dimanche 10 mai 2020

A nos camarades tentés par le complotisme


 Récapitulons sommairement : on a d’abord eu « le confinement est la première étape pour faire un coup d’Etat en France, la preuve, j’ai vu une photo d’un convoi militaire sur une autoroute ». A suivi « il n’y a pas de danger puisque les américains envoient des troupes renforcer l’OTAN en Europe, pourquoi ? Je pose la question etc ». Il y a ce mec se filmant dans son garage en dénonçant un complot où le Covid était fabriqué dans un labo chinois financé par la France et coordonné par le mari de Buzyn. Inutile de rappeler l’épisode Raoult et sa tisane miraculeuse. On a eu aussi les résidents des Ehpad euthanasiés, le professeur Montagnier et ses liens entre VIH et Covid (encore une expérience de labo qui se serait échappée), Bill Gates et ses vaccins à puces … Et ceci n’est que la pointe émergée d’un iceberg vu de loin. 

Pour garder la grille de lecture de ce blog, ce qui nous emmerde ici, c’est quand ce sont des camarades de notre camps politique qui partagent ce genre de conneries et qui parfois même y dépensent une grande énergie militante pour les défendre bec et ongles.  Ils se décrédibilisent et cette perte de crédit entache notre camps politique. Dans les années futures, de nombreux petits malins remonteront les historiques des profils des prochains candidats politiques pour savoir ce qu’ils pensaient au moment de la crise du Covid (et ils auront raison de le faire).



Et quand on cherche à ramener ces dits camarades vers une pensée plus critique, on a parfois le sentiment de s’engager sur les sentiers de l’Himalaya chaussé en crocs. Le biais de confirmation des hypothèses est un sommet difficile à vaincre. L’idée d’une conspiration de la classe capitaliste dénoncée par des anonymes (le mec dans son garage) ou des héros solitaires et iconoclastes (Raoult) s’adapte bien à la représentation du monde de nos camarades. Ceux-ci vont alors exclure les informations contrevenant à leur récit (comme le fait que Raoult est un climatosceptique courtisan de toute la baronnie mafieuse de droite de la région Paca, par exemple). Ce n’est pas la seule chose que vont exclure nos camarades. L’éventuel contradicteur devient vite un ennemi de classe qui fait le jeu, au choix, des labos pharmaceutiques, de Macron, des médias corrompus à la botte du pouvoir etc.

Ainsi tel a été notre engagement militant durant le confinement, nous avons tenté de déconstruire des fakes news et de fournir des ressources fiables dans notre entourage politique et syndical. Ça ne s’est pas fait sans conflits, on a tenté d’être bienveillant, on a parfois perdu patience. La suite de cet article résume quelques points redondants de nos discussions sur divers forums.


« Tu es un donneur de leçon. Tu méprises les gens qui n’ont pas fait d’études alors qu’ils sont tout à fait capables de faire leurs propres recherches et d’avoir un avis. »
C’est un système de défense qui revient très vite dans les discussions. Celui-ci part néanmoins d’un ressentiment réel et concret. Utiliser des expressions ou un vocabulaire qui n’est pas compris par son interlocuteur peut être pris comme une insulte par ce dernier. L’adhésion a des théories du complot part d’abord d’une démarche rationnelle : on cherche une explication à un phénomène inquiétant. Or pour Frédéric Lordon, adhérer à ces thèses conspi « traduit la contradiction entre la volonté de savoir des classes dominées et leur absence d’accès aux moyens de savoir. » Partager ses connaissances en respectant l’autre, est-ce donc donneur de leçon ? Le mépris ne serait-il pas plutôt de ne pas répondre ? de laisser ses camarades dans l’erreur ? Expliquer est au contraire avoir confiance dans l’intelligence de ses interlocuteurs. 

« J’ai le droit de me poser des questions. »
Posez-vous alors toutes les questions. Pourquoi voir absolument un complot derrière cette pandémie ? Utilisez le principe du rasoir d’Occam : les explications les plus simples sont les plus probables. Des écosystèmes rentrent en contact, des virus passent de l’un à l’autre, point. Une question à se poser est pourquoi ces écosystèmes se sont rencontrés.

« Je partage pour que les gens se fassent leur propre opinion. »
C’est généreux mais on peut partager des sources vérifiées. Partager c’est propager l’épidémie d’infox. Certes ça peut favoriser l’auto-immunité de ceux qui déconstruiront l’info mais au prix de combien de citoyens perdus ?

« Pourquoi tes sources seraient-elles plus fiables que les miennes ? »
Parce qu’elles suivent une méthode scientifique, un protocole de vérification. On vérifie leur origine, on regarde qui est l’auteur, on la compare avec d’autres informations sur le même sujet. On élimine les sources qui ont déjà propagé des intox par le passé. On ne fait pas confiance aux infos venant de l’extrême-droite. Trump est-il une source fiable ? On ne répond même pas à cette question. Raoult, climatosceptique, courtisan des élus corrompus, qui niait la dangerosité de la pandémie, est-il fiable ? On ne questionne pas l’info, on commence par questionner la source. 

« Montagnier, Raoult sont d’éminents professeurs. »
Cela n’empêche pas de questionner ces sources. Il s’agit ici d’un argument d’autorité. On donne de la valeur à une info en fonction de son origine plutôt que de son contenu (c’est l’inverse du paragraphe précédent). De plus les propos rapportés peuvent être tronqués ou sortis de leur contexte. En l’occurrence Montagnier et Raoult sont des chèvres. 


Finalement le temps et l’énergie dépensée à défendre ou combattre les fakes news nous font défaut pour lutter sur des vraies questions : l’incompétence des libéraux, la casse de l’Hôpital, la responsabilité de cette société capitaliste et d’échanges mondialisés dans la propagation des virus, la restriction de nos libertés, le monde d’après que nous prépare le Medef, etc. Les fakes news ce sont des ennemis de classe.


lundi 27 avril 2020

Il sort du coma en plein confinement et croit à une grève générale.

Aventure insolite pour Titouan N. 29 ans. Le 25 avril dernier, cet étudiant originaire de Rennes, se réveille d’un coma de presque quatre ans et découvre un pays à l’arrêt. Les policiers l’ont appréhendé alors qu’il déambulait torse nu avec un drapeau rouge. Reportage :

 

« Je me souviens seulement de la nuit du 49 mars 2016, témoigne Titouan. On venait justement de voter le seizième ou dix-septième appel à la grève générale à Nuit Debout, quand les flics ont chargé Place de la République. J’étais en train de courir quand j’ai marché sur une bombe de peinture, j’ai glissé, ma tête a cogné le bitume, et là c’est le noir total »

Réveillé subitement il y a deux jours, l’équipe médicale débordée et surmenée est néanmoins trop heureuse de voir un lit se libérer. Titouan N. est donc invité à rentrer chez lui sans respecter complètement le protocole de sortie.

« J’ai voulu prendre un café dans un bistrot, c’était fermé, raconte Titouan. J’ai voulu acheter le journal, le kiosque était fermé aussi ! Je suis allé chez moi, ma copine dormait encore… avec mon meilleur ami mais bon, passons c’est pas le sujet. Quand j’ai vu les stocks de bouffes et de PQ dans la cuisine, pour moi c’était clair, c’était la grève générale. A partir de là, j’ai un peu pété un boulon ! »

En effet, d’après les témoignages de son ex-compagne et de son ex-BFF, Titouan hurle, arrache la housse d’un canapé pour se confectionner un drapeau rouge avec un manche à balais et disparaît dans la rue en criant : « la jeunesse emmerde la loi travail, El Khomri démission ! »

« Quand j’ai croisé les flics, j’ai eu un premier doute, poursuit le jeune miraculé. Ils m’ont dit que je devais rester chez moi. J’ai d’abord pensé qu’ils étaient de notre côté, ça m’a même mis mal à l’aise, je me suis senti sale. C’est quand il m’ont mis la douille à 135 € que je me suis dit qu’un truc clochait. Depuis on m’a expliqué... »

Espérons que M. N. saura transiter du coma au confinement.

dimanche 26 avril 2020

Pendant ce temps chez les anarcho-droitiers


Jean-Paul : toc-toc je peux entrer ?
Guillaume : je déteste les gens qui disent toc-toc.
Jean-Paul : euh…pardon, bon, ça va bien ?
Guillaume : qu’est-ce que ça peut te foutre ?
Jean-Paul : avant, dans les articles de ce blog, t’étais quand même vachement plus jovial et bon camarade.
Guillaume : ouais ben j’étais pas confiné avec vous bande de connards !
Jean-Paul : c’est vrai que c’est cocasse ! On te voyait plus, et pour une fois que tu viens assister à une réunion du CLAPIR*, paf confinement.
Guillaume : paf en effet ! Je sortais de la campagne des municipales, j’me dis « j’vais me détendre, j’vais aller me foutre de la gueule des curés rouges » et là plus possible de sortir !
Jean-Paul : ça permet de mieux nous connaître…
Guillaume : vous connaître ? Entre Albert Bouchignard qui parle tout seul devant son minitel, Gros Bébert qui écoute du street punk mélodique antifasciste, Patrick qui publie une fake news par jour et Léandre qui… tiens ? Qu’est-ce qu’il devient celui-ci ?
Jean-Paul : justement je venais pour t’en parler. Tu l’as enfermé il y a un mois dans la geôle, il serait peut-être temps de…
Guillaume : la geôle ? Il a accès au wifi, ça va, tu vas pas chialer !
Jean-Paul : quand même… il a pas accès aux toilettes…
Guillaume : ça lui apprendra à faire des manif déguisé en saucisse pendant le confinement ! Putain mais qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? J’ai dû torturer des communistes dans une vie antérieure et maintenant je suis puni.
Jean-Paul : tu devrais décompresser un peu, je te sens stressé.
Guillaume : tu dis ça parce que je suis en slip en haut de l’armoire avec un bonnet péruvien et les yeux injectés de sang ?
Jean-Paul: oui entre autre… trouve-toi une mission. Et si tu réécrivais quelques articles pour ce blog, ça te détendrais…
Guillaume : mmmmouais bof !
Jean-Paul : mais si. Un petit billet rigolo, un tuto anti-fake news pour faire chier Patrick...et pourquoi pas une nouvelle historique, comme tu faisais dans le temps, qui serait une métaphore d’une question politique contemporaine ?
Guillaume redescendant de l’armoire : ok mais c’est thérapeutique… je commence demain.



*communisme de lutte anticapitaliste prolétarien internationaliste révolutionnaire

jeudi 27 juin 2019

Une équipe d’ethnologues découvre le dernier militant de la LCR encore en activité.

par Jean-Paul

On connaissait l’histoire de ces soldats japonnais qui poursuivirent la Seconde Guerre Mondiale des années après l’armistice, cachés dans les jungles du Pacifique. L’histoire est ici assez similaire : José De Hoñoda, militant de la Ligue Communiste Révolutionnaire vient d’être retrouvé dans un village abandonné du sud de la France. Il militait seul et coupé du monde depuis 1988.

José militait seul depuis trente-et-un an.
 Besancenot, Poutou ou NPA sont des noms inconnus pour José. Avant ce 24 juin 2019 le dernier groupe militant avec qui l’homme des bois eut des contacts remontait à mars 1988. A cette époque, José est établi dans une scierie située à proximité du village de Sainte-Eulalie-des-Causses, quelque part entre la Lozère et l’Aveyron. Lorsque l’usine ferme, ses camarades de cellule décident de retourner en ville. Lui reste, afin dit-il, « de maintenir une activité subversive et d’alimenter les luttes ». Il disparaît alors des radars pendant trente-et-un ans. Mais comment a-t-il été retrouvé ?

C’est l’équipe du professeur Fabien Mülder, du département d’ethnologie politique de l’université de Montpellier qui a retrouvé la trace du militant trotskyste. « Nous sommes très attentifs aux légendes urbaines locales », nous explique la co-responsable du projet, Danielle Sculie. « Nous recueillons par exemple les témoignages des gens affirmant avoir vu des spectres autour des usines, poursuit-elle. C’est la plupart du temps des militants de Lutte Ouvrière en chair et en os qui font leur boulot, mais on ne sait jamais. ». Le professeur Mülder complète : « Nous collectons également des photos des slogans gauchistes peints sur les murs. C’est comme ça qu’on a commencé à remonter la piste de José. Des « Pinochet Assassin » datant de la fin des années 2000 nous ont donné des indices. En 2016 une équipe d’étudiants part alors sur les lieux et commence une minutieuse enquête de terrain. Finalement, la cinquantaine d’ habitants de Sainte-Eulalie-des-Causses raconte qu’un homme hirsute descend une fois tous les trois ou quatre ans de la montagne pour distribuer des tracts ronéotypés siglés du logo de la Quatrième Internationale.



Mais l’homme ne se laisse pas facilement approcher. Les ethnologues vont alors user d’un stratagème. Des autocollants d’Occident vont être reconstitué en laboratoire puis collés un peu partout dans un rayon de trois kilomètres autour du village. L’instinct antifasciste du militant LCR va le pousser à tous les arracher. Des caméras infra-rouge vont alors remonter sa trace. Un premier contact a lieu en avril 2019 avec Danielle Sculie. Mais José suspecte un « coup-monté des fachos » et refuse de toute façon de discuter avec « une greluche qui n’y connaît rien en politique » (sic). Rendez-vous est donc pris le 24 juin dernier avec le professeur Mülder accompagné d’un ancien camarade de José, François D. aujourd’hui conseiller régional PS. Le militant se montre très intéressé par le portrait de notre société que lui présente le professeur. « Et Juquin ? Il a fait combien aux présidentielles ? » telle est l’une des premières questions que pose José De Hoñoda, désormais âgé de soixante-et-onze ans.



« C’est une découverte extrêmement rare, précise F. Mülder, le dernier cas remonte à 2003 lorsque nous avions retrouvé un couple de militants du PSU caché dans une cave près de Grenoble. Nous suivons encore la piste de ce groupe de militants de la Cause du Peuple disparu en 1978 lors d’une Longue Marche en Guyane, mais il y a peu de chance de les retrouver vivants. »



A Sainte-Eulalie-des-Causses, à la demande de José, Alain Krivine serait attendu en fin de semaine pour l’autoriser à cesser enfin son travail d’implantation. 

 

lundi 27 mai 2019

La soirée électorale du PCF dégénère en orgie

par Albert Bouchignard
 

« C’EST LA REMONTADA ! » La voix de stentor d’André Chassaigne couvre un instant les cris des militants et la sono diffusant du MC Hammer. La soirée est déjà très avancée dans la nuit de dimanche à lundi, place du Colonel Fabien, mais les communistes ne sont pas prêt à rentrer chez eux. Les résultats des élections européennes ont fait l’effet d’une bombe. Le député du Puy-de-Dôme est descendu quelques instants de son estrade pour répondre à nos questions. Torse nu, il laisse découvrir de nouveaux piercings sur ses tétons. « Tout le monde nous donnait mort, déclare-t-il, nous-mêmes on s’attendait à faire au mieux 0,5 %. Et voilà qu’on fait cinq fois plus… c’est énorme ! ». La voix de l’élu se brise d’émotion. Il engloutit une rasade de rhum cubain avant de remonter sur scène au milieu de militantes des Jeunes Communistes qui exécutent des figures de Knee Hold sur des barres de pole dance.

André Chassaigne n’est pas le seul partagé entre euphorie et émotion. La foule surchauffée rassemblée dans la salle du Conseil National scande en chœur : « Mais il où ? Mais il où...Philippe Poutou ?». Fabien Roussel, déguisé en Superman, complète l’analyse de son camarade : « 2,5 % c’est inespéré ! Vous vous rendez compte ? On est devant Francis Lalanne et le Parti Animaliste, c’était pas gagné d’avance ! Si on poursuit dans cette progression, l’année prochaine on peut espérer 10 % aux municipales et 50 % en 2022. Tout ça c’est grâce à Ian, il a fait un boulot extraordinaire !».

L’intéressé passe devant nous, porté en triomphe par les militants, tandis qu’un peu loin on aperçoit Marie-George Buffet faisant tourner son soutien-gorge au-dessus d’elle. Les perspectives radieuses du Parti Communiste Français commencent déjà à aiguiser les appétits. Olivier Dartigolles, le crâne rasé, se parle tout seul en fumant un gros cinq feuilles : « J’veux la Culture !...Non l’Intérieur !… Non J’veux les Anciens Combattants... ».

La nuit s’avançant, les danses deviennent plus charnelles et l’ambiance plus érotique. Nous choisissons de laisser les militants et militantes du PCF à leur intimité. En repassant devant l’entrée, nous croisons un inconnu essayant en vain de convaincre le service d’ordre de le laisser entrer : « Puisque je vous dis que je suis l’ancien secrétaire national ! Cherchez sur votre liste d’invités, Pierre Laurent ! »

mardi 21 mai 2019

Bévue : L’Humanité publie en avance le communiqué de défaite de Ian Brossat


Par Albert Bouchignard

Quelle n’a pas été la surprise des lecteurs du quotidien communiste de découvrir dans l’édition du lundi 21 mai 2019 le communiqué du candidat du PCF aux élections européennes. Celui-ci réagissait à son score, soit une semaine avant les résultats des votes. 



L’article, par ailleurs fort bien rédigé, remercie les électeurs qui ont fait confiance à la liste pour une Europe des gens. « La campagne pour les européennes a permis de belles rencontres et des discussions de hautes qualités… , souligne le communiqué, avant de poursuivre, même si le résultat est un peu décevant et en dessous de nos attentes et ne nous permet pas d’obtenir des élus au parlement européen. Le texte conclut : « Néanmoins la belle dynamique enclenchée à cette occasion ne s’arrêtera pas. »

Comment expliquer une telle anticipation ?

« Disons que ça faisait déjà un bout de temps que le fax traînait sur le bureau de la rédaction , nous explique un journaliste de L’Huma. Vous savez, les soirs d’élections au PCF c’est jamais fou-fou. Les candidats sont fatigués et démotivés, ils ont envie d’aller se coucher le plus tôt possible. Du coup ils rédigent leur communiqué quelques jours avant en laissant un blanc dans le texte pour le résultat. Ian c’est un bosseur, son communiqué de défaite il l’a rédigé dès le début de la campagne ! »

N’y a-t-il pas eu négligence de la part de la rédaction de L’Huma ?

« Clairement, oui bien sûr, reconnaît notre source. Après, certains accusent le stagiaire, mais c’est trop facile. Moi je parierais plutôt sur un quadra de l’équipe, la preuve c’est qu’il a fait un lapsus orthographique en écrivant Brossard au lieu Brossat… comme Papy Brossard, la pub pour les goûters dans les années 80. »

L’ enquête interne continue.

jeudi 2 mai 2019

Les scientifiques sont formels : même les black blocs ne sont pas assez cons pour attaquer un hôpital.


Le monde de la recherche n’a pas tardé à réagir au lendemain des manifestations du 1er mai et des polémiques autour de l’irruption de manifestants dans l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. La communauté scientifique est unanime : à part des libéraux, personne n’est assez con pour détruire un hôpital.


« J’étudie le phénomène des black blocs depuis des années, précise le pédopsychiatre Leslie Van Nielsen de l’Université de Nice. Certes ils ne font pas preuve d’un grand sens du discernement, mais ils sont néanmoins capable de percevoir quelques nuances dans l’urbanisme. Avec mon équipe, nous avons fait des tests en laboratoire consistant à classer des photos de commissariats et d’hôpitaux. Les résultats des black blocs se situent à un niveau à peu près similaire à ceux d’une souris blanche. Notez que les journalistes de BFM TV ou France Inter échouent à ce test. »

Même constat chez les black blocs que nous avons rencontré : « C’est vrai qu’on fait pas toujours dans la finesse, reconnaît Léandre, ça nous est arrivé de cramer un kiosque à journaux, la camionnette d’un artisan ou un abri-bus, mais un hôpital faut pas pousser quand même, ce serait comme tirer sur une ambulance ». Gros Bébert renchérit : « J’ai jamais prétendu avoir un gros QI, je suis même aller jusqu’à balancer des cailloux sur le SO de la CGT et je me suis battu une fois avec des insoumis, c’est vous dire comme je peux être bourrin, mais un hôpital, on a tous des proches qui y vont, alors même moi j’y touche pas. »

Terminons enfin notre enquête par cette conclusion de médecins et de personnels hospitaliers : « On ne s’est jamais senti menacé par des manifestants, black blocs ou gilets jaunes. Les seules choses qui nous font vraiment flipper ce sont les politiques d’austérités budgétaires des gouvernements. Ça, ça cause des dégâts ».

vendredi 1 février 2019

Un militant trotskiste se noie dans un verre d’eau.

Drame : laissé sans surveillance, un militant communiste révolutionnaire a été retrouvé sans vie dans un verre en pyrex de 20 cl. L’hypothèse de l’accident dialectique est privilégiée par les enquêteurs.

Il n’en revient toujours pas. Christian est le dernier à avoir vu Pablo D. en vie. Il se sent en partie responsable de la tragédie qui est survenue hier soir. « A l’issue de la réunion de notre groupe local, je lui ai proposé de nous rédiger un petit compte-rendu de la situation des gilets jaunes sur la ville, nous confit Christian entre deux sanglots, c’était pour le publier sur notre blog. Si j’avais su que ça prendrait de telles proportions, je l’aurai fait moi-même !»

Les enquêteurs reconstituent peu à peu les événements qui se sont succédé jusqu’à la tragique issue. Rentré chez lui, Pablo a commencé à rédiger un brouillon de son texte. Il a ensuite entrepris de corriger la grammaire pour respecter l’écriture inclusive. Son historique de travail indique qu’il a passé un long moment à sélectionner la police d’écriture la plus adaptée aux personnes dyslexiques. La situation semblerait s’être compliquée lorsque la victime a envoyé son texte aux militants de sa tendance pour une relecture. Les échanges mails de la soirée montrent une certaine confusion autour du choix d’une date pour un congrès extraordinaire. Pas moins de seize menaces de scissions ont été relevées dans cette correspondance. Quelques messages venant de deux secrétariats distincts de leur Internationale n’ont pas facilité les choses. Le dernier e-mail de Pablo indique qu’ayant peur d’avoir un regard biaisé d’homme blanc occidental cisgenre, il partait refaire un travail de terrain complémentaire.

C’est aux alentours de 7h ce matin qu’un ouvrier de l’usine voisine, surpris de ne pas voir Pablo distribuer des tracts comme à son habitude et s’étant rendu à son domicile, a découvert le corps inanimé du militant trotskiste. Les secours dépêchés sur place n’ont rien pu faire.

Le capitaine des pompiers rappelle à cette triste occasion qu’il faut être vigilant avec ce type de public : « Ce sont des passionnés, ils peuvent vite perdre contact avec la réalité. Pas plus tard que la semaine dernière, nous avons dû interner de force un coiffeur LGBTIetc qui s’était mis à couper chaque cheveux en quatre. Il faut vraiment que les proches, famille, amis ou camarades fassent très attention si on veut éviter d’autres drames comme ceux-ci. ». Le message est transmis.

mercredi 5 décembre 2018

Olivier Dartigolles a dit un truc à propos des gilets jaunes.

par Albert Bouchignard *

Le porte-parole du Parti Communiste Français est intervenu dans un débat consacré à la mobilisation des gilets jaunes sur CNEWS. D’après plusieurs témoins présents devant leurs postes de télévision, Olivier Dartigolles aurait dit des choses en rapport avec la situation.

 L’information a d’abord circulé sur le réseau social Tweeter. Le jeune cadre du PCF annonçait sa participation à un débat télévisé. Notre équipe a aussitôt interrompu son visionnage d’un épisode des Simpson sur W9 pour étudier la situation.

Olivier Dartigolles semblait en effet lancé dans une analyse politique pointue, malheureusement interrompue par une coupure publicitaire pour une crème anti-mycose. Néanmoins au retour sur plateau, journalistes et intervenants semblaient intéressés par ce qu’il avait dit.

Des téléspectateurs, restés plus longtemps que nous devant leur écran, ont pu confirmer l’information.

« Je l’ai tout de suite reconnu, affirme Simone, j’étais devant ma télé et je me suis dis : tiens c’est le petit jeune du Parti Communiste. J’ai pas pu entendre tout ce qu’il disait parce que j’utilisais ma machine à coudre en même temps, mais ça avait l’air bien. Demandez à mon mari, lui il a suivi le débat. »

Bernard assure :  « Oui, je l’ai écouté mais je ne rappelle plus de tout évidement. Il parlais de novation citoyenne et de transversalité démocratique. Il a déclaré aussi qu’il ne fallait pas cesser de penser la complexité. Après il a dit que le Parti Communiste feraient des propositions concrètes pour un machin. N’empêche ça tombait bien parce « novation » c’était un mot qui me manquait dans ma grille de mots fléchés ! »



* militant PCF depuis bientôt trente-cinq ans

vendredi 30 novembre 2018

Gilets jaunes et pudeurs rouges

On l’avoue, l’appel des gilets jaunes a d’abord suscité chez nous un agacement certain : comment des individus pouvaient-ils se mobiliser pour un produit polluant, le diesel, alors que les cortèges pour la défense des services publiques, le climat ou pour nos salaires sont trop souvent clairsemés ? On a d’abord ricané des messages maladroits et naïfs de certains, ironisant sur un nouvel engagement virtuel aux revendications déconnectées des enjeux climatiques. Bref, on a été à deux doigts de faire nos curés rouges.

Puis, une fois de plus, c’est le mépris affiché de certains de nos camarades envers le sujet, plutôt que le sujet lui-même, qui nous a convaincu de modifier notre approche de cet événement. On en a vu utiliser de faux profils pour troller les premiers groupes de gilets jaunes en orthographiant volontairement mal leur propos, c’était gênant.

Qu’aurait fait François Ruffin dans notre situation ?

Nous n’avons pas mis de gilet jaune mais nous sommes allés sur des points de blocage. Pour une fois nous avons fermés nos grandes gueules de gauchistes et nous avons écouté les participants. Muni d’un micro, nous avons interviewé une douzaine de personnes, prises au hasard, pour le compte d’une radio locale.


Nous avons pu parler avec des retraités, des artisans, des salariés d’entreprises privées, surtout des gens non engagés politiquement. C’est un public que nous côtoyons habituellement peu. Le 17 novembre en province l’ambiance était bonne enfant. Les gilets jaunes laissaient passer les ambulances, les infirmières et les voitures avec de jeunes enfants à bord. Aucun signe politique ou syndical n’étaient visibles bien entendu mais des banderoles et pancartes dénonçaient l’injustice des taxes. Nous avons vu un, peut-être deux drapeaux tricolores, on a perçu le début d’une Marseillaise mais on a aussi entendu dans des sonos On lâche rien d’HK et les Saltimbanks, Antisocial de Trust et Cayenne de Parabellum qui appartiennent clairement au folklore de gauche.

La première impression qui se dégage de ces entretiens, c’est un profond ressentiment d’injustice. Les manifestants ont l’impression, une fois de plus, de s’être fait arnaquer, cette fois-ci avec le diesel. On les a incité à acheter ce type de véhicule pour être ensuite taxés sur une dépense qui, pour beaucoup, est incompressible. Tous, et nous insistons bien là-dessus, tous les gens rencontrés, interrogés au hasard, tous nous ont soutenu que les plus riches pouvaient être taxés avant eux. Les riches, individus ou entreprises, pas les immigrés ou les chômeurs, les riches. Certains reprenaient le slogan de François Ruffin « Rend l’ISF d’abord ». Personne n’était contre l’écologie. Si on a rencontré quelques climato-sceptiques, la plupart étaient d’accord d’agir pour la planète, mais pas en étant sanctionné.

Nous sommes conscient de n’avoir vu qu’un infime échantillon de la mobilisation. Nous pensons aussi que les gilets jaunes sont différents d’une région à l’autre, tant dans leur sociologie que dans la hiérarchie de leurs revendications prioritaires. Le pire côtoient le meilleur. Il va des fils de putes qui dénoncent des migrants à Flixecourt jusqu’à la haie d’honneur faite par les gilets jaunes au cortège contre les violences faites aux femmes à Montpellier. En fait ceux-ci veulent abandonner les étiquettes politiques mais les clivages se reforment naturellement. On retrouve une aile gauche qui veut rétablir l’ISF et une aile droite qui veut une politique de reconduite aux frontières plus efficace.

Nous sommes également conscient que c’est un mouvement qu’on nous survend. Huit mille personnes en manif à Paris le 24 novembre? C’est pas énorme au regard de ce que peuvent mobiliser les syndicats :le 31 mars 2016 160 000 personnes défilaient à Paris contre la loi Travail (selon les organisateurs, m’enfin quand même!)

Cependant nous sommes convaincus que c’est un public compatible avec les propositions qu’ont exprimé plusieurs syndicats et partis de gauche, résumé par l’appel des « gilets verts » : développement et gratuité des transports en commun, réouverture des petites lignes SNCF, taxation de marchandises aérien et maritime, développement des circuits courts, captation de l’évasion fiscale pour financer une transition sociale et écologique…

A quoi bon arborer ses médailles d’antifascisme dans des milieux où il n’y a pas de fachos ?

Quel gâchis alors de voir une fois de plus l’aristocratie militante faire la fine bouche sur cette mobilisation. Oui il y a des fachos dans les rassemblements (on en a croisé) mais pas plus que ce qu’ils représentent ailleurs. Ce sont les militants politiques de gauche qui manquent à l’appel. Les gilets jaunes sont un terrain en friche et au prétexte qu’il y a des mauvaises herbes, les révolutionnaires puritains refusent de l’investir. C’est pourtant une ligne de front, c’est là qu’il faudrait pousser les revendications de justice sociale, de lutte des classes, c’est là qu’il faudrait faire refluer les expressions de racisme et d’homophobie.

Ou quand Nuit Debout rencontrerait les Gilets Jaunes… à condition de ne mépriser personne.



mercredi 14 novembre 2018

The anticapitalist expendables

Cet article partait avec des intentions sérieuses. Il devait s’intituler « De l’outrance » et traiter des excès de langages de Mélenchon et du populisme de gauche. On avait même lu un article de Roger Martelli en entier pour préparer ce texte. Les trois premiers paragraphes ci-dessous allaient dans ce sens. Et puis, que s’est-il passé ? Nous nous sommes laissés déborder par notre imagination puérile...

Voyez comme nous avons pris le temps avant de réagir à l’actualité mélenchonnienne. Tourner sept fois ses pouces avant de taper sur son clavier. Si tous les trolls s’astreignaient à cette discipline, Internet serait un salon cosy peuplé d’érudits courtois.

Les coups de gueule du chef de la France Insoumise plaisent à certains et en heurtent d’autres, en gros elles clivent. Et comme à chaque fois, le fan-club mélenchionnien cherche à l’imiter et l’on tombe alors dans la caricature de la caricature.

Notre conviction est que les gens vont se lasser de ces personnages gueulards et outranciers, comme ils se sont lassés des technocrates lénifiants. L’avenir reviendra peut-être, et c’est notre souhait, aux vieux sages rassurants, du type Jeremy Corbyn ou Bernie Sanders. Encore qu’en France des vieux sages à la Bernie Sanders on en voit pas beaucoup depuis la disparition de Daniel Bensaid.

A moins que celui-ci n’ait développé des pouvoirs psychiques qui lui permettent de réapparaître en fantôme comme les Jedis dans Star Wars.

Ou alors, oh wait …

Ou alors, afin de contenter tout le monde, il faudrait que tous nos stéréotypes d’hommes et femmes politiques de notre bord fassent équipe. On appellerait ça la AntiK-Team, l’équipe Anticapitaliste. Il y aurait :


Le vieux sergent bourru : toujours de mauvaise humeur, il ne sait communiquer qu’en râlant. Il tient même des propos parfois limite sur les élites ou les immigrés mais on l’aime bien quand même. C’est notre Sergent Hartman ou Tom Highway à nous.


Le badass : il décapsule avec les dents une bouteille de Kwak, qu’il engloutit cul-sec avant d’aller retourner tout seul une sous-préfecture. Il n’a peur de rien, il vaut mieux l’avoir avec soi que contre soi.




Le beau gosse : personne d’autre que lui ne sait porter une casquette de postier avec autant de swag. Il ne veut s’unir avec personne mais c’est parce qu’il cache une terrible blessure sentimentale secrète. Ça le rend encore plus craquant. Les filles sont sous le charme, leurs mères aussi.





Le side-kick rigolo : il ne peut pas être le héros à lui tout seul mais il sait se rendre indispensable. C’est le meilleur copain du Beau Gosse, c’est aussi son faire-valoir. Toujours la blagounette au coin de la bouche pour détendre une atmosphère, on se souvient de son « il n’y a pas d’immunité ouvrière!» .



Le geek cool : comme un geek, il a son look propre à lui, des t-shirts militants ou des maillots de foot. A côté de ça, il bosse ses dossiers à fond. Il écrit et publie son propre journal, il investit les réseaux sociaux. C’est un bourreau de travail mais qui a su rester sympa.


La psycho-rigide : elle est spécialiste en combats rapprochés rhétoriques. Elle dédit toute sa vie à la lutte. On ne lui connaît aucune faille ni aucune passion. Le side-kick rigolo est amoureux d’elle mais se prend régulièrement des gros râteaux, ça en devient un runing gag.




La dernière survivante : elle a survécu à tous ses amis qui ont été éliminés par les curés rouges slashers. Elle n’a plus peur de rien et saura conseiller son équipe pour éviter les pièges de la division et du sectarisme. Vous voyez le lieutenant Ripley ? Eh ben pareil mais en mieux...




Mamie Gâteau : c’est la pause tendresse qui permet à la AntiK-Team de souffler un peu entre deux aventures. Elle est pleine de bon sens et trouve que « le monde ne tourne plus rond ». Elle dit aussi d’un ton très doux : « quand on voit les excès du CAC 40 on se dit que les gens sont devenus fous ». C’est Suzanne Flon dans Les enfants du Marais, on l’aime bien.


L’apprenti-champion : il est encore jeune et timide. Il n'ose pas encore gueuler très fort pendant les perquisitions au siège de son mouvement mais il a de la passion et beaucoup de potentiel. Il commencera par oublier de se raser, puis sa chemise sera froissée, bientôt il se mettra à fumer nerveusement des Gauloises sans filtre. Enfin, il tiendra tête au Sergent Bourru. Bref il va s’aguerrir au fil des aventures.  



La guerrière amazone : elle balance des coups de boule polémiques ou des coups de sabre politiques. C’est le pendant féminin du Badass. La légende raconte qu’elle a des couilles… plusieurs paires arrachées à ses ennemis qu’elle porterait en pendentif sous son chemisier. Le personnage de Michonne dans Walking Dead est directement inspiré d’elle.



L’intello sexy : « la plume est plus forte que l’épée », telle pourrait être sa maxime. Ses combats, elle les mène dans les colonnes de Regards ou Politis. Souvent rabrouée par le Sergent Bourru, il lui en faut cependant plus pour être impressionnée.




Le clown triste : toujours pessimiste, il ne cesse de gémir que « l’équipe n’y arrivera jamais j’vous aurai prévenu ». Il se plaint aussi que personne ne l’écoute. C’est lui qui va mourir en premier.

 


On peut enfin terminer par les vieux loups de mer : ils ont une grande connaissance de l’histoire du mouvement ouvrier mais ils sucrent un peu les fraises. Les deux passent leur temps à s’engueuler. Tandis que le premier s’emmêle les pinceaux avec tweeter, le second se croie encore en 1968. Plus personne ne les écoute. Ce sont les Statler et Waldorf de l’Anti-K Team.

Après plein d’aventures, on verrait la Cinquième République s’écrouler dans des geysers de flammes. Nos héros marcheraient au ralenti face camera sur la chanson de Back in Black d’AC/DC.



Sans déconner… 

 

lundi 8 octobre 2018

Pierre Laurent tournera dans le prochain clip de Benjamin Biolay.

par Albert Bouchignard*

Actualité chargée pour le premier secrétaire du Parti Communiste Français. Après être entré dans l'histoire comme le premier dirigeant du PCF à être mis en minorité dans les textes de congrès, Pierre Laurent se dirige-t-il vers une nouvelle carrière dans le spectacle ? A l'instar d'Olivier Besancenot apparaissant aux côtés des rappeurs Joey Starr ou plus récemment Ous-D-Ous, Pierre Laurent serait attendu en featuring dans le prochain clip du chanteur mélancolique Benjamin Biolay d'ici la Toussaint.


« J'ai vraiment découvert Pierre lors d'une interview sur France Inter » nous explique Benjamin Biolay. « Il se faisait engueuler par les journalistes parce que personne comprenait ce qu'il voulait dire, ça m'a touché. J'aime ces personnages abandonnés et spleenétiques. J'avais auparavant soutenu François Hollande et Benoît Hamon, c'est donc une suite logique dans ma recherche esthétique » Le chanteur poursuit : « Pierre est quelqu'un de très accessible. J'ai téléphoné un dimanche après-midi place du Colonel Fabien, c'est lui qui répond au standard. On a tout de suite sympathisé ».

L'intéressé n'a pas démenti ce projet. Rencontré sur une aire de repos de l'A71 au retour d'une visite au musée Soulages de Rodez, Pierre Laurent nous parle de son nouvel engouement pour la pop-culture, tandis qu'il mange seul à la cafeteria. « Je pense qu'il faut saisir toutes les opportunités et je ne m'interdit aucun relais pour envoyer un message fort. Je veux laisser les portes ouvertes à la discussion pour rassembler au-delà des simples additions d'appareils en respectant l'identité propre de chacun...c'est embêtant ça, j'avais demandé un café allongé à la dame et elle m'a servi un thé citron, c'est toujours pareil, on m'écoute pas ! »

Le courant anarcho-droitier exprime tous ses vœux de réussite à cette nouvelle icône de la chanson française.


* militant communiste depuis bientôt trente-cinq ans

dimanche 30 septembre 2018

Révélation exclusive : Jean-Luc Mélenchon ne serait pas un révolutionnaire marxiste-léniniste internationaliste !

par Patrick

Coup de tonnerre dans les milieux d'extrême-gauche français. Plusieurs enquêtes indépendantes sur les prises de positions politiques du leader de la France Insoumise conduisent à la même conclusion : Jean-Luc Mélenchon ne serait pas un authentique révolutionnaire.

« Nous, ça fait neuf ans qu'on le critique, mais c'est surtout parce qu'il nous a piqué la moitié de nos adhérents et tous nos électeurs... » confit Cricri, militant du Nouveau Parti Anticapitaliste. « Si on avait su que c'était vrai... ». Heureusement, le NPA peut compter sur des enquêteurs rigoureux. Julien Salingue, universitaire et membre de l'Observatoire des médias Acrimed, a publié cet été de jolis petits montages surlignant des déclarations de Jean-Luc Mélenchon paru dans Le Monde. « Mélenchon se déclare républicain, précise le chercheur, républicain ! C'est pas très très démocratie autogestionnaire, avouez-le ! De plus j'ai remarqué à plusieurs reprises qu'il se trouvait dans la même pièce - l'Assemblée Nationale ndlr -que Dupont-Aignan. Coïncidence ? Je ne crois pas !

« On l'a jamais vu avec un T-shirt du Che ni même un badge de Lénine, complète Cassiopée, sortie quelques minutes du CN du NPA pour faire une pause clope, ça aurait dû nous mettre la puce à l'oreille. »

La sidération est de même ampleur du côté du Parti Communiste Français. Albert Bouchignard, militant communiste depuis bientôt trente-cinq ans, n'en revient toujours pas. «  Au Parti, si les copains le supportent pas, c'est avant tout parce qu'il a plus de charisme que nos trois derniers secrétaires généraux réunis. On était un peu jaloux c'est tout !». Mais là aussi, de courageux lanceurs d'alertes ont fait leur devoir. Ian Brossat nous fait une démonstration implacable. « Mélenchon dit que la France a des frontières. Qui dit frontières dit pays. Qui dit pays dit nationalisme. Qui dit nationalisme dit nazi, et ça, mon papy il aurait pas supporté ! ».

Ces enquêtes ont fait l'effet d'une bombe dans les milieux militants


Du côté des principaux intéressés, l'heure semble être à la prudence. Des militants de la France Insoumise, croisés lors de leur pause sandwich après une distribution de tracts, n'ont pas voulu commenter ces stupéfiantes découvertes. « Il est pas marxiste-léniniste révolutionnaire internationaliste autogestionnaire anti-autoritaire ? Non... sans déconner ? » s'étonne l'un d'eux, entre deux bouchées dans son pain-thon-mayonnaise. « Ah ben mince alors ! ricane pudiquement un autre, et sa cravate rouge ? ça peut pas compter ? »

Les états-majors des différents partis politiques de gauche se sont réunis dans l'urgence pour décider de l'attitude à adopter. Nous pouvons supposer que les listes communes aux élections européennes qui ne devaient pas se faire, ne se feront finalement pas.