dimanche 30 décembre 2012

Pas ce soir, les communistes ont débarqué

Suite et fin de notre petite série sur la déconnexion du discours de certains militants de gauche vis à vis du réel. Ce que nous caricaturons est tellement improbable selon certains lecteurs qu'ils nous ont fait des crises de nerfs dans les commentaires. Espérons qu'une bourriche d'huitres, du foie gras et de la bûche les auront calmés.

Pourquoi sommes-nous si méchants ?

Voici ce que l'on écrivait le 5 mars dernier :

" L'anarcho-droitisme est une méthode. C'est un peu une auto-psychanalyse de groupe avec l'humour comme thérapie. Il s'agit de se moquer de soi-même, de son organisation, afin de désamorcer les mécanismes de rupture avec la réalité. Il faut éviter de se construire un personnage d'aristocrate militant, les fameux ''défenseurs du peuple'' ou les ''avant-gardes du prolétariat''. Et pour déconstruire ce personnage, rien de tel qu'une bonne tranche de dérision ou mieux encore d'auto-dérision. Attention toutefois à ne pas tomber dans l'aigreur, mordez mais sans rancune."

Donc on continue, et on continuera en 2013 :

  



mardi 25 décembre 2012

Potentiel cadeau de Noël


Super montage photo, tellement on a ri, on a oublié de noter la source internet où on l'a pioché. Pardon aux auteurs, il n'est pas question pour nous de plagier le travail d'autres, qu'ils se signalent, ils auront droit à un bisou.

dimanche 23 décembre 2012

Pas ce soir, on a la migraine.

Oh surprise ! Le précédent billet évoquait des raisons de ne pas regarder la vidéo d'une conférence de plus de deux heures. Il a été aussitôt l'objet d'un déferlement de mépris de la part de ceux ou celles qui trouvent le temps, eux, de mater de telles longueurs. L'aristocrate de gauche, que l'on vous a déjà présenté, ne comprend pas que le reste de la terre ne se comporte pas comme lui. ''

Pourquoi les gens ne lisent pas le Capital alors qu'ils trouvent du temps pour regarder TF1 ?'' Question à peine caricaturale et symbolique d'une complète déconnexion avec la vie réelle. Comment Aristocrate de Gauche peut-il prétendre lutter pour une classe sociale qu'il méprise ?

Parmi les sommes de bouquins et de documentaires dont Aristocrate de Gauche s'est gavé, n'y a t-il pas une place pour un ouvrage de vulgarisation des travaux de Bourdieu concernant le capital culturel et la reproduction des élites intellectuelles ?

Ça nous rappelle une image qu'on avait montée à une époque pré-anarcho-droitière :




Du coup, les commentaires du billet précédent nous ont inspiré :




Que chacun d'entre nous se pose une question fondamentale vis-à-vis de ses camarades militants : ''est-ce que j'aimerai vivre dans un monde où cette personne aurait le pouvoir ?''

La suite dans quelques jours (car il y a une suite)

jeudi 20 décembre 2012

Pas ce soir, on a piscine.

Un lecteur du Fight Club qui ne veut que notre bien et veille à notre édification, nous a envoyé la vidéo d'une conférence d'Annie Lacroix-Riz (le lien figure dans un commentaire d'article récent, vous aurez qu'à fouiller). Alors on ne critique pas le fond, puisqu'on ne l'a pas regardé, mais nous critiquons la forme. 2H17 à regarder une mamie en plan-fixe soliloquer sur la crise de 1930, qui regarde ça ? N'existe-t-il pas des moyens moins austères pour communiquer une première approche d'un discours et pourquoi pas donner envie par la suite d'approfondir le sujet avec de tel document. Les anarcho-droitiers ont certainement le bagage intellectuel pour digérer ce pavé mais Romain vient juste de reprendre des leçons de poney et Guillaume a piscine. Quand à la noble classe ouvrière révolutionnaire, on ne peut pas parler au nom de tous mais pour certains les réponses pourraient être :

- Oui ça a l'air intéressant mais je rentre du boulot à 18h et après il faut que je m'occupe des enfants, je les couche à 21h, après c'est le seul moment où je peux souffler un peu... quand il n'y a pas du linge à ranger. Vous n'auriez pas un tract qui explique la même chose ?

- Je le regarderai plus tard... peut-être. En ce moment je ne sais pas ce que j'ai, mais dès que je rentre du chantier, je mange et je m'écroule de sommeil. Faut dire qu'on est en retard dans les délais, alors les heures sup' non déclarées on les compte plus. Vous n'auriez pas un résumé de votre machin ?

- Je vais le regarder... combien de temps ? Ouh là ! 2h17 quand même ! Le soir je ne peux pas je suis bénévole dans une asso, là on boucle le dossier pour organiser un gros concert sur la commune. Vous n'avez pas plus court ?

- Non je n'ai pas encore eu le temps de le voir, désolé mon gars. Mais il faut dire que je n'ai pas trop la tête à ça en ce moment. A la COGIP, il y a un nouveau dégraissage de personnels en vue. Déjà que je m'occupe des dossiers des deux copines qui n'arrivent pas à réintégrer leur poste après leur congés maternités, j'ai pas trop le temps. T'auras qu'à me la raconter ta vidéo... à l'occasion.

- Tu sais on bosse tout les deux toute la journée, le soir c'est le seul moment où on peut se retrouver en couple, donc on préfère se détendre.

- Bien sûr que c'est un sujet qui m'intéresse, je le regarderai dès que possible. A propos tu ne connaîtrais pas quelqu'un qui pourrait m'aider ? Je me suis fait radier de Pôle Emploi, j'y comprend rien dans leur paperasse.
Etc...

lundi 17 décembre 2012

La non-violence c'est pas un truc de hippies

Pour boucler le cycle sur les fantasmes de luttes armées, autant présenter la réponse à laquelle on adhère. Celle d'une lutte populaire non-violente.

L'action non-violente est un signe d'intelligence tactique, il s'agit de refuser d'entrer dans un jeu où l'adversaire est le plus fort et dont il a lui-même fixé les règles. Le militant pacifiste aura de plus l'avantage de la faveur de l'opinion publique.

Il est très énervant pour un provocateur de voir sa cible refuser de le suivre dans l'escalade de la violence. Il vaut mieux refuser le plus tôt possible cette escalade, car on ne sait jamais où celle-ci nous conduira. Ainsi Noam Chomsky, durant les manifestations contre la guerre au Vietnam, déconseillait aux étudiants américains de venir même simplement avec des casques. Sa raison : si les étudiants ont des casques, les policiers utiliseront des fusils; si les étudiants prennent des fusils, ils utiliseront des tanks etc…

Pour donner un exemple de la pertinence et de l'efficacité de l'action non-violente, nous pouvons rappeler un évènement lors des émeutes en banlieues de 2005. Certains jeunes cramaient tous les édifices publiques qui passaient à leur portée : écoles, bibliothèques et piscines municipales... La police était incapable (ou n'avait pas envie) de les arrêter avant leur forfait. Or un soir, un journal télévisé a montré – trop brièvement - des habitants des quartiers, principalement des papys et des mamies, organiser des veilles devant les bâtiments publiques : deux grands-mères, deux grands-pères, une table de camping et un thermos de thé. Dès que des groupes de jeunes s'approchaient, les anciens les invitaient à boire un verre et à discuter. Résultat : dans les endroits où cette initiative a été mise en place, il n'y eut aucune destruction. Là où une compagnie de CRS surarmée ne parvenait pas à maintenir l'ordre, quatre ou cinq civils et quelques verres de thé y arrivaient. Conclusion : à genoux et massive respect dans ta face !

Une lutte non-violente permet d'utiliser au maximum le potentiel d'une population. Elle offre à tous les secteurs de la société de s'engager activement dans la lutte au lieu de l'observer passivement.

C'est un garant démocratique. Il n'y a pas de coupure ni de lutte de pouvoir entre un appareil militaire et un appareil politique. Il n'y a pas d'un côté le beau partisan au torse strié de cicatrices qui risque sa vie pour la Révolution et de l'autre le civil insignifiant. L'un ne décidera pas pour l'autre.

On en voit qui n'ont pas débranché leur webcam et qui ricanent en disant « oh les autres eh ! Les anarcho-droitiers ce sont des gros hippies en fait ». Nous rejetons naturellement d'un revers de main dédaigneux ces assertions non fondées. D'abord, sans faire de jugement à l'emporte-pièce, les hippies ont les cheveux gras, ils ne se rasent pas et portent des vêtements mal ajustés, ce qui est à l'opposé de notre univers.

Ensuite, le combat non-violent est un vrai combat, un combat sérieux, ce n'est pas une guerre light ou discount. L'ennemi est bien réel et il n'y a aucune assurance que celui-ci sera lui-même non-violent. Le combat non-violent n'est pas une alternative facile. Elle exige un entrainement spécial et un degré élevé d'organisation et de discipline.

L'auteur de cet article a pu mettre en pratique cette stratégie dans un petit territoire du Moyen-Orient qui résiste encore et toujours à l'envahisseur impérialiste. Ce héros au regard si doux a également rencontré d'autres militants pacifistes occidentaux qui ne comprenaient pas que des manif ''pacifistes'' finissent en affrontements. Certains de ces militants tentaient parfois de faire la leçon aux habitants du coin. Ils n'avaient pas compris que des jeter des pierres contre un tank n'est pas un acte de violence. C'est le symbole que ce tank ne fait plus peur. Israël a beau avoir une des armées les puissantes de la planète, avec un matériel militaire dernier cri, des gamins palestiniens n'hésitent plus à lui balancer des caillasses. C'est un symbole d'échec pour Israël et un prétexte futile pour réprimer une population exacerbée.

Ainsi, la stratégie de la non-violence est de rendre visible la non-violence de l'opprimé et la violence de l'oppresseur. Gardons néanmoins à l'esprit que ces actions ne sont pas sans danger. Nous sommes de plus conscient qu'il n'existe aucune certitude qu'une campagne non-violente aboutisse à une victoire, pas plus d'ailleurs qu'une lutte armée.




mercredi 5 décembre 2012

Les autocollants politiques

Et autres stickers militants.

On vous a parlé de tracts, poursuivons dans les supports de communication avec les autocollants. Principalement utilisé par les organisations militantes radicales de gauche comme de droite, l'autocollant est l'ancêtre du texto ou du tweet, son rôle : envoyer un message court sur un petit support.

Avant d'évoquer ce message, examinons ses utilités :

L'autocollant identifie les militants en manifestation ou action. C'est le rôle de l'autocollant affichant juste le logo de l'orga que l'on se colle quelque part sur soi. On le reconnaît d'un coup d'œil. Ce type d'autocollant peut être remplacé par un badge, c'est plus ''développement durable''.

L'autocollant rassemble également les sympathisants ou des manifestants autour d'un slogan, d'une revendication ou d'un appel à voter. Il peut être signé du logo d'une orga ou pas, si c'est dans le cadre d'une campagne unitaire ou qui se veut unitaire. Ne pas signer un autocollant permet de ne pas aller à l'encontre des pudeurs des non-encartés.

L'autocollant peut être un appui financier à une action. On publie un joli autocollant en couleur et plastifié annonçant la date de l'évènement et on le vend autour soi avant et pendant l'action (un rassemblement ou une manif nationale en générale).

Enfin l'autocollant sert à ''marquer un territoire''. Des autocollants à l'arrière de panneaux de signalisation, sur des panneaux publicitaires ou des lampadaires signifient qu'il y a des militants de telle organisation dans ce quartier ou dans cette ville. Suivant l'état de fraicheur des couleurs du sticker, on peut estimer si ces militants sont actifs ou non.

La surface des autocollants se limite à quelques centimètres carrés, ce qui est sensé limiter la taille du message. Mais certains ne l'ont pas encore compris. Un autocollant doit se lire et être compris en trois secondes (en comptant large). Inutile d'essayer de mettre un discours ou l'ensemble de vos revendications, personne ne les lira.

En privilégiant des couleurs claires, les informations à mettre sur un autocollant sont :
un slogan d'une phrase et/ou une revendication;
un logo de l'organisation et son sigle;
et si on a un peu d'argent et un graphiste, une illustration : un dessin explicatif et humoristique, une mise en situation (une manif, une action, un bulletin de vote...).

Associer un logo à une campagne est une méthode de communication qui se prête bien au support autocollant (exemple le Bouclier de Vénus pour les campagnes antisexistes). Ce logo est déjà en soi un résumé. Les militants basques sont des experts dans ce domaine, voici quelques exemples :

Le premier logo représente la campagne pour le rapprochement des prisonniers basques au Pays Basque, le second représente la campagne pour leur amnistie et le troisième est le Alde hemendik (qu'ils s'en aillent) réclamant le départ des forces de polices françaises et espagnoles, comme ça vous savez tout.

Enfin ceux qui voudraient se couvrir par rapport à d'éventuels procès-verbaux peuvent rajouter en petits caractères la mention : ''à coller uniquement sur les endroits autorisés, conformément à la loi du 29 décembre 1979''.

Ci-joint quelques exemples ou contre-exemples :

Les infos essentielles peuvent être présentes et l'autocollant n'en est pas moins moche. Exemple avec le NPA Jeunes (renverser le capitalisme c'est pourtant simple, pourquoi n'y avait-on pas pensé ? Ils sont cons les gens, pourquoi ils renversent pas le capitalisme?)


Inversement, le graphisme peut être réussi et le message raté. C'est le cas de cet autocollant du PCF, époque mutation Robert Hue. '' Contre les inégalités il n'y a que l'amour''...autrement dit arrêtez la politique, rentrez chez vous et écrivez des poèmes (imaginez la gueule des vieux stals découvrant leur nouveau matériel de propagande).



Ils se sont améliorés avec celui-ci : un slogan, un appel, une illustration, un logo (le slogan en plus gros n'aurait pas été de trop).



Les autocollants de nos amis redskins de Limoges sont très esthétiques, mais ne portent aucun message politique. Ici la fonction est le marquage de territoire (et de se faire plaisir avec du folklore).



Cette série d'autocollants du NPA, quand à elle, est réussie : message clair, charte graphique qui revient en série, couleur voyante sans être ruineuse en frais d'impression puisqu'il n'y en a que deux.




Comme exemple d'autocollant austère, en voici un du Monde Libertaire. Honnêtement, qui va le lire ?



L'autocollant des Jeunes Communistes est graphiquement intéressant. Il fait partie d'une série comprenant culture, social et économie déclinée dans un tambour de machine à laver, intéressant sauf que... la seule phrase qui se voit de loin sur les autocollants, ou sur les affiches équivalentes, est ''Le FN n'a qu'un programme''. Ce qui peut prêter à confusion, vu la taille ridiculement petite du logo des JC, et qui prêta à confusion. Cela valu à l'auteur de cet article d'être coursé par des antifascistes sur un malentendu. Quinze ans plus tard c'est drôle, à l'époque, nous fûmes quelques-uns à qui la même mésaventure est arrivée, qui eurent envie de faire bouffer ces affiches à son concepteur.



Pour terminer, juste pour la nostalgie d'une organisation désormais défunte.


En conclusion, l'autocollant politique est un petit outil d'appui à la communication d'une orga. Il fait partie du matériel de base de tout militant. Moins pénible et moins long à coller qu'une affiche, il peut être une petite œuvre d'art en soi. A condition que son concepteur ait de l'imagination et quelques notions de communication.

vendredi 30 novembre 2012

Complot anti anarcho-droitiers

Romain : mais ils étaient comment ces hommes en noir ? Tu peux me les décrire ?

Guillaume : ben, ils étaient deux... habillés tout en noir, de taille moyenne, corpulence moyenne...

Romain : tu n'as pas remarqué des détails particuliers ?

Guillaume : tu sais, tout c'est passé si vite... je crois qu'il y en avait un qui avait une montre au poignet.

Romain : soupirant et tu dis qu'ils sont entrés dans le bureau et qu'ils t'ont menacé ?

Guillaume : ravalant un sanglot oui, j'ai eu très peur. Ils ont braqué une arme inconnue sur moi en hurlant !

Romain : et comment tu sais que c'était une arme si elle était inconnue ?

Guillaume : oh ça va Sherlock Holmes ! J'ai fait la guerre...enfin j'ai suffisamment joué à Call of Duty pour savoir ce que c'est qu'une arme !

Romain : ce que j'arrive pas à comprendre c'est pourquoi ils t'ont forcé à publier cette vieille illustration. Une de tes illustrations que j'avais refusée l'année dernière pour le blog.

Guillaume : ah mais j'étais d'accord avec toi au final, trop vulgaire, pas assez classe pour les anarcho-droitiers. Il étouffe quelques ricanements.

Romain : ça n'a aucun sens cette histoire.

Guillaume : mais au contraire, c'est clair comme de l'eau de roche. Nous sommes un blog qui dérange. Depuis qu'on s'est attaqué aux conspirationnistes, on a mis le doigt dans un dangereux engrenage. On cherche à nous faire taire. On cherche à discréditer le plus sérieux des blogs d'humour politique avec de vulgaires prouts...(il se redresse et regarde au loin) mais tous les complots ne feront pas taire la Vérité. Nous avons une mission, celle de rassembler le meilleur des différentes traditions du mouvement ouvrier, tout en dénonçant les sectes et les chapelles par le biais d'un rire sardonique, impertinent et de haute qualité littéraire. Et cette mission nous l'accomplirons quelque soit le prix à payer...

Romain : en tout cas tu as bien intégré les théories du complot. Et puis ça tombe pas si mal que ça pour toi cette ''histoire'', tu me disais que tu n'avais pas trop d'inspiration ces derniers temps.

Guillaume : mais...euh...si...enfin non...bof... c'est que...

Romain : tu bosses sur quoi en ce moment ?

Guillaume : j'ai trouvé un GIF animé d'un singe qui se masturbe, y a moyen d'en faire quelque chose !

Romain : NON !



mercredi 28 novembre 2012

Revue de Presse à partir de deux journaux.


Au début de l'été nous vous présentions, dans un billet fort bien écrit, ce sympathique journal Fakir. Billet qui permit une énième salve de courriers de lecteurs nous trouvant trop ceci, ou pas assez cela, dans notre complaisance à l'égard de ce journal. Tête de mules que nous sommes, nous récidivons et nous vous conseillons les numéros suivants.

Brièvement évoqué en juin, la rubrique ''La Gauche décomplexée'' mérite que l'on s'y précipite. Fakir imagine un monde parallèle où François Hollande et le parti ''socialiste'' seraient de gauche mais alors carrément. Dans le numéro de septembre-novembre (que vous ne trouverez plus en kiosque mais c'est ça d'avoir des articles en retard), on découvre ce que serait la politique du gouvernement vis à vis de la délinquance... patronale.

« Par ailleurs, Manuels Valls insiste sur la nécessité de détecter les comportements capitalistes déviants dès la maternelle. Accumuler les billes ou autres Pokémon, autant de signes d'une tendance inquiétante à l'exploitation des autres. »

Alain Bauer, qui aurait, n'en doutons pas, retourné sa veste dans ce monde rêvé, conclut qu'il faut rétablir la guillotine pour les patrons voyous « c'est le seul langage qu'ils comprennent ».

Alors oui, Garance Lobo, fidèle lecteur (ou pas) du Fight Club anarcho-droitier, nous faisait remarquer, il y a un mois, que Fakir avait fait intervenir dans ses colonnes des gens de l'UPR. Un rapide coup d'œil sur internet nous laisse penser que ce parti politique sentirait un peu le rouge-brun et le conspirationniste, c'est à vérifier. Dont acte (on a jamais compris cette expression mais c'est ce qu'on dit quand on a pris en compte une information, fin de la parenthèse).

Mais trions le grain de l'ivraie et ne nous privons pas de bonnes ressources d'infos. Ce serait comme ne pas lire les rapports sur le monde du travail de Gérard Filoche, sous prétexte que celui-ci avale des couleuvres de la taille d'un boa au PS.

Ceci-dit, nous n'étions pas venu chez le buraliste ce jour-là pour acheter Fakir. Outre nos tickets de Kéno et de Loto Sportif, plus un paquet de Fraises Tagada, nous cherchions le journal La Décroissance.

En effet, un long article sur les survivalistes, baptisé ''Survivre aux survivalistes'', nous intéressait au plus haut point. Peut-être pouvions-nous trouver quelques compléments d'informations à notre propre article, déjà génial mais encore perfectible comme toute chose.

L'article est certes intéressant. Il est signé de Vincent Cheynet le rédacteur en chef du journal. Il nous explique le succès du survivalisme en raison de sa parfaite adéquation avec l'anthropologie capitaliste : ''tous les petits soldats du capitalisme réagiront à l'effondrement à travers l'idéologie qui les traverse''. Autrement dit individualisme, compétition, loi du plus fort... De plus, dans la dernière partie de son article Vincent Cheynet met en garde contre une alternative décroissante trop angélique, ne prenant pas en compte la nature de l'être humain, bon et méchant à la fois. On rejetterai alors dans l'hérésie ceux qui ont l'audace de rappeler au réel. Vincent Cheynet s'interroge alors ''si derrière ces discours ne se cache pas la haine du monde, la décroissance étant utilisé comme un exutoire''.

''Mais oui mon pépère !'' avons-nous envie de lui répondre. Car à la lecture du reste du journal, c'est exactement ce que l'on ressent, une haine du monde, une aigreur latente à travers les colonnes. Peu d'hommes et de femmes trouvent grâce à leur yeux. La chronique de '' l'éco-tartuffe du mois'' cible une personne publique accusée de ne pas bien défendre l'écologie. Au mois de novembre, c'est Clémentine Autain qui est prise pour cible. Mais ce que l'on comprend des critiques émissent par La Décroissance, c'est qu'elle passe plus dans les médias qu'eux et que c'est pas juste. D'autres personnalités ciblées par ce procédé, qui rappelle la ''laisse d'or'' du défunt Plan B, semblent l'avoir été hâtivement et injustement au dire de certains décroissants.

Cette rigueur idéologique se traduit par une rigueur de mise en page. Tout l'espace est maximisé pour le texte. Nous n'avons rien contre des articles de fond, on ne peut pas toujours faire de la synthèse, mais même Le Monde Diplomatique est plus aéré que cela. Dans La Décroissance même les bandes dessinées sont austères, l'œil n'a pas envie de s'y arrêter. Cette façon de faire est en totale contradiction avec ce qui est avancé dans un autre article ''Un peu d'humilité'', où l'auteur, Catherine Thumann, reproche justement à certains partisans de la simplicité volontaire de s'exprimer de façon abstraite et pédante, de faire de ''la branlette de virgule''.

Jugez par vous-même, amis lecteurs, entre les pages centrales de La Décroissance et celles de Fakir, où l'on sent que ces derniers ont réfléchi à leur façon de communiquer.

La Décroissance
Fakir


En conclusion, on continue à se marrer tout en apprenant plein de choses en lisant Fakir, tandis qu'on regrette que La Décroissance soit un journal qui ne s'adresse qu'aux initiés, austère, aigris et en contradiction avec ses propres prêches, nerveux et schizophrène en somme.

C'est pas grave, on ira voir ailleurs.



dimanche 11 novembre 2012

Lisez ''10 jours qui ébranlèrent le monde'' de John Reed,... et après brûlez-le.

John Reed et Louise Bryant
John Silas Reed était un journaliste américain et militant communiste du début du XXème siècle. Il couvre d'abord les grèves de mineurs menées par le syndicat IWW, dont il faudra un jour qu'on vous dise tout le bien qu'on en pense. Puis il suit les armées de Pancho Villa pendant la révolution mexicaine. Fort d'une notoriété de correspondant de guerre, il effectue plusieurs voyages en Europe pour relater la guerre mondiale en cours.

A chaque fois, John Reed ne se contente pas de rapporter des faits, il prend partie. Pour avoir soutenu les syndicalistes emprisonnés il fera quelques jours de prison. Il dénoncera l'intervention américaine au Mexique puis militera avec le camps pacifiste pour s'opposer à l'entrée en guerre de son pays.

Il arrive à Pétrograd avec son épouse, la militante féministe Louise Bryant, en septembre 1917 quelques jours après la tentative de coup d'État réactionnaire du général Kornilov. Ils sont donc aux premières loges pour assister à la Révolution d'Octobre. John Reed rassemble ses notes prises au jour le jour et publie presque aussitôt ce récit qui le rendit mondialement célèbre, 10 jours qui ébranlèrent le monde.

Il meurt malheureusement en 1920 à l'âge de 32 ans du typhus. Il est alors enterré sur la Place Rouge à Moscou avec les révolutionnaires russes. C'est top la classe.

Lénine a adoré son livre, qu'il préfaça. Trotsky aussi, vu qu'il y est présenté comme le héros de la révolution. Curieusement Staline l'a moins apprécié, contrarié sans doute de n'être cité que deux fois, à titre anecdotique. Rancunier, il fit interdire l'ouvrage lorsqu'il arriva au pouvoir.

Les 10 jours sont donc un reportage à chaud des dix premiers jours de pouvoir des bolchéviques. ''Ce livre est de l'histoire sous pression, telle que je l'ai vue'' prévient l'auteur dans sa préface. C'est un très bon document pour découvrir cette période. N'hésitez donc pas à vous engager dans cette lecture, facile à aborder car rythmée au pas des évènements.

On s'aperçoit que les bolchéviques ont quand même eu un gros paquet de chance. Leur prise de contrôle de Pétrograd et leur maintien au pouvoir les ont surpris eux-mêmes. Une anecdote qui n'est pas dans le livre de Reed raconte que les bolchéviques ont fait une nouba d'enfer le jour où ils ont dépassé en longévité la Commune de Paris, tellement cela semblait improbable pour tout le monde.

Deuxième constat, la prise de pouvoir par les gardes rouges, à la lecture de Reed, s'apparente bien à un coup d'État et non pas à une mobilisation des masses. Celles-ci soutiendront les putschistes par la suite, mais les premiers jours sont marqués par la condamnation de l'acte par d'autres formations révolutionnaires que l'on peut difficilement accuser de complaisance avec la bourgeoisie ou l'ancien régime. De nombreuses protestations verbales et écrites de révolutionnaires non-bolcheviques, contre le coup de force unilatéral des bolcheviques sont retranscrites par Reed. Le puissant syndicat des cheminots condamne également l'action et bloque les trains autour de Pétrograd. Les fonctionnaires quittent leurs postes et le conseil municipal concurrence quelques jours le soviet pour la légitimité du pouvoir.

Dernière remarque, la lecture de ce classique du grand reportage permet de nous éclairer sur la mentalité de nombreux militants gauchistes contemporains gavés de lectures sur cette période. On sent l'identification : des militants à la ligne inflexible, seuls contre tous, qui finissent par triompher de tous leurs adversaires politiques, et tellement qu'ils ont raison ils reçoivent le soutien populaire. L'histoire de la Révolution d'Octobre apprendrait donc que ne faire aucune concession et adopter une stratégie à contre-courant des autres mouvements révolutionnaires et/ou démocratiques serait payant si on applique bien la méthode. Petit Gauchiste, Curé Rouge ou Aristocrate de Gauche se moquent donc des critiques, les accusations de sectarisme ne les touchent pas, puisqu'à la fin c'est eux qui vont gagner, c'est écrit dans le livre de John Reed. Ceci expliquerait cet air de condescendance présomptueuse qu'abordent certains : eux ils savent.

C'est ne pas tenir compte, répétons-le, des facteurs aléatoires de tout événement. Octobre 1917 aurait pu finir en charnier à révolutionnaires comme la Commune de Paris ou Dublin lors de Pâques 1916.

La lecture de John Reed apporte donc de bonnes connaissances de cet événement majeur, majeur autant pour tous les militants de gauche que pour l'histoire du monde en général. Mais prenons ce texte pour ce qu'il est, un document qui nous servira d'appui pour comprendre la révolution russe et pour faire taire les révisionnistes de droite (pas nous, les vrais). Après, nous ne sommes pas des bolcheviques et nous ne sommes pas en Russie en 1917. Ne vivons pas dans la nostalgie d'un hypothétique âge d'or des révolutions qui n'a jamais existé, et n'ayons pas honte de suivre nos propres expériences militantes.

Quand au livre, une fois lu, rapportez le à la médiathèque ou rangez le dans votre bibliothèque mais ne le brûlez pas, on disait ça pour coller à notre image de branleurs irrespectueux et provocateurs. 

Trotsky punissant les militants sceptiques - ill.de www.lecridupeuple.org


mercredi 7 novembre 2012

Rions avec les conspirationnistes

« Le grand complot, ce qu'Ils ne veulent pas que vous sachiez...

Dans le but de comprendre le trotskisme vous devez réaliser que tout est contrôlé par le NPA mais a été monté par la P4 avec l'aide de les supporters du Tour de France. La conspiration débuta tout d'abord pendant le débarquement dans Tel Aviv. Ils ont été responsables de beaucoup d'évènements à travers l'histoire, y compris la chute du mur de Berlin. De nos jours, les membres de la conspiration sont partout. Ils peuvent être identifiés par un conseil national. Ils veulent voler le goûter de Myriam Martin et emprisonner les résistants du Nord Aveyron en utilisant un bus jaune. Dans le but de s'y préparer, nous devons tous dissoudre le PCF. Étant donné que les média sont tous contrôlés par les anarcho-droitiers nous devrons dorénavant obtenir nos propres informations par Alain Krivine. »

Grâce à un site rigolo, chacun d'entre nous peut se fabriquer sa propre théorie du complot, faites nous partagez les vôtres.

Autre site très bien fait qui déconstruit les délires des neuneus conspirationnistes, Parano Magazine dispose dans son équipe de vrais infographistes, pas comme chez nous. Quelques montages vidéos (mais l'audio est d'origine) nous explique la pensée d'Alain Soral, et son discours devient hilarant.



Si vous n'avez pas d'idée de cadeau pour Noël pour votre petit cousin, pourquoi ne pas lui offrir Illuminati ? Vous serez dans la peau de complotistes luttant pour contrôler le monde.

Enfin pour faire un lien entre deux de nos articles passés, neuneu conspirationnistes et survivalistes, Daniel Mermet nous a fait il y a quelques jours un reportage sur les survivalistes américains. Reportage facile car le sujet est pittoresque au possible, on n'apprend pas grand chose sur ces courants mais on passe un bon moment à écouter des fous armés jusqu'aux dents nous expliquer que la chute de l'Union Soviétique est une manipulation visant à récupérer les technologies de l'Ouest. Partout en Russie des usines souterraines seraient en train de fabriquer des armes puissantes pour qu'ensuite les communistes russes aidés des chinois envahissent les État-Unis. Évidement.





lundi 5 novembre 2012

Devenez un marxiste confirmé en une après-midi seulement !

Parfaitement mesdames et messieurs. Point besoin ici de longues années d'études ni de doctorat d'allemand pour pouvoir se prétendre marxiste. D'abord on a pas que ça à faire de lire des gros livres et puis on préfère garder du temps pour des fictions plus agréables.

Nous allons donc vous conseiller trois textes courts et lisibles.

Précisons cependant qu'il ne s'agit pas d'ingurgiter les quelques dizaines de pages que nous allons vous conseiller pour ensuite aller faire son petit professeur rouge et tenter de briller dans les salons ou les réunions. Au contraire, ce minimum de bagage théorique doit pouvoir vous servir à faire fermer sa gueule aux prétentieux qui n'ont trouvé que la rhétorique marxiste mal digérée pour se sentir exister. La culture c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale. A ces pénibles on pourra leur répondre que nous aussi ''on connait la conception matérialiste de l'histoire, alors arrête ton char, l'éloignement de la réalité produit une ignorance du monde et une surévaluation des idées. Dis-nous plutôt à quelle-heure tu es dispo pour distribuer des tracts sur le marché.'' (n'en dites pas plus, il ne faut pas non plus tendre une perche polémique au curé rouge).

Outre ce petit plaisir, maîtriser une réflexion marxiste permet de se sentir plus à l'aise face aux évènements politiques, économiques et sociaux. Elle n'apporte pas une réponse mais les moyens d'obtenir une réponse. Le marxisme n'est pas une médaille que l'on aborde à sa poitrine. C'est un outil que l'on range dans son sac, à portée d'utilisation. Il nous permettra de lire le monde. Le marxiste adopte la posture de Sherlock Holmes : '' trouvez le mobile du crime [économique ou social] et vous trouverez son auteur''.

A qui profite la crise ? A qui profite la montée de l'islamophobie ? A qui profite l'élection de tel ou tel pantin ? Vous serez bientôt capable d'y répondre vous-même et de l'expliquer aux autres, si ce n'est pas déjà le cas.

Réservez-vous un après-midi au calme. Calez-vous dans l'endroit le plus propice selon vous pour lire (bureau, canapé, lit, WC, planche à clous...). Préparez-vous un thermos de thé, café ou tisane, prenez quelques feuilles pour prendre des notes et lancez vous dans la lecture des textes suivants :

Le manifeste du parti communiste de Karl Marx et Friedrich Engels.

Autant commencer par le commencement. Le manifeste est une œuvre de commande, rappelons-le, demandée à Marx par la Ligue des communistes. Il s'agissait de populariser les idées communistes et de se différencier des différentes chapelles socialistes, pas question donc d'en faire des tonnes. Le texte a donc dû être simple et synthétique. Quatre chapitres, pas un de plus. Il existe une multitude d'éditions, certaines avec de nombreuses préfaces ou avec de multiples postfaces et compléments d'auteurs. Ne vous embêtez pas avec tout ça, choisissez une édition épurée comme Librio ou Les milles et une nuit.

Le texte commence par souligner l'importance de la lutte des classes, puis décrit l'émergence d'un marché mondial avec ses progrès et ses nouvelles exploitations. Marx et Engels vont ensuite réfuter les attaques de la bourgeoisie à l'encontre du communisme concernant la liberté, la famille, la propriété. Enfin les auteurs vont critiquer les différents courants socialistes de l'époque et évoquer les buts essentiels des communistes .

Certaines phrases ont eu leurs petits succès dans le temps du genre :''Prolétaires de tous les pays unissez-vous'' ou ''les travailleurs n'ont pas de patrie'' ou ''l'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes''.

Faites une petite pause avec une boisson chaude, puis prenez l'ouvrage suivant :

Les Trois Sources du Marxisme de Karl Kautsky.

Vingt pages en format A4, avouez-que ce n'est pas la mer à boire ! Vous pouvez télécharger ce texte ainsi que les autres gratuitement sur le site marxists.org, site de moines copistes modernes qui recueillent (ou scannent) les textes des grands anciens et les font partager aux internautes. Nous les en remercions sans ironie aucune.

Karl Kautsky est le grand théoricien de la social-démocratie allemande de la fin du XIXème siècle. Secrétaire d'Engels puis un de ses exécuteurs testamentaires, il poursuit le boulot des deux barbus. Comme beaucoup de vieux, il vieillira et votera les crédits de guerre de l'Allemagne en 1914.

Les Trois Sources du Marxisme vous feront comprendre les différents apports qui ont permis la constructions de cette philosophie. Le marxisme est d'abord la synthèse entre les sciences naturelles et les sciences psychologiques. Tonton Kautsky nous rappelle ce que sont les unes et les autres et nous explique pourquoi. C'est peut-être là que vous aurez besoin de vos feuilles de notes, un petit schéma vous aidera à y voir plus clair.

Le marxisme est ensuite une synthèse des philosophies allemandes, françaises et anglaises. Là encore pas de panique, cette partie est accessible et puis ce n'est pas la peine de s'y attarder des heures. Enfin le marxisme est une union entre le mouvement ouvrier et le socialisme. Kautsky précise le rôle des différentes classes sociales sans pour autant, et c'est ce point qui est génial, cliver les individus à leur classe. Kautsky rappelle l'importance de la lutte des classes et l'inscription du marxisme dans ce combat en tant que théorie en mouvement. Comme Marx et Engels dans Le Manifeste, Kautsky termine son texte en évoquant les objectifs primordiaux des communistes (primordiaux, pas de savoir si le Front de Gauche arrivera uni aux municipales de 2014, par exemple).

Faites une nouvelle pause, dégourdissez-vous les jambes puis prenez le dernier texte de la séance :

La conception matérialiste de l'histoire de Gheorgi Plekhanov.

Monsieur Plekhanov est le théoricien qui introduisit le marxisme en Russie et qui eut pour disciple Lénine. Ça vous pose un peu le bonhomme. Il soutint la révolution de 1905 mais pris ses distances avec celle d'octobre 1917, condamnant le recours à un coup d'État par les bolchéviques.

Là encore nous avons un texte court (quatorze pages en A4) et facile à lire. C'est un document incontournable pour comprendre que le marxisme n'est pas qu'une analyse économique mais une façon de saisir l'histoire.

Il y a d'abord eu, nous explique Plekhanov, une conception théologique de l'histoire. En gros, pour schématiser à la truelle (nous on a le droit on est pas des théoriciens marxistes) les hommes pensaient que les évènements historiques étaient le produit des dieux. Puis vint la conception idéaliste de l'histoire dans laquelle les évènements historiques sont le produits de quelques héros et des grands courants de pensée. Cette conception est encore bien souvent en vigueur de nos jours, mais elle cohabite désormais avec la conception matérialiste (ou marxiste) de l'histoire. Celle-ci considère que l'histoire est le produit des rapports sociaux, et que les idéaux ne se créent que pour expliquer ces rapports sociaux. Le marxisme n'invente pas la lutte des classes, avec d'autres courants philosophiques il la conceptualise. Des hommes apparaissent ensuite dans chaque camps pour défendre leurs intérêts (là encore nous schématisons à coup de bêche).
Comprendre ceci c'est comprendre le marxisme (à notre humble avis)

A la fin de ces lectures vous pouvez reprendre une activité normale. Au lieu de faire comme certains qui écrasent les autres de leurs connaissances, partagez les vôtres. Vous serez plus utiles.

PS : Vous pouvez aussi vous détendre le soir suivant en lisant Le Capital en version manga.




lundi 29 octobre 2012

Êtes-vous prêt pour la lutte armée révolutionnaire ?

Quiz Glauque
 
Certains de nos lecteurs ont semblé n’être pas entièrement convaincus par l’article traitant de la lutte armée et des tristes fantasmes qu’elle provoque chez certains ados attardés. Toujours désireux de contribuer tant à l’édification qu’au divertissement de notre lectorat, nous vous proposons un petit quizz tout mignon. Il vous suffit de vous munir d’un stylo et d’une feuille de papier, de répondre par « oui » ou par « non » à chaque proposition, avant de vous reporter à la fin du texte pour découvrir votre résultat.


Vous êtes prêts ? Allons-y :

  1. Vous avez un moral solide
  2. Vous avez une bonne condition physique, vous êtes endurant.
  3. Vous renoncez au luxe et au superficiel : plus d'alcool, plus de joints, plus de tabac régulièrement
  4. Vous renoncez à votre vie sentimentale et sexuelle, pas le temps.
  5. Vous acceptez de dormir à des endroits différents chaque nuit.
  6. Vous devez résister à la torture.
  7. Dans le viseur de votre fusil à lunette vous reconnaissez le fils d'amis de famille... vous devez tirer.
  8. Dans la pénombre des silhouettes s'avancent sur le pont que vous gardez. On dirait des civils, pourtant les ordres sont formels, personne se passe sans crier le mot de passe. Vous devez ouvrir le feu.
  9. Vous avez capturé un agent ennemi, il connait le plan du champ de mines que votre troupe doit traverser. Il refuse de parler. Vous devez le torturer (commencez par lui arracher les ongles)
  10. Vous avez l'opportunité de prendre une ville mal défendue. Seulement l'ennemi a juré de faire des représailles sur des quartiers de la ville où habitent vos parents. Il faut prendre cette ville.
  11. Contrairement aux ordres, un de vos camarades a quitté le maquis sans autorisation. A son retour, il avoue avoir craqué et être aller voir sa mère. Et si c'était une taupe ? Les consignes sont claires il faut l'éliminer.
  12. Dans les rangs de votre unité on vous signale deux rigolos qui font un blog d'humour qui discrédite votre combat. La révolution n'est pas un concours de bonnes vannes. Une balle perdue pour chacun d'eux lors du prochain accrochage réglerait la question ?
  13. Une partie des hommes de votre unité se livrent à des pillages et des viols. Ils sont trop nombreux pour les démettre et puis ce sont de bons combattants. Vous fermez les yeux.
  14. Vous remarquez de nombreux civils sans activités. Après tout c'est pour leur liberté que vous luttez, vous êtes le bon camp, ils pourraient aider. Vous les enrôlez de force.
  15. Vous avez été capturé par l'ennemi. Ils vont vous torturer. Soudain une enveloppe tombe du soupirail de la cave où vous êtes enfermé. A l'intérieur se trouve une lame de rasoir. Vous devez vous l'enfoncer sur la carotide, c'est le seul moyen que vos camarades ont trouvé pour que vous ne parliez pas.

Résultats :

Si vous avez répondu « oui » à une ou plusieurs proposition à partir du numéro 7, vous êtes un (ou une) malade mental(e), avec des pulsions de violence très malsaines et probablement dangereuses pour votre entourage immédiat. Nous vous conseillons vivement de consulter un professionnel, assez rapidement.
N.B : Si vous avez répondu oui à la question 12, croyant naïvement qu'il s'agissait des anarcho-droitiers, vous avez fait erreur. Quelqu'un vous a manipulé pour des raisons obscures et peu glorieuses, et vous avez assassiné deux innocents. C’est malin.

lundi 22 octobre 2012

Comment dire... ?

Nous avons ricané sur la naïveté de certains militants régionalistes qui cherchent à identifier leur occupation du week-end à des vrais combats d'émancipation nationale. Ce n'est rien à côté de ce que nous venons de trouver :

http://www.fromdusktildawn.org.uk/

Comment expliquer ? Comment réagir le jour où nous rencontrons des personnes qui expriment des... trucs pareils ?




Associer le ''droit'' des animaux aux combats pour la dignité humaine ne sauve pas les zanimaux mais rabaisse les luttes pour les droits de l'homme au rang anecdotique de la cause animale. Ce qui explique l'engagement de groupes faisant peu de cas de la condition humaine comme les sectes ou des groupes d'extrêmes-droites dans ces ''combats''.

Nous signalons donc une excellente série de bande dessinée Amerikkka * qui sous le prétexte narratif d'enquêtes policières, illustre les différentes mouvances d'extrême-droite aux États-Unis. Dans le cinquième volume, Les commandos de Philadelphie, on suit l'enquête de l'Anti Klan Network parmi des commandos de libération animale, où l'on comprend qu'associer de l'élevage en batterie à Auschwitz est une première étape sur la route du négationnisme.

Trop bêtes, trop naïfs ou trop fourbes, ces gens là sont dangereux.

Mais qu'on ne nous prenne pas pour des brutes sans cœur, insensibles à la souffrance animale. Il n'est pas inutile de se mobiliser pour des traitements moins cruels auprès des animaux. Pas tant pour ces petites bêtes là, mais surtout pour l'image que nous nous renvoyons à nous même. Et puis un animal moins stressé donne une viande beaucoup plus tendre.

Qu'un putain de vegan vienne nous démontrer qu'il y a quelque chose de meilleur qu'un Lapin chasseur :

Pour 6 personnes : 1 lapin d'1,5kg découpé en morceaux – 2 échalotes – 2 oignons -100g de lardons – 150g de cèpes – 150g de girolles – 40cl de vin blanc sec – 20g de beurre – 20g de farine – 1 bouquet garni – persil – sel – poivre.

Dans une cocotte, faites revenir les lardons à sec. Otez les lardons et faites dorer les morceaux de lapin. Ajoutez les oignons et les échalotes finement hachés pendant 1 mn. Incorporez à nouveau les lardons, le vin, 20 cl d'eau, le bouquet garni, le sel et le poivre. Portez à ébullition, couvrez et laissez mijoter 30 mn à feu doux.

Coupez les champignons en lamelles. Mettez-les dans la cocotte et prolongez la cuisson 15 mn.
Retirez le lapin puis incorporez peu à peu le beurre et la farine mélangés. Portez de nouveau à ébullition en remuant. Nappez le lapin de sa sauce, décorez avec un peu de persil parce qu'on est pas des gougnafiers et servez-le.

Accompagnez si vous le souhaitez de pommes de terre sautées ou de tagliatelles. Dégustez en pensant à nous.



* MARTIN Roger, OTERO Nicolas, Amerikka, édition Emmanuel Proust
site http://www.epeditions.fr/collection/1

jeudi 18 octobre 2012

Lexique IV

Ça faisait longtemps qu'on avait pas fait de lexique. A la création du Fight Club nous voulions faire un objet ''tout public'', même si désormais on reconnaît beaucoup de militants ou de personnes baignant dans le milieu politique de gauche parmi nos lecteurs. Nous poursuivons néanmoins notre travail de vulgarisation politique avec ces nouvelles définitions issues du billet précédent. Et puis ça aussi c'est rigolo à faire. Les autres lexiques sont consultables ici, et là.

Décroissant : n.c partisan de la décroissance. Doctrine prônant l'abandon de la croissance économique comme indicateur de progrès. Bonne idée de départ, à laquelle les anticapitalistes ne sont pas complètement hostiles, mais ce mouvement est parasité par des ''curés verts'' sérieusement gratinés. Ceux du genre qui toussent avant qu'on ait allumé sa cloque, ou ceux qui vous regardent comme si vous étiez un waffen SS parce que vous avez une voiture. Le courant anarcho-droitier cherche des spécimens pour une étude plus approfondie. Contacter la rédaction.

FSE : sigle pour Fédération Syndicale Étudiante. Syndicat étudiant fondé en 2003, classé à l'extrême-gauche. Illustration de la fable de La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. A lire sa fiche Wikipédia on a l'impression que la FSE couvre une vingtaine d'universités françaises. La réalité est moins avantageuse. Présent sur une dizaine de campus, ce sont de petits groupes militants qui compensent leurs faibles effectifs par un activisme important. La FSE va se réunir incessamment sous peu avec SUD Étudiant depuis 2006. Cette année là, la FSE était prête à intégrer SUD Étudiant à condition que celui-ci quitte Solidaire (#mégalol#). Après une brève réflexion de 6 ans, finalement tout bien réfléchi, les noces ont eu lieu il y a un mois. Nous nous autorisons à critiquer ce syndicat - par ailleurs pertinent sur beaucoup d'analyses – car nous en avons été membre et même membre fondateur.

Indépendantistes occitans : ce n'est pas un fantasme issu de notre imagination malade, ils existent réellement. Restant modestes dans leurs revendications, ils ne réclament que la moitié sud de la France. Un ou deux billets du Fight Club mériteraient de leur être consacrés. Pour certains, toutes personnes ne parlant pas occitan est ''un colon français qui devrait retourner dans son pays'' (au nord de la Loire, ndlr). Pour eux Bagnères de Bigorre/Gaza =même combat. La caricature politique a-t-elle encore lieu d'exister quand on a connu les indépendantistes occitans ? La question mérite d'être débattue. Néanmoins nous les félicitons pour leurs chartesgraphiques dont beaucoup de militants devraient s'inspirer.

MJS : sigle pour Mouvement des Jeunes Socialistes. Organisation de jeunesse du Parti ''Socialiste'', rassemble des apprentis bureaucrates et des naïfs se voulant de gauche. A pour fonction principale de s'aligner au premier rang dans les meetings des candidats PS en agitant des petits drapeaux. Pleurent à grosses larmes quand les candidats de droites remportent une élection, s'étourdissent la tête au Champomy quand c'est le candidat de gauche qui gagne.

Stal : troncature pour ''stalinien'', partisan de méthodes autoritaires au sein du mouvement ouvrier. Sont désormais des grand-pères Simpson revisitant l'histoire de l'URSS, ou des JC en recherche de virilité tellement ils ont pas de muscles.

Soc-dem. : double troncature pour ''social-démocrate''. Injure très puissante dans les milieux d'extrême-gauche. Si vous êtes en face d'un gauchiste de 130 kilos, insultez plutôt la vertu de sa maman, ça passera mieux. syn. : traître, droitier, mou du genou.

dimanche 14 octobre 2012

Réponse à OP et à tous ceux et celles dans le même cas

Cher camarade,

Ton sympathique courrier reflète quelques angoisses, angoisses bien compréhensibles en ces temps incertains de crises économiques et politiques . Nous allons donc dédramatiser quelque peu certains de tes propos et constats.

D'abord, il n'y a rien d'extraordinaire à ce que la ravissante Myriam Martin te rappelle Anne-Sophie, Myriam Martin nous rappelle à tous notre première amour de jeunesse. Il en est ainsi des muses qui suggèrent grâce à leur pouvoir surhumain à la fois cette fraicheur des premiers élans et ce bien être rassurant d'une protection maternelle. Passons.

Ensuite même dans les moments les plus sombres, tout espoir n'est jamais perdu. Regarde les ex JCR. N'ont-ils pas encore un peu de sens de l'humour : vouloir restructurer l'UNEF ? Ne nous dit pas, cher OP, que tu n'as pas saisi le piquant de cette grosse blague. Restructurer un panier de crabe, dont nous avons déjà parlé ici, est-ce bien sérieux? Et pourquoi pas bolchéviser les MJS* tant qu'on y est ? Allons, allons...

Enfin, dis-toi que tu aurais pu tomber bien plus bas. Des moments de doute, d'égarements et de stand-by sexuels en ont transformé certains en neuneus conspirationnistes. Et puis comme tu sembles, comme nous, attacher de l'importance à l'apparence vestimentaire, imagine que tu sois devenu un décroissant*, et être obligé de t'habiller avec des fringues uniquement fabriquées dans les Vosges ou en Picardie. Ou encore devenir indépendantiste occitan* et te promener avec un béret basque sur la tête, parfaitement mesdames et messieurs : UN BERET BASQUE ! La synthèse de la loose politique et vestimentaire.

Oublions vite ces visions d'horreurs et revenons à nos curés rouges. Tu nous as fait part de quelques éléments de ta biographie, en voilà quelques-uns des nôtres. Avant la création du fantastique courant anarcho-droitier, lors des congrès locaux du NPA de 2011, l'un de nous passe de la majo P1 à la P3. A peine deux heures après les votes, des copains d'autres villes lui téléphonent pour le tancer – sur le ton de l'humour et dans une franche camaraderie – de ''droitier''. Que ce soit dit en plaisantant ou sérieusement, le terme droitier en politique renvoie au champ lexical du ''moins pure/ moins authentique/ moins radical...'' et on entend le mot ''droite'', ce qui est vexant pour des gens de gauche. Nous sommes persuadés que cette manipulation sémantique en a dissuadé quelques uns de soutenir les mentions dites ''droitières''. Ce sont ni plus ni moins que des tentatives de culpabilisations qui ne devraient pas avoir leur place dans un débat politique serein et honnête.

Droitiers ? Et bien soit, et vous n'avez encore rien vu. Récupérer l'invective de son adversaire pour en faire un étendard et ainsi désamorcer l'attaque s'appelle faire de l'antiparastase.

Or qui sont les ringards ? Ceux qui prennent des risques en militant avec des soc-dem* et des vieux stal* ou ceux qui se cachent derrière leur orthodoxie pour dissimuler leur frousse et leur manque d'imagination ? Les curés rouges ont raisons. Leurs démonstrations sur la nature de telle ou telle organisation ''droitières'' sont souvent exactes. Mais leur ligne politique n'est viable qu'en laboratoire, sous des bulles aseptisées. Dehors il y a la vraie vie avec ses compromis et son infinité de corps étrangers qui perturbent les raisonnements théoriques. Les théories du curé rouge survivent rarement à l'air libre car justement trop pures. Nous, nous voulons avancer.

Nous, nous sommes l'extrême-gauche sale et corrompue. Nous ignorons si nous arriverons à quelque chose mais nous expérimentons. Et c'est ce manque d'expérimentation qui nous a fait fuir le NPA. C'est la publicité mensongère autour du ''N'' plus que de savoir si Mélenchon est gentil ou méchant.

Voici une autre anecdote. Puisque le syndicalisme étudiant a été évoqué, nous nous rappelons que nous avons été syndicalistes dans une petite université de province. Nous étions à la FSE* c'est à dire chez les curés rouges du syndicalisme étudiant. Et c'était une guerre sans fin contre les apprentis bureaucrates de l'UNEF. Tout les coups étaient permis et ont été utilisés (sauf l'assassinat mais c'est parce qu'on visait mal). Cette ''guerre'' concernait une trentaine d'étudiants sur un campus de dix milles : Clochemerle en somme. Aucun ne prenait le dessus sur l'autre. Et puis un jour, nous avons eu l'idée de leur proposer des intersyndicales. Et c'est en faisant un travail unitaire, tout ce qu'il y a de plus honnête, que nous avons démoli cette section syndicale moisie : en les confrontant à leurs contradictions, en les poussant à nous suivre fraternellement dans une contestation radicale des réformes universitaires de l'époque. Ils n'ont pas tenu le coup. Tant que nous jouions aux bolchéviques incorruptibles, ils se drapaient dans leurs ''responsabilités'', quand nous leur avons tendu la main, ils n'avaient plus rien pour se dissimuler.

Nous pouvons l'avouer, nous n'avons aucune sympathie pour le PCF. S'il existe des militants et des militantes extraordinaires et même des élus dévoués et honnêtes, cet appareil politique est un boulet pour la gauche sociale et rassemble encore beaucoup trop de vieux staliniens cramés et de gâteux qui sont communistes par tradition et non par conviction. Ne le répète par trop fort mais nous souhaitons la mort du PCF. Une mort médicalement assistée avec une transition vers quelque chose, mais la mort. Confrontons le à ses contradictions mais ne lui laissons pas l'opportunité de nous traiter de sectaires. C'est fraternellement que nous le pousserons dans ses retranchements.

Réussira/réussira pas, nous expérimentons. Nous avançons à tâtons mais nous avançons.Et puis c'est aussi rigolo de taquiner du soc-dem et du stal.

Enfin, sans développer, que nos camarades retiennent une chose : on ne peut prêcher l'émancipation sans l'appliquer pour soi-même. Militer en se flagellant, ce n'est pas notre genre.

Voilà ce que l'on pouvait te répondre. Pour prix de notre consultation, nous te piquons le terme d'archéo-trotskyste.



* voir lexique du 18 octobre