samedi 7 juillet 2012

Cliffhanger


La traditionnelle garden-party du courant anarcho-droitier se tient dans les jardins d'une luxueuse résidence de campagne, achetée sous un faux nom. Elle servira de refuge à l'équipe anarcho-droitière en cas de fin du monde ou si la P4 du NPA prenait le pouvoir en France, ce qui revient à peu près au même.

Pour le moment, les cent quarante-cinq amis facebook du courant le plus sympa de l'extrême-gauche sont réunis autour du buffet. Des quartiers de bœufs sont en train de cuire sur des brasiers alimentés par des stocks d'affiches de Philippe Poutou jamais collées. La B.O du blog le Fight Club est diffusée à fond sur des hauts-parleurs accrochés aux arbres.

Tous les contributeurs occasionnels sont là, munis d'un badge VIP. On reconnaît Thomas, le seul anarcho-droitier au monde membre de la majo du NPA, ainsi que Catherine Roger Lapin et Dominique Marc. Plus loin Cédric anime un débat avec Jacob Vardy sur les avantages comparatifs de Call of Duty et Battlefield dans le cadre d'une formation à la lutte des classes dans les réseaux sociaux. Gaspard et Tonio font tourner leurs serviettes. Ash 67 et Adrien Dotrafère posent sous l'objectif de Kastro Palestino. Il serait grossier d'oublier la charmante Pamela Modo, correctrice des billets du blog, sans qui ces textes ne seraient parfois qu'une bouillie mal orthographiée.

Une silhouette recouverte de bandes de plâtres est assise dans un fauteuil roulant. Grâce aux quelques tatouages qui émergent ça et là on devine CSP qui déguste une compote à l'aide d'une paille. Sa tentative d'inventer un nouveau sport combinant haltérophilie et cross VTT semble n'avoir guère été concluante. Les anarcho-droitiers se devaient de l'inviter : n'a t-il pas été le principal mécène du blog à ses débuts ? Grâce lui soit rendue.

Dans une cage, un curé rouge et un aristocrate de gauche s'affrontent à mort. Ils ne sont pas d'accord sur la nature de l'État chinois : est-ce un État socialiste dégénéré ou un État bureaucratique ouvrier en phase transitoire capitaliste ? Un seul d'entre eux survivra sous les rires du public.

Un peu à l'écart, nos deux anarcho-droitiers en chef discutent, une flute de champagne à la main :

Romain : ...non mais sans blague Guillaume, tu as été pendant des années un ''skin canada dry'' et maintenant tu portes les cheveux longs et... et des chemises à fleurs ! What's the fuck ?

Guillaume : les cheveux longs c'est pour montrer ma supériorité capillaire face à Alain Soral et à ses crétins de disciples dégarnis. J'ai une toison abondamment fournie, ça les complexe et les déstabilise. Ils m'envient mais ils savent qu'ils n'auront jamais ma classe.

Romain : mouais... et cette chose ignoble qui recouvre ton mâle torse velu ?

Guillaume : c'est parce que je viens de comprendre la métaphysique la chemise à fleur. Écoute bien, en fait lorsque....

Ils sont interrompus par une sonnerie qui retentit de leur montres bracelets.

Romain : flute ! ''il'' veut nous parler maintenant. On commençait juste à s'amuser !

Guillaume : rentrons discrètement et dépêchons-nous, ''il'' n'aime pas attendre.

Nos deux héros pénètrent dans la villa. Ils traversent quelques pièces soigneusement décorées et parviennent dans un bureau dont ils referment avec précaution la porte. Malgré le fait que le lieu soit désert une voix jaillit bientôt :

La voix : ah vous voilà ! J'ai failli attendre ! Bonjour Romain, bonjour Guillaume!

Guillaume et Romain en chœur : bonjour M. Robin Masters !

Ils se rapprochent d'un interphone placé sur le bureau.

Robin Master : les enfants je suis content de vous. Vous avez géré ce courant anarcho-droitier de mains de maîtres, quel talent !

Les deux anarcho-droitiers rougissent et se dodelinent en gloussant.

Robin Masters : en moins d'un an vous avez ringardisé les militants gauchistes les plus austères, ces fameux ''curés rouges''. C'était votre mission, vous l'avez accompli avec brio. On m'a même rapporté que certains d'entre eux se sont étouffés de rage en avalant leur poing...je n'en demandais pas tant.

Guillaume : on peut souffler un peu alors ? Parce que j'avais des projets pour l'été...

Robin Masters : oui...

Guillaume et Romain en chœur : ah !

Robin Masters : ...mais pas trop longtemps.

Guillaume et Romain en chœur : oh !

Robin Masters : j'ai besoin de vous à la rentrée pour une nouvelle mission. Un nouvel ennemi se profile. Autant le curé rouge était risible et faisait fuir les nouveaux militants qui ne partageaient pas son folklore, autant votre prochaine cible est pathétique mais attire malheureusement des boulets dans nos formations de la Gauche radicale. Ce sera à vous de la démolir.

Romain : on peut en savoir plus sur ce nouvel adversaire ? Un nom ? Une photo ?

Robin Masters : chaque chose en son temps. Pour l'instant allez retrouver vos invités et éclatez-vous ! On se retrouve début septembre.

Guillaume et Romain en chœur : ok patron ! Passez de bonnes vacances !

Robin Masters : bonnes vacances à vous aussi les p'tits gars !

To be continued ...



vendredi 6 juillet 2012

Red Priest Ultimate Free Fight World CUP II



Deuxième combat, toujours sur Facebook, à propos d'une désormais célèbreillustration issue du Fight Club anarcho-droitier sur la candidature NPA à Hénin-Beaumont, mise en ligne par un certain Erik. Tous les échanges ont été réalisé sans trucage.

Nils : et dans le rôle du premier ennemi du NPA... le NPA lui même ! et sa fraction GA qui semble prendre beaucoup de plaisir à jouer les liquidateurs.... euh... dites ? Quand est-ce que vous nous laissez militer ?

Florian : La GA ou comment dégouter de militer.

Erik : non je ne fais que marquer ma franche hostilité à cette ligne démentielle et forcenée qui est : "non à la droite de lepen à myriam martin.."

Guillaume : @ Florian : Ne raconte pas que c'est la GA qui t'as dégouté de militer, t'as arrêté il y a longtemps, tu as quitté le NPA à la première contrariété. La GA, elle, elle fait de la politique, elle critique, elle cherche à construire une suite à l'expérience du NPA, elle prend des risques, mais elle est pas là juste pour se trouver un groupe de copains ou occuper ses samedi après-midi.

Florian : En voulant liquider ce qu'est le NPA... Désolé mais si je dois partir d'une orga, je ne vais pas chercher à la détruire. Même en militant j'ai de l'éthique! Et s'il te plait, ne me manque pas de respect!!! Même si à la GA, cela devient visiblement une marque de fabrique.

Guillaume : le courant anarcho-droitier n'est pas l'organe d'expression de la GA. Nous sommes libres et indépendant !

Florian : Superbe bottage en touche, magnifique!!!!

Guillaume : Non vraiment, la GA je suis ça de loin, je reste un fidèle militant du NPA, avec cotisation à jour et abonnement à TEAN et TEAN Mensuel et tout et tout. La majo locale ne juge pas utile de me tenir au courant des activités de mon parti chéri, c'est pas du mépris çà ils doivent juste être débordés. Mais je ne leur en veux pas, et je ne compte pas quitter le NPA pour cette simple contrariété

Florian : Si tu veux savoir pourquoi j'ai quitté le NPA, demande le moi en direct. Ça sera beaucoup plus simple.

Guillaume : je te l'ai déjà demandé plusieurs fois et tu as toujours botté en touche. C'est ton droit, tu n'es pas obligé de te justifier, tu es un homme libre.

Florian : Enfin bref, moi on s'en fout. Pour en revenir au sujet, les façons de faire de la GA ne me donnent pas envie de revenir militer (peut-être est-ce plus clair pour toi?). Les petites magouilles entre amis, non merci!

Guillaume : quelles magouilles ?

Nils : "ligne démentielle"...tu as le sens de la mesure Erik, y a pas à dire. Mais saborder le parti avant de le quitter (en empochant 500 000 euros en passant) c'est pas démentiel, c'est juste dégueulasse. j'ai juste la nausée et une démentielle envie de chialer quand je vois ces petits montages,ces photos,ces jeux de mots, encore (presque) rigolos il y a quelques mois, et aujourd'hui insupportables...

Guillaume : mais non Nils, il faut pas pleurer ! Règle n°1 du militant bolchévique : ne jamais se faire dominer par ses émotions. Ne prenez pas le Courant Anarcho-droitier pour un rassemblement de saboteurs mais plutôt pour un vieux sergent bourru qui cherche à vous endurcir (mais qui dans le fond à bon cœur)

Seb : Comme dans Full Metal Jacket? La candidature de Mélenchon à Henin Beaumont, c'est pas de l'antifascisme, c'est du star system. Il prévient personne, pas de discussion unitaire, rien. Juste sa façon de faire parler de lui (et pas du front de gauche). Maintenant que c'est fait et que tout le monde est au pied du mur, je pense qu'effectivement, il faut retirer les candidatures de la gauche de la gauche.

Nils : je ne sais pas qui tu es Guillaume mais je crois qu'on ne se connait pas. C'est pas un concours de vanne la politique. Ce que j'ai mis ici, sur le post d'Erik, que je connais un peu, c'était sincère, rien à voir avec une formule qui fait gagner des points dans la bataille interne de l'orga. Je crois qu'on peut s'arrêter là.


Florian : Guillaume je t'ai connu moins prétentieux...

Erik : En même temps cet accord est normal, c'est dégueulasse aussi pour des militants comme moi de voir le "capital" LCR ne rester à l'usage que de la majo mais aussi de sectes comme le CRI. on est nombreux à avoir participé à la création d'un patrimoine et le partage est équitable et normal. C'est la "vrai" vie !

Florian : Ahahahah! Bah voyons! Bravo! Y a plus rien à rajouter!

Erik : Désolé mais c'est le vote du CPN Florian, après tu peux penser ce que tu veux mais le reste de valeurs qui nous unis dans ce courant politique c'est de ne pas se comporter en stal mais de négocier ce qui est juste. Ce n'est pas malheur au vaincu. D'ailleurs qui est le vaincu dans cette histoire ?

Florian : Qui n'a pas accepté de se retrouver en minorité? Qui a refusé de respecter le jeu démocratique? De torpiller la campagne Poutou? Qui est en train de magouiller pour partir avec le max de tunes?

Erik : mais voilà tu démontre en émettant de pareils saloperies que tu ne respectes pas la forme de la démocratie ouvrière. on a le droit de ne pas être d'accord, de partir et de négocier une "part" de ce qu'on a construit. te comportes pas comme ça Florian, ça t'honores pas ou alors je ne voudrais pas "vivre" dans une société comme tu la rêves. ni militer dans ton orga de référence

Florian : Je m'en fou, je ne suis pas au NPA. J'observe cela de l'extérieur et c'est bien la GA que ça n'honore pas. D'ailleurs, je ne vois en quoi ceux sont des saloperies mais tout simplement la "vraie" réalité. Serait-ce difficile de la reconnaître? C'est sûr que du coup le coup du"partage", c'est moins glorieux!

Erik : et bien que faisais tu hors les murs ? il fallait venir participer, donner ton avis, hurler et vomir les traîtres au sein de ce parti dont tu sembles un si fin connaisseur ! que faisais tu de ton temps libre ? en fait je m'en fous ! comme des commentateurs gauchistes avisés. les aristos rouges comme disent les Anarcho-Droitiers
Ça papote mais ça milite pas beaucoup

Florian : Justement, j'ai pas envie de perdre mon temps à me battre pour savoir si oui ou non on doit faire l'unité ou pas avec tel ou tel orga. Ça papote des élections, mais ça milite pas beaucoup. Je me rappelle la campagne des régionales où dans ma région a été fait le choix d'une position unitaire. On s'est retrouvé avec un apparatchik du PG en tête de liste, un carriériste à deux francs. J'ai bien fait de partir. J'aurai du mal à accepter de me faire poignarder par mes "camarades". Oups, aurai-je utilisé un mot d'aristo rouge? Et si tu t'en fous, ne pose pas la question.

Erik : voilà voilà, ben il te reste l'autonomie ou la religion en espérant que tu trouves le paradis, rouge ou céleste.

Florian : Le syndicalisme, tu connais?

Erik : le syndicalisme si je connais ? ben c'est un peu la colonne vertébrale de mon quotidien professionnel. mais avant de me traiter de traitre bureaucratique sache que je ne suis pas permanent mais "à la prod" pour 90% de mon taf. Le reste je milite oui et avec des prolos même, des comme t'aimerais mais suis pas sur qu'ils collent à tes fantasmes.

Florian : Donc dès qu'on n'est pas d'accord avec toi (voire avec vous) on est un curé rouge? De plus, tu ignores tout de mes fantasmes, comme tu ignores beaucoup de choses sur ma façon de militer et mes convictions. Mais c'est sûrement plus facile de me traiter de "curé rouge"...

Erik : mais tu as le droit de penser ce que tu veux Florian, le droit absolu, mais reconnait moi le droit de ne pas être d'accord en plus c'est toi qui as commencer à "balancer des saloperies sur la GA et l'accord financier, et même sur ce que j'en pensais. Je te reconnais même le droit de penser ce que tu veux de la GA et de ses militants. Mais j'ai le droit de te contredire ou te tacler quand tes propos sont limites orduriers. sur ce...

Nous n'avons pas la même vision
Florian : Je ne pense pas que cela soit des saloperies. Nous n'avons tout simplement pas la même vision. Et ce n'est pas parce qu'on est pas d'accord que l'on doit invectiver l'autre...

Erik : on laisser penser que notre ligne est liquidatrice et opportuniste c'est ordurier !

Florian : Alors désolé de l'être! La bise à Mélenchon!

Erik: bon ben adieu !

mercredi 4 juillet 2012

Revue de presse à partir d'un seul journal


On va peut-être enfoncer une porte ouverte mais il faut que vous découvriez, si ce n'est pas déjà le cas, un journal fâché avec tout le monde ou presque. Pif Gadget étant mystérieusement en rupture de stock chez notre buraliste préféré, nous nous sommes rabattu sur Fakir et on a vraiment savouré !

Entièrement rédigé et illustré par des bénévoles, dont François Ruffin, le journal Fakir propose ''une contre-information rigolote sur la forme mais sérieuse sur le fond, combative mais pas sectaire''. C'est nous tout crachés en format papier ! Le ton nous rappelle feu Le Plan B où la critique des médias serait remplacé par la critique des économistes mais où l'on retrouve de très bonnes enquêtes sociales.

Le numéro de mai-juin-juillet est particulièrement pertinent et nous souscrivons à 100% à la ligne éditoriale, on va vous montrer pourquoi.

Après un premier article hilarant sur un rêve du journal où la Gauche serait décomplexée, Fakir nous propose de prendre connaissance d'une note d'un ''broker'', le département de recherche d'une société de courtage. Celle-ci est extraite de la société Cheuvreux qui conseille 1200 banques et autres fonds de pension. La feuille de route des financiers recommande de faire pression sur Hollande pour libéraliser le marché du travail, laisser augmenter le chômage et, selon leur propre terme ''tromper le peuple''.

D'abord un peu étourdi après cette lecture, on se ressaisi, on s'énerve et on a envie de prendre un bazooka pour tirer sur la première banque venue. Et c'est en quelque sorte ce que nous conseille le dossier du journal. Celui-ci s'intitule ''L'art de la guerre''. Sept règles sont édictées pour se préparer à la bataille contre les financiers et leurs larbins politiques.

Ainsi il faut d'abord connaître l'adversaire. On peut entendre résonner les bruits de bottes tous les matins dans la presse d'affaires. Au fils des articles des Échos, du Figaro, de Challenges se dessine une feuille de route des prochaines agressions sociales des libéraux, de l'Irlande à Grèce, de l'Espagne au Portugal. Une fois le plan de l'adversaire connu, on s'appliquera à devancer les coups, c'est à dire à anticiper les mesures gouvernementales et donc à se mobiliser.

La troisième règle indique de réarmer les esprits. Dans une guerre, la première des batailles c'est celle des idées. Si nos contre-médias existent, ils sont encore maigres. Il faut rabâcher et rabâcher encore qu'il y a des alternatives à cette société endettée et exploiteuse, et oui nous pouvons changer les choses. Quels médias avons-nous pour cela ? «Des bouts de ficelle, des feuilles vieillies, des sites amateurs, des machins alternatifs...et dans notre ère de l'image, aucun ''BFM-TV de gauche'', qu'il nous faudrait pourtant. Au kébab de la gare du Nord, c'est sur BFM-TV qu'est branché la télé – la chaine du business au milieu des immigrés prolos» Et Fakir de nous conseiller de refaire en sens inverse le chemin parcouru par les libéraux.

Il faut ensuite désigner l'ennemi,à savoir repopulariser la lutte des classes (voyez-vous ça ?). Puis rassembler les troupes c'est à dire réunir à nouveau les classes populaires et la petite bourgeoisie intellectuelle. Fakir nous cite Lénine: ''une situation révolutionnaire éclate lorsque ceux d'en bas ne veulent plus, ceux d'en haut ne peuvent plus et ceux du milieu basculent avec ceux le bas''. Stop donc au mépris réciproque entre ceux qui réduisent les ouvriers à des ''beaufs'' vautrés devant TF1, soucieux juste de consommer et ceux qui en retour évoque les ''bobos'', ''les intellos'',''les fonctionnaires qui pondent des règlements''. Très bon ça, on adhère.

Avant dernière étape, il s'agit de renforcer les bataillons syndicaux. Le travail d'un syndicaliste qui défend ses collègues, leur explique leur droit et leur redonne confiance en eux, fait plus que cent ultrarévolutionnaires du verbe.

Enfin nous serons prêt à la bataille lorsque nous saurons maintenir le mouvement. Et ce mouvement passe par des partis politiques de gauche qui doivent être non seulement des portes-voix des luttes sociales, mais qui proposent également des solutions et des débouchés politiques. Fakir apporte un soutien très sceptique au Front de Gauche, en pointant les nombreux manques dont la sociologie des militants qui n'est pas encore à l'image de la France. «A nous de les asticoter, de les pousser, de les encourager sans acrimonie ni amertume... pour qu'entre encore au Front de Gauche l'air du dehors.»

Pour compléter ce dossier, Fakir présente la réédition sous le titre ''Être radical'' du ''Manuel de l'animateur social'' de Saul Alinsky . Ce sont les recettes d'un activiste qui mobilisa le Ghetto de Chicago dans les années 1970. En voici un extrait pour vous faire saliver : «Il existe certaines règles pour le révolutionnaire qui veut changer le monde, il existe certains fondamentaux de l'action politique qui jouent indépendamment du temps et du lieu... C'est ce qui fait toute la différence entre un radical réaliste et un radical de papier qui se sert de vieux slogans usés comme ''sale flic'' ou ''sale porc fasciste, raciste''. Il est étiqueté du premier coup. Si un véritable radical découvre que ses cheveux longs constituent un handicap, une barrière psychologique pour communiquer avec les gens et les organiser, il les fait couper. Si je devais organiser une communauté juive orthodoxe, je ne m'amènerais pas en mangeant un sandwich au jambon, à moins que je ne cherche à être rejeté et à avoir une bonne excuse pour me défiler.»

On ne dit pas autre chose sur ce blog.

Courez acheter ce numéro de Fakir, il vous reste un mois.



samedi 30 juin 2012

Le Survivalisme de Gauche


Depuis la seconde moitié du XXème siècle les prédications anxiogènes, souvent alimentées par des médias en quête d'audience ou des politiciens jouant sur la peur, se sont multipliées : guerres nucléaires, crise pétrolière, bug de l'an 2000, 11 septembre, réchauffement climatique. Nombreux sont ceux qui se sont interrogés sur leur capacité à réagir à des situations extrêmes de chez extrême. Une des réponses a été le survivalisme, qui a donné le stéréotype de l'homme solitaire avec son AK-47 défendant un bunker rempli de boîtes de conserves.

Plus innocent que les médias-menteurs et les politiciens démagogues, le cinéma s'est emparé de ce thème scénaristique. Légions sont les films plaçant un groupe humain isolé face à une menace : nature hostile, autres groupes humains prédateurs (Délivrance), animaux sauvages, monstres, tueurs psychopathes... c'est un genre cinématographique à part entière. Parfois les scénaristes vont faire jouer leur imagination avec une catastrophe majeure : réchauffement climatique entrainant une élévation des océans ( Waterworld ); dépérissement des structures étatiques (Mad Max); après-guerre nucléaire (Mad Max II ou mieux encore la série Jericho); épidémie mondiale (28 jours plus tard ). Notons pour rigoler les nanards américains des années 80 qui anticipaient une invasion soviétique des États-Unis tel Aube Rouge. Le spectateur observera non seulement les tentatives de survie des héros mais aussi les interactions sociales qui en résultent.

La ''philosophie'' survivaliste a rapidement entrainé des dérives sectaires. Certaines églises évangéliques se préparent à l'apocalypse biblique tandis que des groupes néo-nazis se préparent à combattre militairement des complots sionistes ou des invasions islamiques, pur produit de leur fantasmes de détraqués. Pour mieux illustrer ces dérives, lisez les bandes dessinées de Roger Martin et Nicolas Otéro Amerikkka qui enquêtent sur les groupuscules d'extrême-droite aux États-Unis. Le tome 3 Les neiges de l'Idaho s'inspire de ces tarés millénaristes. Ce sera le dernier conseil culturel de cet article.

En effet, les dérapages sont faciles. Par exemple si je stocke des vivres, il me faut pouvoir les protéger contre des pillards, donc je suis pour la liberté de port d'armes; si les ressources sont limitées je privilégie mes proches ou j'élimine les ''faibles'' donc je suis pour l'eugénisme etc etc...
L'image du survivaliste, souvent confirmé dans la réalité, est devenue celle d'un paranoïaque, surarmé, barricadé, misanthrope et facho.

Mais des citoyens ordinaires, eux-mêmes préoccupés d'anticiper des situations à risques, ont tenu à se distinguer des barjos cités ci-dessus. Il ne s'agit plus simplement d'imaginer une catastrophe globale, mais d'abord de se préparer à des problèmes qui peuvent nous toucher individuellement : accidents de la route, incendie, coupure prolongée de courant. Il conviendra ensuite de prévoir des solutions, non pas en cas d'invasion de zombies, mais en cas d'évènements à échelle régionale ou nationale comme des ruptures d'approvisionnement de nourritures, des ruptures de services publics (plus de police ou plus de pompiers). Enfin on peut s'interroger sur ce qu'il faut faire pour se préserver d'une catastrophe économique, ce n'est pas du tout de la science-fiction, parlez en aux grecs, ils vous le diront.

Préparer, prévoir, prévenir, sont les mots d'ordre de ces citoyens ordinaires. Ils se nomment des ''preppers'' de prepping, diminutif anglais informel de ''se préparer''. On appelle ça aussi le néosurvivalisme. Nous, on l'appellera le survivalisme de gauche et on va vous dire pourquoi.

Une des clés de voute du néosurvivalisme est l'aptitude à interagir en collectif. Cela signifie devenir de plus en plus engagé avec ses voisins, son quartier. Car à petite échelle, nous expliquent certains preppers, dans une situation de crise, les gens peuvent s’aider ou s’entretuer…et tout dépend en général des relations qu’ils avaient avant. Si un tissus social sain, à savoir des liens de coopération réels et égalitaires, existe avant une catastrophe, spontanément cette solidarité se retrouvera en temps de crise.

Car il y a deux écoles : ceux qui pensent que l'homme est un loup pour l'homme, et que la seule loi valable est la loi de la jungle; et ceux qui pensent que la meilleure protection de l'homme c'est le groupe. Ainsi lors de l'ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans, on a vu certes des scènes de pillages, complaisamment relayées par les télés, mais il y a eu aussi des quartiers, des immeubles où les habitants se sont organisés, ont protégé les blessés, mutualisé les ressources et même organisé des loisirs. Pour donner un exemple encore plus basique, observez des entreprises qui cherchent à dégraisser du personnel. Là où il y a des syndicats, les travailleurs ont plus de chances de s'en tirer.

Enfin, le survivalisme de gauche c'est tout simplement tenter de s'affranchir des dépendances que cherche à nous imposer la société de consommation. C'est du survivalisme à mémé en somme, qui fait son jardin et stocke des pots de confitures fait maison. En cela, le survivalisme de gauche se rapproche des décroissants.

Interrogeons-nous aussi sur la part de la population en France qui a des notions de base en électricité, en plomberie, en mécanique. Ou pire encore de secourisme. Beaucoup parmi nous se retrouvent complément déboussolé devant une fuite de robinet, un grille-pain HS ou un grand-père faisant un malaise. Pourquoi ne réclamerions nous pas des pouvoirs publics que l'école nous enseigne ces connaissances de base de la débrouille ? '' Quand j's'rais grande j'veux être heureuse, Savoir dessiner un peu, Savoir m'servir d'une perceuse, Savoir allumer un feu, '' disait une chanson de Renaud.

Car c'est bien gentil de savoir expliquer la baisse tangentielle du taux de profits ou la lutte des classes dans la société anglaise du XIXème siècle, mais il importe aussi de savoir quoi faire le jour où internet est en panne.

Nous en tous cas, on va stocker du vieux whisky et des livres reliés cuir, on sera paré à toute éventualité.


Ps : le monde des preppers et autres néosurvivalistes étant lui aussi bien parasité par des cramés de la tête du genre conspirationnistes et autres soraliens, nous ne mettrons aucun lien vers des sites. Si vous voulez en savoir plus, démerdez-vous.

jeudi 21 juin 2012

Vous supportez encore ce blog, vous apprécierez sa troisième B.O


Aujourd'hui c'est le 21 juin et c'est la fête de la musique. Toute l'équipe du Courant Anarcho-droitier a tenu à apporter sa contribution à cette charmante manifestation que le monde entier envie à Jack Lang. Ceci dit, fête de la musique ou pas, point ici de chanteurs chanteuses engagés parce que les injonctions à s'indigner, même en rimes, ça fait longtemps que ça nous saoule (oui c'est de toi qu'on parle Jolie Môme !). On ne fera pas non plus semblant d'écouter du rap pour être certifié ''origine quartiers populaires contrôlée'', c'est un style musical que l'on connait mal, on ne demande qu'à s'ouvrir mais pas ce soir.

Dans le genre folklore on s'est juste permis les Brassens Not Dead, où l'intro "Mort aux vaches" est un peu la tarte à la crème du neuneu punk à 33 Export, mais que voulez-vous, dans anarcho-droitier il y a anarcho.

Alors ce soir, que vous soyez assis sur le capot d'une voiture au milieu d'un parking de centre commercial désert, à boire des bières chaudes ou dans un salon canapés cuirs sirotant un vieux whisky, montez le son, jouez au cap's avec vos badges de Lénine, et au frisbee avec vos CD de chants révolutionnaires.

On l'a dit et répété : les rockers c'est nous !






PS : Petit détail technique, il semblerait que les fascistes de Deezer ne veulent plus nous laisser écouter gratuitement nos musiques préférées et limitent l'écoute à trente secondes pour les morceaux récemment mis, excepté si vous avez des abondements. Nous sommes très déçus et nous tenterons de trouver une nouvelle plate-forme d'écoute plus cool.


PS2 : En fait ça ne limite le temps que sur certains morceaux lorsque l'on utilise  la playlist générale dans la colonne de droite. Tans pis, on a déjà cassé des meubles chez nous.

mercredi 20 juin 2012

Exemple réussi de message simple, clair et coquin

On ne répétera jamais assez la force d'un message présenté avec humour. Associer une émotion (tristesse, colère ou bonne humeur) à une information est un moyen mnémotechnique pour bien la retenir et avoir envie de la partager à son tour. L'humour a l'avantage sur d'autres tons de mettre le récepteur du message dans une disposition agréable et augmente le capital de sympathie de l'émetteur. Si en plus on ajoute une connotation un peu polissonne, le message ne s'en trouve que plus renforcé, sans doute une question d'hormones titillées. 


Pour celles et ceux qui ne parleraient pas anglais, prenez un dictionnaire.

( photographie relevée par Jacob Vardy)

lundi 18 juin 2012

Red Priest Ultimate Free Fight World Cup I

Premier combat : GA Vs Red Crazy

Voici une nouvelle rubrique dans le Fight Club, une sorte de retour aux sources. Nous avons décidé de publier les ''meilleurs'' échanges entre curés rouges et autres militants, issus des réseaux sociaux. Toutes les prises ont été réalisées sans trucages mais attention chers petits amis, elles ont été exécutées par des professionnels, n'essayez donc pas de les reproduire chez vous.




Premier combat : sur Facebook, à propos de la publication d'un article de presse mentionnant le soutien de la Gauche Anticapitaliste locale à la candidate du Front de Gauche aux législatives.

Patrick: HONTE AUX FÉLONS...

Alex: cela montre surtout que la GA ne pèse pas grand chose, incapable de présenter plus de quinze candidats, même pas capable d'imposer au PC Myriam Martin comme candidate dans une circonscription sans enjeux, la GA en est réduite, après avoir soutenu Mélenchon contre Poutou, la soutenir les candidats du FdG contre ceux du NPA, c'est un beau suicide politique en direct

Jean Mi Aragon: Je vous félicite à la GA. Vraiment de belles recrues au FdeG. Une seule question, vous quittez quand le NPA ? On ne veut plus de vous. Mais surtout continuez votre travail de sape dans les partis du FdeG, ils vont adorer.

William : faudrait vous renseigner un peu sur la situation locale avant de couiner ou de faire vos vierges rouges effarouchées. Si la P2 locale avait voulu nous pousser dans les bras du Front de Gauche, elle n'aurait pas fait autrement que ce qu'elle a fait

Jean mi Aragon : lol! dehors du NPA la GA.

William : la dernière fois que j'ai fait une réunion avec la chef de file de la P2 locale c'était pour préparer la conférence nationale de juin 2011. Vexée d'avoir été mis en minorité elle s'est énervée, puis s'est mis à pleurer, puis s'est re-énervée puis nous a balancer des tracts à la figure

Jean Mi Aragon: Ton histoire, on s'en fout, nous soutien le NPA, sa direction, ses candidats. Va ou tu veux, il y a de super partis au FdeG.

"vous passez vraiment pour des gros sectaires aigris et fielleux"
Stéf: Si vous saviez l'image que vous donnez du NPA, les Jean Mi Aragon et autres, pour des gens comme moi qui n'en font pas partie vous passez vraiment pour des gros sectaires aigris et fielleux.

Jean Mi Aragon : On vous demande pas de nous aimer, d' accepter notre point de vue, on vous demande de dégager du NPA. Votre avis à la GA, on a rien à faire, voyez moi je suis toujours poli et gentil, dehors rejoignez vos vrai amis du PC. Suis je clair ? le temps de la discution est passé avec la GA. Vous avez dépassé toutes les bornes, alors partez, ou EXCLUSION. Vous l'avez bien cherché !

"Le temps de la discution est passé...alors partez ou EXCLUSION"

William: toi jean Mi Aragon t'es un gratiné ! la vision politique que tu défends c'est "ferme ta gueule et marche au pas" et après ça vient parler d’émancipation. Des gens comme toi ça me donne envie de... rester au NPA. Exclusion ? chiche mais j'en crois pas la majo capable

Jean Mi Aragon: Moi, je suis marxiste, et NPA amis avec les libertaires, vive la commune. Aller, vous faites quoi au NPA ? rien, oh excusez détruire. Et c' est nous qui avons tord; Dans tous les partis, la règle on soutien ses candidats, ou exclu. Au NPA idem. Vous êtes rien, et surtout faites la même chose que vous avez fait, au PC ou au PG, il vont adorer mdr...

William : tu as une version très caporaliste du monde libertaire !

Jean Mi Aragon : pas de chance, Alternative libertaire est ok avec les propositions du NPA. Sa direction bien sûr, pas vous à la GA. Au fait rien compris vous êtes quoi au juste, à part des soutiens au F de G qui refuse d' interdire tous les licenciements et qui refuse d'interdir tous les licenciements et accepte de 5 à 10 % de travail précaire, plus l' alliance de fait avec le PS, le F de G refuse une opposition de Gauche. Tu t' es trompé de parti William, vive le F de G mdr..................Mais si je représente que moi, j'aime le NPA et sa direction. A mille lieu de ce que tu es.

Erik: Jean mi j'aimerais pas vivre dans le monde socialiste que tu as l'air de vouloir construire car ça a le goût du goulag. Quant à Alex sa manie de s'exciter sur chaque post de Myriam ça sent la frustration malsaine.

Jean Mi Aragon: je vis avec 475€ comme 8 millions de pauvre. Au NPA on dit, pas un revenu en dessous de 1700 € pour en finir avec la pauvreté, battez vous pour ce que vous voulez et insultez moi à loisir, moi je me bat pour en finir avec la pauvreté et le capitalisme. Faire de la politique, c'est régler les problèmes de la population, ce n'est pas injurié, les salariés et les chômeurs, vraiment la GA dégagez du NPA. ON A RIEN EN COMMUN. Faire de la politique, c' est essayer d' apporter des solutions à ceux qui n' en peuvent plus du capitalisme. Alors les leçon vous les gardez pour vous, et vous dégagez du NPA. Nous sommes anticapitalistes, humanistes, vous vous êtes rien.

Erik: ben mon gars si tu attends du NPA une amélioration de ta situation t'es pas sortie des ronces !En même temps ta critique de la GA est tout sauf politique et rationnelle excuse du peu mais il ne doit te manquer que de nous traiter de fasciste.

Laurent: Non Erik il oublie aussi de demander qu'on nous fusille dans le dos comme les félons que nous sommes...

"Vous n'avez rien à faire au NPA, même pas humain"
Jean Mi Aragon: moi je fais de la politique pour changer la vie, vraiment désolé, on a pas les mêmes valeurs. Vous n'avez rien à faire au NPA, même pas humain.

Erik: même pas humain ?!! ah mais on s'approche de l'autorisation de nous mutiler avant de nous désosser !!!

Didier: Mais Myriam, si ceci semble pour vous l'exemple à suivre, quittez le NPA et intégrez le FDG, soyez cohérents. Vous faites campagne pour des candidats du FDG contre ceux du NPA avec les finances de ce même NPA. Quel autre parti accepterait ça? Le PCF? Le PG? contrairement à ce que dit cet article vous êtes une minorité et heureusement. Nombreux sont les militants GA qui n'acceptent pas votre orientation autoritaire et antidémocratique. Alors BASTA rejoignez le FDG et cessez d'alimenter les commentaires de la presse de droite qui voit avec vous un bon moyen de discréditer l'anticapitalisme.

Yves: @ Alex , je ne répond plus,t'as montré ta grave connerie dans tes derniers mail, qui me donne encore +envie de quitter vite ce parti qui va à mon sens dégénérer vite fait ...

Ce sera tout pour aujourd'hui. Si vous avez des extraits de débat, n'hésitez pas à nous en faire part.


mercredi 13 juin 2012

Peut-on faire de l'humour avec la crise au Portugal ?


Par notre envoyé spécial au Portugal

Le Portugal s'en est pris une sévère, de crise économique. Contre un prêt de 78 milliards d'euros généreusement accordé par la troïka UE-BCE-FMI, le pays doit entreprendre un vaste programme de rigueur : coupe budgétaire dans les aides sociales, dans le budget de la santé, gel des salaires dans le secteur publique pendant quatre ans... Les résultats ne se sont pas fait attendre : deux millions de portugais vivent sous le seuil de pauvreté (sur dix millions d'habitants), on manque de matériel de base dans les hôpitaux et on a constaté un pic anormal de mortalité en février dernier.

Le premier ministre ne peut plus faire de déplacement sans être hué et le président de la république a déjà été obligé de fuir les manifestations. Deux grèves générales ont eu lieu le 24 novembre 2011 et le 22 mars 2012. Malgré des résultats en demi-teintes, les manifestations de ces journées ont été violemment réprimées par la police. La contestation sociale se partage entre deux états majors : la CGTP, grosse confédération syndicale coco old school et la plate-forme 15-O constitué du Bloc de Gauche, d'organisations de précaires et d'activistes des droits humains.

Pendant ce temps là des trublions se produisent tous les soirs à la télévision et osent même battre les records d'audience du foot. Ces rigolos s'appellent Nuno et Vasco Duarte, deux frangins. Ils improvisent des sketchs filmés en pleine rue et rediffusés aussitôt. Ils s'inspirent de deux personnages créés durant la Révolution de Œillets. En lutte, disent-ils, contre le pouvoir financier comme ils l'étaient hier contre la dictature. Avec toujours la même arme : le rire. «Nous revendiquons le droit à l'incohérence, à l'irresponsabilité et surtout à l'association de la crise à la fête, les difficultés à la joie».

Un jour, le duo s'installe devant le siège national du parti socialiste. L'opposition socialiste ayant besoin d'un leader fort, les frères Duarte organisent un concours de bodybuilders pour remplacer le ''veule'' Antonio Seguro. Des dizaines de passants s'arrêtent, se marrent et filment la scène avec leurs portables. Une autre fois ils se présentent devant les ministères déguisés en brésiliennes glamours et girondes pour proposer des aides financières en provenance de l'ancienne colonie.

Leur symbole est composé d'une guitare croisée avec...un mégaphone, tiens donc ! Ils détournent l'iconographie révolutionnaire sur leurs affiches, se mettant en scène façon réalisme-socialiste et révolution culturelle.

Nuno et Vasco ont formé un collectif de six artistes, Homens da luta (les hommes en lutte) qui se sont forgés une réputation en faisant des tournées dans les villes et villages du pays. Ils proposent un mélange de musiques traditionnelles portugaises sur fond de paroles révolutionnaires. Leur public est composé de jeunes diplômés et précaires qui les accompagnent dans les cortèges des manifestations. Ils deviennent ainsi des figures connues des mobilisations, donnant le sourire au gens et c'est important avant le départ d'un cortège. Associer des visages, des personnages, au sens théâtral du terme, est un élément important dans les facteurs mobilisateurs pour un mouvement.

L'année dernière, Homens da luta représentait le Portugal à l'Eurovision avec leur chanson A luta e alegria (la lutte c'est la joie), une parodie d'une chanson révolutionnaire de 1974.

Pour vous, lecteurs chéris, une vidéo donnant idée de leur activisme :


Et pour plus d'info, voilà un lien vers un reportage d'Arte :



mardi 5 juin 2012

Si les partis de Gauche étaient des pochettes de disques...

On aurait :

Le Parti "Socialiste"

Pour ceux qui croient encore au Père Noël de Gôche, vu la tronche qu'il fait, ça sent la rigueur.


Les Verts

Un peu trop de rouge sur la jaquette, sinon Cohn-Bendit, Bové et Mamère font les faux-culs autour de Joly


Le Parti Communiste Français

C'est Bernard Thibault à l'accordéon qui nous y a fait penser, désolé...

Le Parti de Gauche

C'est nous ou il a un gros air de Mélenchon ?

Lutte Ouvrière

Ils ont beau vouloir faire des efforts, avec eux le communisme ne sera jamais sexy 

La Gauche Anticapitaliste

On anticipe les contre-attaques


Et enfin, le Nouveau Parti Anticapitaliste

Sans commentaire




mercredi 30 mai 2012

Voyage d'exploration à Presles


ou comment j'ai (discrètement) picolé à la fête de Lutte Ouvrière

L'article sur la bibliothèque de LO a fait surgir une idée saugrenue dans mon petit cerveau de schizophrène rigolo : ''et si j'allais à la fête de LO qui justement, oh hasard facétieux, se tient ce week-end ?''

Et c'est ce que j'ai fait. Pour la première fois. Je suis plus habitué à la Fête de l'Huma dont les trois dernières fois j'ai dû me jurer que c'était la dernière fois que je m'y rendais. Mais j'y retournerai sans doute. C'est donc avec un œil d'anthropologue et un œil d'anarcho-droitier que j'ai arpenté les allées de la fête.

La première chose qui marque lorsque l'on arrive sur le site c'est la verdure. Les stands sont installés dans le parc autour du château de Presles, propriété du parti trotskyste. Lors d'un week-end ensoleillé comme ce fut le cas durant cette session, le cadre est très agréable et apaisant. L'extrême propreté des lieux retient ensuite l'attention. Des militants circulent constamment pour faire disparaître les rares déchets abandonnés, si bien que l'on n'ose pas jeter un seul mégot (et ce n'est pas plus mal).

Le programme de la fête laisse une place très importante à la culture et à la science. Cinq librairies sont abondamment fournies par genre ou thème : romans, documents, témoignages, histoire du mouvement ouvrier, ouvrages de vulgarisation scientifique, livres d'occasion... Des écrivains viennent parler de leurs livres. Cette année on pouvait croiser Didier Daeninckx, Jean-Luc Einaudi, Jean-Jacques Marie, Serge Halimi...

Une cité des sciences propose un programme de mini-conférences tenues par des militants ou par des chercheurs invités : biologistes, généticiens, physiciens, chirurgiens, historiens des sciences, astrophysiciens... Les thèmes sont variés et présentés souvent avec humour, voici quelques titres pour vous donner une idée : crème ou mousse au chocolat, mais pourquoi c'est bon ? Quand les baleines avaient des pattes ; les mathématiques contre le paranormal; les neurones de la lecture; faire le point en mer, de la navigation à vue au GPS...

Comment des militants si humanistes dans leur activités extra-politiques peuvent-ils être si obtus dès qu'ils parlent politique ? La réalité de LO s'est rappelée à moi lors de l'allocution de Nathalie Arthaud ou lors des débats organisés dans la fête. En gros, comme depuis quarante ans, point de salut en dehors du marxiste-léninisme le plus chimiquement pur, seul un parti communiste révolutionnaire de masse nous sauvera du capitalisme mais hélas les conditions ne sont pas encore réunies pour le créer.

A noter le débat LO/NPA dont le thème était ''quelle politique face à la situation crée par les élections ?'' En fait de débat c'est une battle entre les deux formations pour savoir qui a la plus grosse dialectique. Un membre de la majo du NPA, postier mais pas ex-porte parole, s'est fait donner une leçon de catéchisme marxiste par les profs de LO. Aucun intérêt si ce n'est voir un curé rouge se faire moucher par plus curé que lui.

Sinon le public de la fête est pour le plus grand nombre prolo, avec beaucoup de familles, d'enfants et d'ados. Et il est ici temps de rétablir une vérité : on peut boire de l'alcool à la fête de LO ! Et pas seulement en commandant un repas. On trouve, suivant les stands, bières, vodka, margarita et même champagne. Alors forcément j'ai bu plus que j'aurais dû, juste histoire de dire que je me suis dépravé dans le bastion de la morale prolétarienne mais … avec la Kronenbourg, passé 17 ans, on a plus vite mal au ventre qu'à la tête.

Bref, dans le cadre d'une fête militante de gauche, si vous voulez vous déchirer la gueule et dormir par terre, allez à la fête de l'Huma, si vous voulez passer un week-end en famille allez à la fête de LO. 

Fête de l'Huma 2007



Fête de LO 2012


vendredi 25 mai 2012

A propos du syndicalisme étudiant


Il fut un temps où nous n'étions pas anarcho-droitier. Nous avons même eu, nous pouvons maintenant l'avouer, notre propre période curé rouge. C'était il y a longtemps il y a prescription et nous nous sommes défroqués.

Il y a dix ans nous étions étudiants. Bon, on était plus souvent dans les couloirs que dans les salles de TD et on découvrait les amphi au moment des assemblées générales. Car oui, nous avions les cheveux plus longs et nous étions syndicalistes étudiants.

Ah! Le syndicalisme étudiant... (soupir)

C'est tout un poème raté qui parlerait d'une usine à gaz.

Tout le paysage politique est représenté en modèle réduit sur les campus : quelques fafs, plutôt discret excepté quelques fac; quelques étudiants de droite membres de l'UNI / MET, caricatures d'eux-mêmes; beaucoup d'étudiants et d'étudiantes membres d'associations plus ou moins droitières, plus ou moins fines et une galaxie d'étudiants de gôche.

Dans cette galaxie, il y a le poids lourd: l'UNEF. L'union nationale des étudiants de France. Organisation centenaire, dont soixante ans en tant que syndicat. Son histoire suit les méandres de l'histoire des partis de gauche. L'UNEF est allé de scission en contre-scission, de putsch en contre-putsch, d'UNEF Canal Historique en UNEF Véritable. Les étudiants du PCF, du PSU, de la LCR, de la SFIO et du PS s'y sont croisés, affrontés, alliés, trahis, réconciliés et retrahis. Au début des années 2000, l'UNEF-ID (tendance PS) s'est réunie avec l'UNEF-SE (tendance PCF), du moins avec la poignée de petits cadres fidèles à la ligne de Marie-George Buffet, c'est à dire peu de chose, un logo en somme.

Le reste s'éparpille dans une myriade de petites structures : SUD Étudiant, FSE, CNT, AGEN, FSEUL, Fac Verte, Coordination machin chose, Comité pour un vrai syndicat étudiant parce que les autres c'est des faux, étudiants basques, étudiants occitans, étudiants bretons, Organisation des étudiants inorganisés, etc, etc …

Remarquons aussi la Confédération Étudiante, qui après s'être atrophié l'amour propre, a eu l'audacieuse idée de devenir une CFDT étudiante. Il y a des jeunes qui savent nous faire rêver.

Pour revenir à l'UNEF, les combats de poussins parmi les cadres n'ont rien à envier aux compétitions de leurs ainés PS ou PCF. Beaucoup fantasment de brillants plans de carrière et se dépensent sans compter dans le syndicalisme, au détriment de leurs études, en espérant être remarqué. Ils expérimentent alors maladroitement pour la première fois l'adage '' la fin justifie les moyens''. Leur engagement oscille donc entre paillasson dévoué et apprenti mafieux. Mais il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus. De toute façon, les futurs chefs de partis, les futurs ministres se recrutent dans les grandes écoles, pas à l'université publique. Eux seront au mieux assistants parlementaires, conseillers municipaux, secrétaires de fédération ou permanents de mutuelle étudiante.

A l'autre bout de la galaxie étudiante de gôche, les gauchistes restent fidèles à eux-mêmes. Aux appels à l'unité et à la création d'un grand syndicat étudiant de lutte, régulier comme les marronniers, répondent les scissions et les querelles de théoriciens en herbe. Ils compensent leur sous-effectifs par un activisme intense, et compromettent eux-aussi souvent leurs études. Le sectarisme le dispute parfois à la naïveté des premiers engagements politiques.

Repêché au fond de nos archives personnelles, voici ce que l'on écrivait il y a un peu moins de dix ans pour expliquer aux étudiants gnan-gnan ce qu'est un syndicat étudiant ( nous avons corrigé les fautes d'orthographes et nous vous avons épargné la mise en page d'autiste) :

[…] notre engagement vient principalement d’un ras-le-bol: ras-le-bol de voir nos potes salariés échouer à leurs examens, ras-le-bol de voir les prix du RU et des cités-U augmenter sans pouvoir protester, ras-le-bol de découvrir par hasard que des réformes se font à notre détriment sans qu’aucun étudiant ne soit au courant. Que fait-on alors pendant une année universitaire quand on est syndicaliste? Suivre d’abord nos cours, parce que nous sommes avant tout étudiants. Puis informer des réformes en cours et des décisions prises dans les conseils de l’université. Défendre les étudiants confrontés à des difficultés. Enfin nous organiser, c’est à dire créer des rapports de force entre les administrations ou le ministère, seul moyen efficace pour défendre nos intérêts collectifs et gagner de nouveaux droits …

L'ensemble garde une certaine sincérité excepté, vous l'aurez compris le '' suivre d'abord nos cours '' qui est plus une méthode Coué que la réalité. C'était aussi une façon de rassurer l'étudiant lambda, qui bien que sympathisant de nos idées et de nos méthodes, n'osait jamais franchir le pas de peur de nous ressembler un jour. Pensez-y lecteurs et lectrices syndicalistes étudiants : pour recruter du monde il ne suffit pas d'avoir les meilleurs idées, il faut faire envie et rassurer le candidat.

Ce qui est encore excusable à la fac ne l'est plus quelques années plus tard.

table d'information syndicale, en fin de soirée vers 2003, archives personnelles

mercredi 23 mai 2012

La séance ciné du Fight Club


L'autre jour donc, on vous racontait comment Lutte Ouvrière formait en partie ses militants grâce aux romans. C'est une putain de bonne idée. Mais pourquoi ne pas faire la même chose avec le cinéma ? Le principe reste le même : découvrir des grands thèmes politiques et des évènements historiques de références pour le mouvement ouvrier tout en passant un agréable moment. Ces premières découvertes faciliteront ensuite l'approche de documents plus étoffés. Ils seront également plus aisés à citer en exemple auprès du grand public : on connait plus facilement Les Misérables de Victor Hugo (même quand on ne l'a pas lu) que Matérialisme et Empiriocriticisme de Lénine.

Nous allons reprendre la liste de thèmes cités lors du précédent billet et nous vous en proposons des équivalents cinématographiques :

sur la lutte des classes et la classe ouvrière vous pouvez regardez Violence des échanges en milieu tempéré et Ressources humaines, les deux films se passent dans des usines soumises à restructuration, à chaque fois un jeune cadre débutant est confronté à des choix sociaux, l'un trahira, l'autre non;

pour connaître la mentalité de la bourgeoisie contemporaine, autant voir les derniers films de Claude Chabrol, La fille coupée en deux ou La fleur du Mal;

sur la guerre de 14-18, Les sentiers de la gloire de Kubrick sont tout trouvés pour apprécier la mentalité des officiers aristocrates et des soldats prolos;

à propos du stalinisme, L'aveu de Costa-Gavras est incontournable, Yves Montant y joue le rôle d'Arthur London, auteur du livre éponyme, un des rares survivant des purges en Tchécoslovaquie en 1951;

sur la guerre d'Espagne Land and Freedom de Ken Loach est très pédagogique (peut-être même un peu trop);

pour la Shoah, Nuits et brouillard d'Alain Resnais est bien sûr une étape clé dans la compréhension du phénomène spécifique de l'extermination des juifs par les nazis; on peut voir aussi Le Pianiste de Polanski ou Amen de Costa-Gavras;

un seul film à voir et revoir pour saisir ce qu'était la résistance pendant la seconde guerre mondiale, L'armée des ombres de Jean-Pierre Melville;

contrairement à une légende tenace, il existe beaucoup de films traitant de la guerre d'Algérie, y compris des films français; on regardera La bataille d'Alger de l'italien Pontecorvo, Avoir vingt ans dans les Aurès de René Vautier ou plus près de nous L'ennemi intime réalisé par Florent Emilio Siri, film de guerre bien travaillé;

la guerre américaine au Vietnam a, elle, consommé énormément de bobines de films, nous avons choisi Full Metal Jacket de Kubrick, Platoon et Outrage de Brian de Palma; le premier retrace le lavage de cerveau fait aux soldats américains, les deux autres montrent la folie en retour d'ascenseur qui gagneront les GI's une fois là-bas;

pour la question des noirs aux États-Unis voir Malcolm X de Spike Lee;

sur le conflit irlandais on regardera Michael Collins pour un point de vue nationaliste, et Le vent se lève de Ken Loach pour un point de vue républicain;

sur l'extrême-gauche en générale et la LCR en particulier, on verra Mourir à 30 ans de Romain Goupil, un ex-camarade.

Enfin regroupons ici pour terminer quelques autres fictions sur divers thèmes : Capitaines d'avril de Maria de Medeiros à propos de la Révolution des Œillets au Portugal; Little Big Man et Soldat Bleu à propos du génocide indien durant la conquête de l'Ouest; Z et Missing de Costa-Gavras l'un sur le putsch en Grèce, l'autre sur le putsch au Chili …

Cette liste est évidement non exhaustive, comme pour les romans vos conseils sont les bienvenus.