Il y en a encore quelques-uns qui
confondent ''organisation politique'' et ''bande de potes''. Écrire
cela peut donner l'impression de défoncer une porte ouverte, sauf
que cette porte a tendance à se refermer rapidement (c'est aussi vrai pour le post-it précédent).
Qu'un parti politique ou un syndicat
soit un lieu de socialisation est une évidence. On s'y regroupe par
affinité politique, on partage des valeurs communes, tout ceci aide
à fraterniser....
Sauf que cela n'est absolument pas une
obligation. On peut partager des idéaux communs et ne pas pouvoir
blairer le militant ou la militante d'à côté. C'est humain, on ne
peut pas plaire à tout le monde. Bien sûr c'est plus compliqué
pour s'organiser sereinement mais cela reste possible. Des militants
plus responsables que d'autres doivent savoir gérer les relations
humaines du groupe.
L'ensemble des militants doit
surtout savoir faire la distinction entre ce qui relève de
l'affectif et ce qui relève du politique. A chacun de se poser la
question suivante : « est-ce que je m'oppose à cette
personne parce que ses positions politiques me heurtent ou parce que son
caractère m'insupporte ? » En d'autres termes, les
relations entre militants ne doivent pas interférer dans le
fonctionnement de l'orga.
Prenons un exemple au hasard : Jean-Luc
Mélenchon. On en voit sourire certain derrière leur écran, on a
pourtant dit ''au hasard''. Loin de nous l'idée de considérer
Méluche comme un connard, ni comme un saint homme intouchable non
plus. Cependant il est extrêmement agaçant d'entendre des critiques
à propos du personnage relevant seulement de l'affectif et non du
politique : « non mais tu vois, Mélenchon j'le trouve trop
arrogant, il m'énerve avec ses postures de tribun-troisième
république, il ne m'inspire pas confiance... » ne manquera
pas de nous dire le petit anarchiste casse-couille pour vieux ou le
dépolitisé qui n'a pas fait l'effort de lire un résumé du
programme du Front de Gauche.
On est ici dans le même registre que
ceux qui appréciaient Sarkozy parce qu'il était ''dynamique''.
Des critiques sur Méluche, il y en a
évidement à faire, nous en avons nous-même une pleine brouette
rangée quelque part, et nous sommes prêt à en entendre, mais que
cela soit politique et non affectif. On s'en fout qu'il gueule trop
fort ou qu'il soit impoli avec les journalistes. Que dit-il ? Que
défend-il ?
A ce moment là de l'article, les plus
assidus de nos lecteurs sont déjà prêt à nous sauter dessus dans
les commentaires pour nous exhiber triomphalement ce qu'ils croient
être une contradiction. Cela fait deux ans que l'on se casse le cul
sur ce blog à défendre des formes de communication politique
innovantes, et l'on dirait maintenant que la forme ne serait pas
importante ? Bien sûr que si. Seulement, on revient au postulat de
départ, on ne peut pas plaire à tout. Donc quelque soit la forme
utilisée, elle ne séduira pas tout le monde. Premièrement, ceci
remet en question le fait d'avoir un porte-parole unique, et
deuxièmement, la différence se fait alors sur le fond, sur le
contenu politique.
Ce qui est valable pour un militant
porte-parole national est valable pour les autres militants et
militantes. Condamner l'un d'eux sur des questions affectives est un
exemple de dépolitisation du discours et des pratiques politiques.
Bien sûr, il est plus facile et plus agréable de militer dans une
ambiance de bonne camaraderie plutôt que de côtoyer des connards et
des connasses (même à gauche il y en a, si si!). Si cet
inconvénient vous arrive, n'abandonnez pas votre groupe militant,
faites du yoga.
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| faites du Yoga |






























