plus à la carabine que Pépé utilisait pour aller chasser la palombe qu'au FAMAS, on est en droit de penser que les organisateurs des Universités d'Été des Jeunes Pop' peuvent encore dormir tranquille. Mais quand même. Ils existent.

dimanche 13 novembre 2011

Les intellectuels de classe


par Dominique Marc

Le problème au NPA c'est qu'on a plein d'intellos : ils sont tout mous et tout trotskistes alors que, comme on dit à la section, les intellos ça pourrait être bien parce qu'ils savent pleins de trucs qu'on sait pas et qu'ils sont forts à la bagarre de la tête.
Afin d'éviter la déchéance orgiaque qui guette les glorieux penseurs critiques du capitalisme post-industriel il était nécessaire d'écrire une brochure accessible à tous dès le bac+5 pour recadrer un peu ces feignasses de hippies qui se prennent pour des oufs parce qu'ils ont le best of des Clash à la maison.

Les intellectuels de classe globalement ils font chier : ils trichent à Risk, ils nous mettent des disquettes parce qu'on est des ouvriers, ils sont moches mais ils sortent avec les jolies filles parce qu'ils ont lu des livres et qu'ils sont marrants, ils voyagent gratos pour faire des conférences et ils arrivent à écouter des morceaux de jazz en entier.

Malheureusement pour eux, globalement ils servent à rien : la preuve, la nouvelle majorité du NPA. On ne comprend pas vraiment ce qu'ils racontent, ils nous embrouillent et « c'est toujours plus compliqué que ça ». Muni de mes amis de la garde prétorienne du prolétariat, nous leurs avons cordialement intimé de rendre leurs conclusions quand aux questions centrales qui occupent la classe ouvrière mobilisée aujourd’hui. Nous vous livrons en exclusivité les fruits d'un siècle et demi de pensées anticapitalistes :

      1. Il y a des gentils.
      2. Il y a des méchants
      3. Il faut être gentil avec les gentils, et méchant avec les méchants
      4. Le socialisme c'est les gentils
      5. Le fascisme c'est les méchants
      6. Dieu on sait pas trop
      7. Les filles c'est bien
      8. Quand on sait pas trop ce que c'est, c'est « une construction sociale. »
      9. Faut pas faire de comité à la Toussaint ou à Pâques ou en été parce que les profs ils sont à l'île d'Oléron ou au Mexique.
      10. Il faut résister aux attaques dans un vaste mouvement interpro qui rassemble tous les exploités qui pose la question de l'autogestion via des comités interpros.
      11. Il faut être unitaire pour faire des parapluies démocratiques.
      12. On a pas le rapport de force




vendredi 11 novembre 2011

Il n'y a pas de querelles de pouvoir au sein du NPA


par Catherine (alias Roger Lapin, car c'était elle) 

Différents articles parus dans la presse ces dernières semaines font état de conflits qui agiteraient notre direction politique, suites à des désaccords tactiques. Nous avons encore une fois la preuve que la presse bourgeoise, dévouée à la cause des possédants et des nantis, cherche à déstabiliser notre camp, consciente du danger que nous représentons pour l'ordre établi.
Car notre parti se porte bien, merci!

Les quelques tensions observées avant les vacances au cours du processus de consultation des militants et des militantes sont aujourd'hui apaisées, chacun ayant repris le cours de ses activités militantes à son propre rythme pour mettre en œuvre sa propre orientation. La grande liberté d'expression qui règne au sein de notre parti, le sens de l'écoute, du partage, de compréhension mutuelle qui prévaut entre camarades, sont venus à bout de ce passage difficile où certains, accusés à tord d'avoir retourné leur veste pour rester dans le cercle du pouvoir, ne faisait que préserver l'unité et la pérennité de ce que nous avons construit pour eux.

De même, ceux qui s'en sont vu écarté peuvent se consacrer pleinement au militantisme de terrain, certains que la nouvelle direction a les rênes bien en main et une vision claire de l'avenir du NPA.
Nous sommes un des seuls partis réellement démocratiques dans ce pays, épargné par les manœuvres politiciennes, la langue de bois, la manipulation des militant-e-s et des masses, la course au pouvoir, la chasse aux postes de permanentats et les dangers d'une caste dirigeante autiste et isolée. Nous devons conserver ces principes qui sont pour nous les garants de la longévité du NPA et de l'attrait sans cesse renouvelé que nous exerçons sur les classes laborieuses.

Notre intégrité politique est aujourd'hui connue et reconnue par la classe ouvrière qui se moque de voter pour un Olivier Besancenot ou un Philippe Poutou. Nous avons échappé à ce phénomène de personnalisation. Ce qui fait la différence c'est notre capacité à propager nos idées en donnant l'exemple de notre propre fonctionnement qui laisse toute sa place à la différence, la diversité, l'initiative locale ou régionale, en toute conscience de la réalité de la société dans laquelle nous évoluons. Nous avons su nous adapter à l'évolution de la classe ouvrière qui reste notre électorat le plus fidèle en dépit des sirènes dangereuses du Front National ou des promesses bucoliques d'Europe-Écologie.

Continuons tous ensemble à creuser notre sillon, les graines de la révolte sont sur le point de germer!