mercredi 7 septembre 2011

Un courrier qu'on aurait aimé recevoir

Dans sa quête pour conquérir d'abord le Nouveau Parti Anticapitaliste, puis le monde, le Courant Anarcho-Droitier trouve de plus en plus d'alliés, qui nous envoient de gentilles contributions. Ainsi celle-ci, transmise par Gaspard (que mille parfums pleuvent sur lui et sa maison pour les siècles des siècles).

---------------------------------------------------------------------------------------------------

(Dépêche AFP)

  Philosophe marxiste, Serge-Antoine Buté, 114 ans, auteur de nombreux ouvrages théoriques tels que "Le pli, monadologie marxiste du phénomène d’altération de l'en-soi", "Xenakis, une architectonique musicale" ou encore "Qu'est ce que le travail à la chaîne?" enseigne à l'université libre de Brno. Militant de la première heure et observateur affuté de l'actualité politique française, il nous fait part de sa réaction au blog des anarcho-droitiers.

UN SOURD DANGER GUETTE LA REVOLUTION

  Si je prends la plume aujourd'hui c'est pour lutter de toutes les forces de mon esprit contre la gangrène qui s'attaque au mouvement révolutionnaire des masses en lutte pour leur émancipation et qui vient de prendre une forme particulièrement inquiétante en France. Vous l'aurez deviné, je parle de l'ultime tentative de liquidation de l'héritage de l'octobre russe et d'un siècle et demi d'acquis théorique qui vient de se cristalliser dans un courant dit "anarcho-droitier". Il s'agit de l'aboutissement d'un lent processus de dégénérescence politique, successivement incarné par des tendances relativement insignifiantes (gu, c.a., P3, Pb...), qui, de bonds quantitatif en bonds qualitatif, vient d'atteindre sa plus sournoise maturité. Heureusement pourfendues par ceux qui tiennent bien haut l'étendard du marxisme-léninisme depuis la création du NPA, ces tendances représentent un péril réel pour la classe ouvrière internationale, et, tandis que s'ouvrent à nous de nouvelles perspectives révolutionnaires, doivent être l'objet de notre surveillance la plus stricte.

  Deux raisons motivent mon geste. Tout d'abord l'imminence cristalline de la prise du pouvoir des travailleurs et de la construction sans obstacle d'une société sans-classe. En effet, la violence des attaques du néo-libéralisme, les défaites accumulées par la classe ouvrière, la disparition progressive de l'emprise de la social-démocratie sur le monde du travail et la réduction salutaire du NPA à un noyau réduit de militants éclairés, constituent des coordonnées exceptionnellement positives et absolument uniques dans l'histoire. Les souffrances qu'endurent le salariat muteront dialectiquement en la conviction lumineuse que les structures mêmes du capitalisme libéral doivent être renversées, intuition bien entendu confirmée et fécondée par les actuels animateurs de ce qu'il est convenu de nommer le dernier parti marxiste révolutionnaire européen en activité. Une ombre au tableau, ce dernier ne s'est pas pleinement débarrassé d'un ennemi intérieur qui pourrait lui être fatal, à lui, ainsi qu'à la révolution qui s'approche à grands pas. Tels les marins de Kronstadt, ces sombres individus devront être aussi sévèrement réprimés que leur arrogance est grande, et c'est la seconde raison pour laquelle je mobilise, devant vous, ma connaissance sans égale de l'histoire des révolutions dans le monde que 98 années de militantisme marxiste couronnent.

  Ils sont allés trop loin, mobiliser l'outil informatique pour diffuser leur propagande insidieuse constitue à la fois une concession inadmissible à l'impérialisme technologique américain et un acte de mépris évident pour tous les foyers ouvriers et paysans qui n'y ont pas accès. Ce sont des petits bourgeois notoires que la cybernétique contemporaine a détourné de la fraternisation permanente avec leurs frères exploités. Lénine, en 1917, écrivait-il les "mails de loin" ou tenait-il un blog ? Certes non, c'étaient bel et bien des lettres, et les masses ne s'y sont pas trompées.

  Lénine, parlons-en. Ces mesquins individus ont osé l'affubler d'un proéminent phallus, geste qui n'est que le reflet de leur sentiment d'insécurité sexuelle latent et constitue une agression gratuite et puérile envers les femmes saines et pures de la classe laborieuse. Mais ce n'est pas tout. Ils osent sans complexe convoquer des figures de l'aliénation marchande pour orner leur site nauséabond, et ce n'est que le début du cauchemar lorsque la figure blafarde de l'inepte P. Sébastien vous fixe de son œil vidé par le stupre et l'inculture, nos anarcho-droitiers font l'éloge quelques lignes plus loin du traître Matty (Gérard Filoche pour les jeunes et les incultes) qui salit encore la mémoire du grand Trotsky à chacune de ses interventions publiques, et de l'inutile Mermet qui sévit sur les ondes de l’État bourgeois, profitant des quelques deniers que celui-ci veut bien lui léguer. "De grande classe" disent-ils..
.
  Le crime serait pardonnable si, dans le même mouvement, les sacripants n'avaient l'audace de railler les conférences généreusement dispensées par quelques experts lors de l'université d'été, si j'avais pu m'y rendre cette fois-ci, je ne me serais point gêné pour moucher ces faquins arrogants, qui auraient pourtant trouvé là une occasion de s'alphabétiser. Je précise au passage, pour ceux qui auraient manqué mes interventions des années passées, que celles-ci se trouvent archivées en version papier dans la cave 1237 de la bibliothèque François Mitterrand (les plus pertinentes dans la période et accessibles au profane étant compilées sous les titres suivants: "Ontologie qualitative du non-être classe", "Reiner Schürmannau risque d'apparaître dans le dé-vouloir d'un instant", "Le siècle, épistémologie inquiète du dérisoire consolé").

  Mais la liste est trop longue, et mon temps précieux. Il ne suffit pas de mettre tous les militants de bonne volonté en garde contre les dérives qui guettent le parti, place à l'action. Pour l'heure, négligeons ceux qui crachent sur les tombes de leurs ancêtres morts au champ d'honneur de la lutte des classes et construisons un parti tourné vers l'avenir, sans sectarisme ni dogmatisme, où chacun, selon sa trajectoire, pourra se reconnaître, où chacun pourra militer selon ses capacités, un parti à l'image de la société, débarrassé de toute forme de domination qu'elle soit culturelle ou sociale, et du pédantisme qui caractérise le bourgeois arque-bouté sur des valeurs d'un autre temps.

Cordialement,

S-A Buté, professeur  

3 commentaires:

comité-de-salut-public a dit…

Mon Dieu, je ne sais pas si je dois rire ou être horrifié tant c'est exactement ça \o/

Vinosse a dit…

Finalement (mon dieu c'est pas trop mon truc), donc finalement je vous trouve pas très marrants ...
Vous n'êtes que de petits barbons qui en veulent à leur prof de sciences inexactes qu'on apprend à 17 ans et qui font chier tout le monde plus tard.

Courant Anarcho Droitier a dit…

C'est exactement ça, bien vu